Louis Garneray, le marin, l’artiste et l’écrivain

Publié par micmac le

Le blog de Gallica a publié ces derniers jours un article sur Louis Garneray, le tour de France maritime d’un artiste corsaire, mettant à l’honneur ce personnage assez étonnant qui a vécu plusieurs vies, tour à tour marin, corsaire puis artiste peintre, dessinateur, graveur et également écrivain.

J’ai déjà eu l’occasion de rencontrer l’artiste Louis Garneray (1783 – 1857) au musée des Beaux-Arts de Brest où j’ai pu mirer deux de ses tableaux inspirés, bien sûr, par la mer.

Musée beaux-arts de Brest – Louis-Ambroise Garneray – Le naufragé
Musée beaux-arts de Brest – Louis-Ambroise Garneray – La troisième bataille d’Ouessant, mai-juin 1794 – 1838

Avant d’être un artiste reconnu, il a été marin et corsaire entre 1793 et 1814, à cette époque troublée où l’Europe entière, Angleterre en tête, voulait la peau de la France qui avait eu l’audace de couper la tête de son roi. Cependant, après dix années d’aventures et de combats, il fut, pendant huit ans, prisonnier des Anglais dans les infâmes pontons de Plymouth.

La lecture de ses souvenirs qu’il a lui-même écrits et illustrés est un vrai régal. À noter qu’il a servi sous les ordres de Robert Surcouf, quand celui-ci donnait de sérieuses migraines à la marine britannique.

Son talent de dessinateur et peintre, qu’il hérita sans doute de son père Jean-François Garneray, peintre de genre et de portraits, lui a servi pendant sa captivité puisqu’il améliora son ordinaire en portraiturant ses geôliers et en faisant affaire avec un marchand de tableaux anglais.

La fin de l’Empire ramena la paix et les prisonniers chez eux. Louis entama dès lors une carrière artistique, n’ayant pu rempiler dans la marine marchande. Tant mieux pour nous car il a laissé des œuvres intéressantes. En 1823, il réalisa avec l’académicien Étienne de Jouy un inventaire des ports du littoral français, dont il assura l’illustration.

Les dessins et gravures sont de grande qualité. Publiés sous forme de folios mensuels, certaines versions sont accompagnées d’aquatintes, procédé de gravure permettant l’impression en plusieurs tonalités de couleur.

L’image en exergue de l’article est une aquatinte représentant Bayonne.

On trouve dans les illustrations comme dans le texte un art de la mise en scène et de la description du pittoresque qui va bien au-delà d’un simple inventaire objectif. Ces voiliers qui bravent la tempête au moment d’entrer au port sont un peu irréels mais sont si beaux !

Ses mémoires sont souvent suspectés d’être fantaisistes ou de travestir plus ou moins la réalité pour l’embellir. Sans doute est-ce un peu vrai mais quel autobiographe ne pratique pas ainsi ? Il n’en demeure pas moins que ses écrits sont un formidable témoignage sur la difficile vie des marins à cette époque, en faisant en même temps de l’auteur un précurseur des romans d’aventures maritimes.

Il paraît que sur ses vieux jours, Louis Garneray passait des soirées en compagnie de Robert Surcouf et d’Étienne de Jouy pour partager leurs souvenirs. J’aurais bien aimé être une petite souris …

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