Bordalo II de Lisbonne à Paris

Nous avons découvert le street artiste Bordalo II à Lisbonne, par hasard en revenant d’une matinée de visites historiques dans le quartier de Belem. Un immense castor constitué de déchets divers s’étalait sur un pignon en face du centre culturel.

Le message de Bordalo est de dénoncer les atteintes portées par l’homme à l’environnement et aux animaux. Son matériau de base : les déchets produits en masse par nos sociétés. Ses réalisations : de grandes sculptures murales représentant le plus souvent des animaux menacés par ces déchets et pour la plupart en voie de disparition.

Le monde étant petit, quelques mois plus tard, Bordalo II est venu installer un autre castor sur un mur de la rue du Chevaleret dans le 13ème arrondissement. 

Ne cherchez plus, le mur (avec le castor) a été détruit pour laisser la place à une opération immobilière.

Et puis voila l’artiste consacré par une exposition en solo organisée par la galerie Mathgoth, « hors les murs » dans un espace temporaire situé avenue de France, encore dans le 13ème arrondissement qui est vraiment le centre du monde du street art. 

Quelques jours avant le début de l’exposition, il a réalisé deux sculptures sur des murs voisins de la galerie. 

Dommage que le couvercle de la poubelle qui sert d’œil droit à la souris de Madagascar vienne de Lisbonne ! On en a de belles (poubelles) à Paris, et pour le bilan carbone, c’est pas top.

« Il redonne vie aux animaux avec ce qui les détruit, le plastique! »

L’exposition s’intitule « Accord de Paris », parce que Bordalo pense que l’accord universel sur le climat issu de la COP21 porte en lui un message d’espoir. Il est bien le seul !

Le parcours est organisé en plusieurs étapes, qui sont présentées aux visiteurs avec un amphigouri souvent hermétique. Un exemple :

Cette partie de l’exposition constitue le résultat direct de l’expérimentation constante et naturelle de BORDALO Il. Imposée par son modus operandi, elle se caractérise par une remise en question essentielle et persistante de sa propre méthode, de ses concepts et du manifeste intrinsèque a sa démarche. 

Ses Half Half Animals émergent de la curiosité de l’artiste pour les couleurs pures et les différentes formes obtenues, réalisables grâce à la particularité des matériaux bruts utilisés. 

Des oeuvres achevées se dégagent des contrastes entre les couleurs, des variétés de textures et d’expressions, une correspondance inégale entre ombre et lumière. De la même manière, elles permettent une lecture globale, une unité permanente mais cachée, cherchant à provoquer chez l’observateur un questionnement sur le visible et l’invisible au sein des (de nos) routines consuméristes. 

Incompréhensible ! Tout cela au sujet des « half half animals » : ce sont des tableaux sur lesquels l’animal est partagé en deux moitiés. La première est réalisée avec le style habituel de l’artiste, la peinture finale faisant presque disparaître le matériau de départ, les déchets. La seconde est plus « brute », rendant visible le plastique et rappelant de manière plus directe son rôle dans la destruction de la nature. 

Cette section des « moitié-moitié » est un pivot dans le parcours qui commence par une série de tableaux assez inhabituels, représentant différents contextes d’un « monde devenu fou », où les animaux sont mis en scène à la place des humains. Ensuite viennent les tableaux « classiques », puis la section « moitié moitié » et le parcours se termine par des sculptures entièrement en plastique brut. 

Quelques images.

C’est une exposition intéressante pour découvrir le travail de Bordalo, mais en s’exposant en galerie, je trouve qu’il perd un peu de sa spontanéité. Il ne faudrait pas qu’il disparaisse de la rue.

Pour en voir plus, il faut aller sur ma galerie ci-dessous :

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