Graver pour le Roi avec la Chalcographie du Louvre

Après la Gravure en clair-obscur, nous voici à nouveau plongés dans les estampes avec l’exposition Graver pour le Roi qui nous emmène au cœur de la Chalcographie du Louvre.

La chalcographie désigne à l’origine l’art de la gravure sur un support de cuivre puis, avec des majuscules, ce terme s’est étendu au lieu où sont conservées les planches gravées avec la technique de gravure sur tout type de métal.

Celle du Louvre, qui a peu d’équivalents dans le monde, abrite plusieurs collections datant du règne de Louis XIV et du 18ème siècle.

Exposition Graver pour le Roi - Hercule se jetant dans un bûcher allumé sur le Mont Œta

Cette exposition permet d’admirer une soixantaine de matrices et son intérêt est de mettre en regard les dessins ou peintures qui ont servi de modèles pour la gravure et les estampes finalement imprimées. On parcourt ainsi les étapes menant de l’œuvre du peintre ou du dessinateur jusqu’à l’impression de l’estampe finale en pénétrant au cœur de l’art du graveur.

Un exemple entre autres avec la lapidation de saint Étienne peint par Annibal Carrache et gravé par Guillaume Chasteau

Ci-dessous un détail d’une matrice et l’estampe correspondante (mais j’ai oublié le titre et les auteurs).

Bon ! photographier des dessins ou des tableaux lors des expositions n’est déjà pas évident, mais réussir une photo correcte d’une matrice métallique gravée avec tous ces reflets tient de la gageure.

Admirons encore quelques travaux exposés.

La dernière image de la galerie est la photo d’une matrice un peu usée : on voit apparaître par endroits le support en cuivre qui était « aciérisé », c’est-à-dire recouvert, par électrolyse, d’une fine couche d’acier destinée à le protéger d’une usure trop rapide. Sur cette planche, un peu d’acier a disparu … 

Ceci dit, l’électrolyse n’a été découverte que vers 1800, je n’ai pas très bien compris si cette « aciérisation » était une pratique à l’origine ou si on l’a utilisée plus tard pour protéger les planches gravées. Je me renseigne et je vous tiens au courant.

Une salle de médiation dédiée aux techniques du dessin, du pastel, de la miniature et de l’estampe est, en principe, ouverte en permanence pour permettre aux visiteurs de découvrir les techniques et les gestes des arts graphiques. Mais là, elle était fermée !

Malgré cela, n’hésitez pas à aller visiter cette exposition qui met en avant le travail et le grand talent des graveurs. 

 

Pour en savoir plus :

  • voir le site des Ateliers des musées nationaux qui impriment, diffusent et commercialisent les estampes de la Chalcographie du Louvre (et ils font bien d’autres choses). 
  • L’image en exergue  est une estampe de l’atelier de Nicolas Poussin, représentant Eurytus apprenant à Hercule le tir à l’arc. En fait, ce serait plutôt Eurytos apprenant à Héraclès le tir à l’arc, mais ça se terminera mal pour Eurytos qui sera tué par Héraclès parce qu’il n’a pas voulu accorder la main de sa fille Iole au héros grec. Héraclès, faut pas l’énerver !