Pour changer un peu

Pour changer un peu des photos anciennes ou contemporaines, voici une image hors du temps.
Oui, une aquarelle d’iZa, faite rien que pour le blog, un original sur du papier avec de la couleur.

Une aquarelle de la pointe de Kermorvan - Merci iZa ©
Une aquarelle de la pointe de Kermorvan – Merci iZa ©

Et pour ceux qui voudraient savoir où cela se trouve, un peu de cartographie, de manière tout aussi originale.

C’est une cartographie basée sur OpenStreetMap (OSM pour les intimes). OSM est une base de données géographiques mondiale, sous licence libre et ouverte qui permet à tout le monde de faire sa propre carto sans avoir besoin d’acheter des données à l’IGN ou à ses confrères étrangers.

Les données ne sont pas toujours très exactes ou très précises, cela dépend de la motivation des contributeurs bénévoles. Mais elles sont souvent beaucoup plus rapidement mises à jour …

Le site http://maps.stamen.com exploite OSM pour créer ses propres cartes, dont ces très jolies « aquarelles ». Je vous invite à aller y faire un tour.

En fait, il « suffit » de créer un style de représentation pour chaque type d’objet présent dans la carte : un fond bleu pour l’eau, un fond vert pour la végétation, des styles de ligne pour les routes, etc. Ensuite, les moteurs cartographiques utilisés pour afficher les cartes dans les pages web lisent les données (dans OSM) et y appliquent le style choisi (qui peut varier selon l’échelle) et voila le résultat !

 

Images d’antan (1873) et de maintenant

J’avais commencé à faire ce genre de rapprochement avec une photo du port d’Argenton. L’idée est de comparer les sites photographiés en 1873 par un certain J. Duclos (disponibles sur le site de la BNF) avec les paysages d’aujourd’hui. J’ai profité d’une visite dans ce beau pays d’Iroise pour compléter ma collection de photos de référence. Voici les résultats.

Pointe et abbaye de Saint-Mathieu

L'abbaye Saint-Mathieu en 1873
L’abbaye Saint-Mathieu en 1873

L'abbaye Saint-Mathieu en 2013
L’abbaye Saint-Mathieu en 2013

La pointe Saint-Mathieu en 1873
La pointe Saint-Mathieu en 1873

La pointe Saint-Mathieu en 2013
La pointe Saint-Mathieu en 2013
En farfouillant dans mes photos, j’ai déniché une prise de vue de 2007 qui correspond mieux à celle de 1873 : les premiers plans herbeux et rocheux sont plus proches

La pointe Saint-Mathieu en avril 2007
La pointe Saint-Mathieu en avril 2007

La principale évolution en 140 ans est la construction du sémaphore de la marine nationale et de ses bâtiments annexes, édifiés en 1906 au plus près de la pointe. Sinon, le phare, construit en 1835, semble en meilleur état cette année qu’en 1873 mais il faut préciser qu’il vient d’être repeint (au début de cette année, il était moins fringant !). Il y a également des maisons en plus dans le petit hameau.

Le Conquet

Le Conquet vu de Kermorvan en 1873
Le Conquet vu de Kermorvan en 1873

Le Conquet vu de Kermorvan en 2013
Le Conquet vu de Kermorvan en 2013

J’ai repris une photo du début de l’année pour faire la comparaison, car je n’ai pas eu le temps de rechercher le point exact où J. Duclos s’était mis en station. Je le ferai à ma prochaine visite. En attendant, on constate de nombreuses constructions supplémentaires en un siècle et demi. Mais, et ça ne se voit pas sur les photos, une grande différence entre la fin du XIX ème siècle et maintenant, c’est l’extension du port avec la construction de la digue Sainte-Barbe à l’entrée de la ria (débutée en 1925, elle n’a atteint sa taille actuelle qu’en 1969). Auparavant, la première jetée était celle que l’on voit sur la photo.

La pointe de Kermorvan

La pointe de Kermorvan en 1873
La pointe de Kermorvan en 1873

La pointe de Kermorvan en 2013
La pointe de Kermorvan en 2013

Pour cette photo, je pense avoir trouvé l’endroit exact (à deux cailloux près) où J. Duclos avait posé son appareil. L’évolution notable du site, c’est bien sûr la construction des blockhaus sur le site. À noter que les allemands vont détruire beaucoup de vestiges historiques sur l’ensemble de la presqu’île, dont le cromlech qui a quasiment disparu.

La tourelle de la Grande Vinotière (au large) n’était pas encore construite. Elle le sera sans tarder, et avec quelques difficultés, car les cailloux situés à cet endroit sont un danger pour l’entrée du port du Conquet (qui est situé sur la gauche).

La pointe du Minou

La pointe du Minou en 1873
La pointe du Minou en 1873

La pointe du Minou en 2013
La pointe du Minou en 2013

Je ne suis pas allé au bon endroit, ce sera pour la prochaine fois. Il faut sans doute marcher quelques dizaines de mètres sur le GR et descendre vers la mer. Mais on distingue bien entendu, en 2013, le sémaphore construit par la marine nationale, qui constitue une verrue d’autant plus insupportable qu’il est maintenant abandonné. Je ne sais pas s’il est prévu de le démolir. On parie ?

On ne le voit pas sur ma photo, mais sur la droite du site, en haut de la chaussée qui mène au phare, il y a un blockhaus qui vient gâcher le tableau (alors, un sémaphore en plus ou en moins !).

Donc, à suivre …

Argenton d’hier et d’aujourd’hui

Je suis tombé par hasard sur des séries de photos du Nord-Finistère réalisées en 1873 par un certain J. Duclos. Cela m’a donné l’idée de faire une comparaison entre la photo et la situation actuelle.

Ça donne ceci :

Port d'Argenton et Phare du Four. [cote : PH125(21)A] - Source Gallica
Port d’Argenton et Phare du Four. [cote : PH125(21)A] – Source Gallica
et


Agrandir le plan

Mister Google, tu aurais pu monter ton appareil photo sur un mât un peu plus haut pour respecter le point de vue de notre collègue photographe de 1873. Mais, bon ! faut pas trop t’en demander, c’est déjà pas mal …

Pourquoi ne pas reprendre toutes les photos de ce monsieur Duclos, disponibles sur le site de Gallica et faire une comparaison hier – aujourd’hui, avec des photos à moi ?

Le bateau bleu qui semble amarré au fond du port, c’est en réalité un salon de thé, le « Fleur des thés ». C’est une bonne idée de halte en passant à Argenton (ça se trouve sur la commune de Landunvez).

Photos et iPhone

Depuis que j’étrenne mon iPhone, je ne peux pas m’empêcher d’utiliser la fonction « panoramique » de son appareil photo. Je la trouve très efficace et bien pensée : on prend la photo comme si on réalisait un panoramique vidéo en balayant le paysage de gauche à droite. Une flèche sur l’écran guide le mouvement. L’appareil se débrouille pour découper le mouvement de rotation en photos successives qui sont automatiquement assemblées. Le montage est généralement bien fait pour peu que le mouvement ait été fait de manière régulière sans trop déraper du trajet de la flèche.
Voici deux exemples récents :

La presqu’île de Kermorvan vu depuis le port du Conquet
photo_3_DxO
Position : N 48.360084, W 4.778452

La pointe de Corsen avec, sur la droite, le CROSS Corsen et devant, l’ombre du photographe !
photo_1_DxO
Position : N 48.414533, W 4.795339. C’est la pointe la plus occidentale de la France métropolitaine.

Bon ! il y a des défauts, les images sont un peu bruitées mais c’est la faute aux basses lumières que l’appareil a compensées en augmentant la sensibilité. Et puis, le pavage du quai est un peu zigzaguant sur la gauche. Bien sûr, avec Photoshop et Photomerge, on aurait pu faire sans doute mieux, mais cela aurait demandé beaucoup plus d’effort, comme ci-dessous avec ce panoramique du Nez de Jobourg (Canon 600d et Photomerge sur deux photos).

nez_de_jobourg

Position : N 49.671822, W 1.941104

Nota : les positions sont données en « système géographique » et en degrés décimaux. Ce système correspond sur le GéoPortail au système légal du RGF 93 et sur d’autres sites comme Google Maps au WGS 84. A peu de choses près, on obtient les mêmes valeurs.

Visite dans le parc naturel marin d’Iroise

D’accord, ce parc naturel n’est pas tout récent, puisqu’il a été créé en 2007 (par un décret du 28 septembre). Si je vous invite à sa visite, c’est parce qu’il a mis en ligne un nouveau site internet.

C’est un moyen plus simple d’en faire le tour mais cela ne remplace pas bien évidemment une promenade sur place ou une plongée dans ses eaux.

C’est également l’occasion d’aller explorer les outils cartographiques mis à disposition du public pour apprendre à connaître le milieu marin. Dans ce domaine, on peut citer les outils cartographiques de l’agence des aires marines protégées (AAMP) :

la page du SIG de l’AAMP,

– sur cette page, on peut choisir la cartothèque qui propose une impressionnante série de cartes au format PDF classées par zone géographique et thématique,

– on peut également construire sa propre carte avec l’outil de webmapping proposé,

– pour les professionnels ou amateurs éclairés, il est également possible de faire appel aux services OGC de l’AAMP : le serveur WMS ou le serveur WFS qui permet le téléchargement des données pour les intégrer dans son propre SIG.

Pour finir, voici la carte du territoire couvert par le parc naturel marin d’Iroise :

et si vous êtes intéressé par la navigation dans le chenal du Four, voici un « poster » sur la question réalisé à l’occasion d’une exposition à Plouarzel en 2009 avec le soutien du parc naturel marin :