Nous avons été très impressionnés par la renaissance de la cathédrale Notre-Dame de Paris à la suite de l’incendie de 2019. Lors de nos visites de décembre 2024, les tours n’étaient pas encore accessibles et c’est un peu moins d’une année plus tard, en septembre 2025, qu’elles ont été ouvertes à la visite avec un circuit entièrement revu.
Savez-vous que les deux tours ne sont pas vraiment jumelles, la tour Nord (à gauche) est plus large que la tour Sud, ce que l’on peut voir en examinant attentivement la photo de la façade ci-dessus : le contrefort « nord » situé à l’extrémité gauche de la galerie sous la rosace est plus large que son frère « sud ».
Il faut préciser que les tours n’ont pas été détruites par l’incendie grâce au fabuleux travail des pompiers ce jour-là mais elles ont tout de même un peu souffert. Un travail de restauration a été mené en parallèle à la reconstruction de tout le reste de la cathédrale.
Si la visite de l’intérieur de la cathédrale (nef et chœur) reste gratuite pour tous les publics, celle des tours est payante, c’est le Centre des monuments nationaux qui en assure la gestion. Nous voulions donc profiter de notre carte d’abonnement Passion Monuments qui arrive à échéance bientôt pour effectuer cette visite. Le parcours propose de monter jusqu’à la terrasse située au sommet de la tour Sud puis de redescendre vers la « cour des citernes » située entre les deux tours pour retrouver le plancher des vaches au bas de la tour Nord, comme le montre le schéma ci-dessous.
Pour atteindre la terrasse, on nous annonce 424 marches, il n’existe aucun ascenseur, c’est pour cela que l’ascension au sommet de la tour sud est aussi une expérience sportive. Une bonne condition physique est requise. Le circuit est déconseillé aux personnes en insuffisance cardiaque et/ou sujette aux vertiges, ainsi qu’aux femmes enceintes et aux enfants en bas âge.
La montée est divisée en quatre parties presque de même hauteur avec des haltes intermédiaires, ce qui permet de partitionner son effort. L’entrée et le contrôle de sécurité s’effectuent au pied de la tour Sud, à droite en regardant la façade. Pas beaucoup de monde pour nous, à l’opposé des files d’attente qui s’étirent sur le parvis pour entrer dans la nef. L’ascension démarre aussitôt.
Première halte dans la salle « basse » qui présente une belle hauteur sous plafond et sert de salle de médiation avec maquettes explicatives et petite boutique aux souvenirs. Deux chimères échappées des flammes accueillent le visiteur.
La volée de marches en pierre suivante nous conduit à la salle des Quadrilobes où nous attend le nouvel escalier en bois à double révolution qui nous mènera au niveau supérieur et nous permettra d’en revenir sans que les flux montant et descendant se rencontrent. À partir d’ici, le personnel régule le trafic des visiteurs pour éviter qu’ils soient obligés de se croiser dans les zones les plus étroites.
Après la pierre, c’est le bois qui nous enveloppe. Le long des murs, l’énorme charpente du beffroi permet d’absorber les chocs et les vibrations provoquées par les bourdons lorsqu’ils sonnent et de protéger les murs. Pour les cathédrales comme Notre-Dame de Paris, il est préférable d’appeler « tours » les constructions en maçonnerie, et « beffrois » les charpentes destinées à supporter les cloches dans les tours.
Les deux beffrois, sud et nord, ont été sauvés de l’incendie mais ils ont tout de même fait l’objet d’un contrôle approfondi et de quelques réparations. Imaginez qu’il a fallu soulever l’un d’entre eux depuis sa base pour pouvoir changer des pièces de bois abimées.
En haut de cet escalier à double révolution, on arrive dans un petit espace donnant sur l’extérieur où il nous faut patienter jusqu’à la descente du groupe de visiteurs précédent. Une dernière volée de marches en pierre, plus étroite, nous mène sur la terrasse d’où l’on peut admirer Paris sur 360° et sous une petite pluie qui a attendu cette minute précise pour nous rappeler ses bienfaits. Quelques chimères surveillent notre visite.
Régulation du trafic oblige, nous ne pouvons pas rester plus de quelques minutes à contempler ce panorama, la descente s’amorce. Nous retrouvons l’escalier à double révolution mais, avant, une passerelle en bois nous fait passer devant les bourdons Marie et Emmanuel.
Nous faisons ensuite halte dans la cour dite des citernes, espace situé entre les deux tours au-dessus de la rosace ouest. Il est bordé de trois colonnades dont l’une donne sur la façade, le quatrième côté est constitué d’un pignon permettant de découvrir la charpente de la nef. Des chimères surplombent la cour depuis une galerie en hauteur.
Nous rejoignons la tour Nord dans une salle où est exposée Denise, une cloche dont le son n’était pas satisfaisant et qui a été remplacée il y a quelques années. Les cloches opérationnelles sont, elles, situées au-dessus de cette salle mais on ne les voit pas, on peut juste les entendre … Puis c’est la dernière série de marches en pierre qui nous ramène au niveau de la rue du Cloître Notre-Dame.
L’expérience culturelle et sportive s’achève, je craignais un peu les centaines de marches à gravir mais tout s’est bien passé car le parcours est bien conçu et ménage des temps de repos. Tout comme l’intérieur de la cathédrale, les tours sont dans un état exceptionnel et c’est un vrai bonheur de les découvrir. C’est à mon avis une visite indispensable pour compléter celle de la cathédrale elle-même.
Pour en savoir plus :
Le Centre des monuments nationaux propose, à l’attention des visiteurs en situation de handicap, une vidéo permettant de vivre une visite commentée.
On peut y ajouter une visite plus contemplative …
Comme je ne suis pas sûr d’avoir bien configuré le lecteur vidéo, vous pouvez accéder directement à la page des visiteurs en situation de handicap du site web consacré aux tours de Notre-Dame où vous trouverez ces vidéos.















































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