Avant de visiter les tours de La Rochelle, nous avons flâné dans quelques lieux de Charente et du Poitou que nous ne connaissions pas encore, ou mal. En premier lieu, direction Royan, plus précisément les plages de Saint-Georges-de-Didonne au sud et de Saint-Palais-sur-Mer au nord pour des balades aérées. Sur la plage de Suzac, l’objectif de préservation de la biodiversité conduit à laisser sur place les bois flottés, ce qui donne des photos parfois étonnante, comme ce « lama » en pause sur le sable.

Vérification faite, la plage de Suzac est sur le territoire de la commune de Meschers-sur-Gironde, ce qui explique sans doute la différence de traitement entre les plages.

Nettoyage raisonné des plages – « Aimer la plage, c’est accepter les laisses de mer »

Le nettoyage raisonné consiste à limiter l’utilisation d’engins mécaniques sur les plages pour ramasser les déchets. Afin de préserver les dépôts marins, notre commune stoppe le nettoyage mécanique en période hivernale et enlève les déchets manuellement. Les laisses de mer, constituées de débris naturels (algues, bois flottés, organismes marins…), participent au bon fonctionnement écologique de nos plages, car elles offrent le gite et le couvert à de nombreuses espèces du littoral. Autre bienfait : en se décomposant, les matières organiques de la laisse de mer nourrissent les plantes du haut de plage qui jouent un rôle de piégeage du sable et permettant ainsi l’édification de la dune. Ne soyez donc plus étonnés de voir ces dépôts naturels, vous savez maintenant qu’ils sont utiles pour nos écosystèmes littoraux. 

À Saint-Palais-sur-Mer, nous faisons la promenade le long de la plage du Plantin jusqu’au phare de Terre-Nègre et au belvédère qui domine la plage de la Grande Côte. Quelques carrelets ponctuent la balade, mais les tempêtes de l’hiver semblent avoir abimé certains d’entre eux.

Peu après, c’est à l’île de Ré que nous passons la journée, ce n’est pas une nouveauté pour nous, mais ça faisait quelques années que nous n’y étions pas venus. Nous faisons halte à La Flotte pour découvrir ce village bien sympathique. Pas de foule estivale, on peut flâner à loisir dans les ruelles et autour du port. Les restaurants sont presque tous ouverts, la pause méridienne se fera ici. Puis direction Saint-Martin-de-Ré et, au bout de l’île, la plage de la Loge pour une halte ensoleillée.

Après le rivage atlantique, nous avons fait une halte dans la cité médiévale de Pons (prononcez Pon) située à mi-chemin entre Saintes et Jonzac. Juchée sur un promontoire rocheux où se dresse son emblématique donjon et baignée dans sa partie basse par les différents bras de la Seugne, cette ancienne place forte protestante possède un intéressant ensemble patrimonial qui en fait une ville touristique à visiter.

Avant de grimper au sommet du promontoire, nous nous arrêtons à l’hôpital des Pèlerins situé dans la basse ville. Érigé au 12e siècle afin de servir de halte aux pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle, il est un des plus anciens ensembles hospitaliers d’Europe à avoir été conservé et est, à ce titre, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Les bâtiments sont en partie ouverts au public, mais aujourd’hui, ils sont fermés. Cependant, on peut les admirer de l’extérieur, notamment le superbe porche roman qui enjambe l’ancienne grand-route Saintes – Bordeaux et également parcourir le très sympathique jardin médicinal d’aménagement récent.

Nous rejoignons la haute ville et le site occupé autrefois par la puissante forteresse des sires de Pons. Il est aujourd’hui essentiellement constitué d’une vaste esplanade transformée en jardin public, d’un corps de logis accroché à la falaise, occupé par l’hôtel de ville, et d’un imposant donjon quadrangulaire haut de près de trente mètres, véritable emblème de la cité médiévale. La base des remparts a été partiellement conservée, et forme une promenade d’où l’on peut jouir d’une vue panoramique sur le val de Seugne. Un escalier monumental permet de relier la ville-haute à la ville-basse. Nous nous baladons aussi dans les ruelles anciennes et visitons l’église Saint-Martin de style néo-classique.

Il y a encore pas mal de monuments à voir à Pons et de belles randonnées à effectuer le long des remparts et de la Seugne, ce sera pour une nouvelle visite.

Si l’église Saint-Martin de Pons est d’un intérêt assez moyen, ce n’est pas le cas de l’église romane Saint-Pierre d’Aulnay qui retient notre attention sur le chemin du retour. Construite à partir du 12e siècle et d’inspiration romane saintongeaise, c’est sûrement une des plus belles églises romanes existantes. Elle est classée monument historique depuis 1840 et dans le cadre du classement des Chemins de Compostelle sur le territoire français, elle fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. De manière un peu étonnante, elle est située assez loin du centre du bourg d’Aulnay, au centre d’un vaste et ancien cimetière où trône une superbe croix hosannière (ou croix de cimetière).

Pour notre dernière étape avant le retour à la capitale, nous allons vers Melle, commune des Deux-Sèvres située à une trentaine de kilomètres à l’est de Niort. Nous effectuons une petite balade nature le long de la Somptueuse sur le territoire du village de Sompt (ça ne s’invente pas) où d’anciens lavoirs ont été joliment restaurés.

Dans le bourg de Melle, nous découvrons la fontaine-lavoir de Villiers, étonnant édifice abritant un bassin ovale accueillant les eaux d’une source toute proche. Il a la particularité d’être complètement fermé et de posséder une cheminée pour les « bugées » (lessives) hivernales ! La charpente est, elle aussi, particulièrement remarquable.

Nous terminons nos visites melloises par celle de l’église Saint-Hilaire, encore une magnifique église romane du 12e siècle.

Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, comme étape sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, elle est la plus importante des trois églises romanes de Melle. À l’intérieur : le chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes conçu pour recevoir les pèlerins ouvre sur la croisée du transept couverte d’une coupole sur trompes. Dans la nef à collatéraux le portail sud est sculpté de 31 personnages. À l’extérieur : le chevet à étagement, la façade ouest aux arcatures ouvragées surmontée de deux lanternons et la corniche à modillons forment un riche panel de motifs ornementaux poitevins. Les chapiteaux de la façade nord sont exceptionnels. Le portail est surmonté d’un énigmatique cavalier. Serait-ce le seigneur de Melle figuré sous l’allégorie de Constantin ? 

Depuis 2011 une installation de l’artiste Rochefortais Mathieu Lehanneur, remplace l’ancien autel. Conçu comme une multitude de strates de marbre blanc de Namibie, un monticule intégrant des fonts baptismaux et l’autel occupe désormais le chœur de l’église.

À signaler que Melle abrite les mines d’argent des rois francs qui ont été exploitées du 7e au 10e siècle pour servir à la frappe des deniers et oboles, pièces de monnaie du Moyen-Âge. Il y a aussi deux autres églises romanes et quelques autres monuments à voir, de quoi nécessiter une autre visite à l’avenir.

Voila pour ces quelques visites qui nous ont permis de découvrir de nouveaux sites et monuments dans cette région si attachante, nous revenons avec de belles images mais aussi de nouvelles idées à exploiter.


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