Palette d’automne au Québec : le Charlevoix

et un peu de huron-wendat aussi …

Après la première étape au Mont-Tremblant, la prochaine région à explorer, avec Fred qui a pris 2 semaines de congés pour nous accompagner et décompresser de son boulot, est le Charlevoix, situé au nord-est de Québec. Mais les week-ends, pardon, les fins de semaine étant encore chargées dans les hébergements hôteliers, nous avons décidé de faire nos périples pendant la semaine. Les fins de semaine seront donc québécoises (la ville).

Samedi 28 et dimanche 29 septembre 2019

Le samedi est une journée pluvieuse, donc bien adaptée à l’accomplissement des tâches logistiques. Le midi, nous déjeunons (ici, on dîne) aux 3 Brasseurs à la galerie commerciale Place-Sainte-Foy située près de l’université de Laval. Nous nous essayons à un petit tour en ville en voiture car nous avions noté quelques adresses à visiter, mais il y a beaucoup d’embouteillages (nous sommes samedi).

Le lendemain, la journée est ensoleillée, nous avons prévu d’aller à Wendake, à 15 km au nord de Québec. C’est une réserve huronne-wendat située le long de la rivière Charles près des chutes de Kabir Kouba.

Arrivés sur place, nous visitons le musée huron-wendat (pas de photos !) ainsi que la maison longue traditionnelle. Cette dernière est assez impressionnante car certains de ces habitats pouvaient accueillir plusieurs dizaines de personnes constituant le clan de base. C’est avec toujours le même étonnement que nous découvrons le statut particulier des Premières nations autochtones et le clivage qui existe avec les Canadiens.

Isa est intéressée par l’explication du champ traditionnel wendat : « l’ensemble formé du maïs, des fèves et des courges se nomme les Trois Soeurs. Ce nom leur a été donné parce que ces plantes s‘entraident pour pousser. Le maïs sert de tuteur aux fèves, tandis que celles-ci fixent l’azote essentielle au maïs, dans le sol. Les larges feuilles des courges ombragent le terrain, ce qui aide a conserver I’humidité du sol et empêche l‘invasion du monticule par les mauvaises herbes ». De la permaculture ancestrale, alors que ce mode de culture est aujourd’hui redécouvert après des décennies de pesticides …

Wendake, réserve huronne-wendat – les Trois Sœurs sur leurs monticules

Nous faisons un pique-nique rapide sur place suivi d’une balade dans la vieille ville jusqu’aux chutes sur la rivière. Le cours d’eau a été utilisé pour alimenter en énergie des scieries et des moulins, mais tout ceci est maintenant en ruines et du domaine de l’archéologie.

Puis nous allons visiter un autre site situé un peu plus loin en ville, il s’agit de la reconstitution d’un village traditionnel huron-wendat. Nous effectuons cette seconde visite accompagnée d’une guide. De ce que j’ai retenu de ces deux parcours, c’est que la société huronne-wendat semblait bien solidaire, avec un rôle important exercé par les femmes qui étaient de véritables cheffes de clan.

Je suis un peu étonné par le fait que dans ce village on nous montre des tipis et des capteurs de rêves … pour nous expliquer ensuite que ce n’est pas de la culture huronne-wendat mais plutôt de celle des nations des grandes plaines US. Sans doute pour couper court aux demandes répétées des visiteurs qui s’étonnent de ne pas se retrouver au milieu d’un western !

Après un détour jusqu’au lac Saint-Charles, nous retournons sur Québec, mais comme il est encore tôt, nous laissons Fred chez lui et nous allons à pied jusqu’au centre ville en passant par les plaines d’Abraham, la promenade des Gouverneurs, la terrasse dufferin jusqu’au Château Frontenac. Nous revenons par la rue Saint-Jean et la rue Cartier après une petite halte rafraîchissante.

L’église Saint-Jean-Baptiste de la rue Saint-Jean

Nous faisons une rencontre inattendue dans la rue Cartier : le camion jardin, un pick-up dont la benne est transformée en jardin potager. Son propriétaire est justement en train de l’arroser.

Le camion jardin rue Cartier

Il nous explique qu’il est parfaitement en règle avec la politique de stationnement de la ville puisqu’il s’acquitte d’une taxe de parcage de 80 CAD annuels. En voila une belle initiative, bien dans l’esprit nord-américain d’usage du pick-up …

Journée 18 000 pas !

Lundi 30 septembre

Nous quittons Québec ce matin pour notre premier lieu de villégiature avec Fred, le Charlevoix autour de Baie-Saint-Paul. Le temps est assez beau, un peu couvert mais majoritairement ensoleillé. 

Notre première halte est pour le Cap Tourmente où se trouve une réserve nationale de faune, surtout d’oiseaux en migration. C’est un très beau site naturel, classé site RAMSAR pour la préservation des milieux humides, et bien aménagé comme souvent ici au Canada. Nous assistons à une explication sur le bagage des oiseaux faite par les chercheurs eux-mêmes puis nous allons observer les oies des neiges qui se posent le long du Saint-Laurent. 

Ensuite nous enchaînons sur une autre randonnée vers les marais et les sous-bois. Très sympathique ! Les couleurs d’automne sont splendides.

Nous continuons la route jusqu’à Baie-Saint-Paul que nous atteignons vers 14h30, un peu tôt pour aller au gîte Terre et ciel que nous avons réservé pour trois jours. Nous faisons un petit tour au bout de la route, jusqu’à l’embouchure de la rivière du Gouffre sur le Saint-Laurent et ses espaces aménagés.

Puis nous allons en ville, dans la rue Saint-Jean-Batiste bordée de vieilles maisons et de commerces touristiques. Nous buvons une boisson chaude et un gâteau au café Arômes et saveurs.

Il est l’heure de revenir au gîte où le propriétaire David nous accueille chaleureusement. Nous avons une grande chambre avec 5 couchages, tout est dispo dans les espaces communs. Ça a l’air bien. Le vaste jardin s’étend jusqu’à la rivière, le chien Benoît nous accueille.

Nous allons dîner le soir en ville au Café des artistes, dans la rue Saint-Jean-Batiste déjà visitée. La balade se fait à pied car Baie-Saint-Paul possède un centre ville à taille humaine où l’usage de la bagnole est superflu. Au menu, croque de Charlevoix pour Fred et moi, smoked meat et chips pour Isa, avec verres de vin blanc et bière rousse. En dessert, gâteaux meringués au sirop d’érable et fondant au chocolat. Excellent ! 

Cette journée à 16 000 pas se termine par une petite promenade digestive de nuit jusqu’au gîte.

Baie-Saint-Paul – l’église la nuit

Mardi 1er octobre

Le temps est gris, un peu frais et s’annonce pluvieux. Après le petit déjeuner bien copieux et servi par le patron, nous partons vers La Malbaie au nord de Baie-Saint-Paul. À quelques kilomètres, nous faisons une petite halte à un belvédère qui domine la ville de Baie-Saint-Paul et la rivière du Gouffre, Isabelle devise quelques instants avec un peintre qui a installé son chevalet sur le bord de la route.

La route est très escarpée qui mène à La Malbaie le long du fleuve. Nous y arrivons assez rapidement et poursuivons dans la montagne vers l’entrée du Parc National où Isa a repéré des sentiers de randonnée. Le paysage est beau mais la pluie nous rejoint et rend l’espoir de balade pédestre un peu vain. Nous revenons vers Malbaie où nous déjeunons au Café Chez nous : burger pour Fred, pâtes au pesto et au poulet pour Isa, salade César pour moi.

Ensuite nous allons traîner autour du Manoir Richelieu qui domine le fleuve et est un luxueux hôtel Fairmont. C’est là que s’est déroulé de G7 de 2018. Un sentier longe le haut de la falaise, nous y faisons un petit tour de 2 kilomètres. Il continue à bruiner.

Retour vers Baie-Saint-Paul par la même route et courses au Maxi voisin. Soirée calme au gîte.

Mercredi 2 octobre

Winter is coming !

Le temps devrait être moins humide qu’hier, nous voulons en profiter pour aller randonner dans le parc national des Hauts-Jardins, à une trentaine de kilomètre de Baie-Saint-Paul.

Après le petit déjeuner, nous prenons la direction des hauteurs et assez vite, ça se gâte : au bout de quelque temps, c’est même la neige qui tombe car la température baisse à 1° ! 

Après un premier essai de sortie au sentier des pionniers, nous revenons un peu en arrière vers le centre d’interprétation d’Arthabaska qui nous a été conseillé par un garde du parc très serviable. Toute la zone a été victime de grands incendies de forêt il y a quelques années, les paysages en portent les marques avec de vastes espaces dénudés. 

Au centre, nous acquittons les droits d’accès (8,75 CAD par personne) et nous continuons jusqu’au sentier de la chute situé à une dizaine de kilomètres. Le temps est nuageux, alternant chutes de neiges et timides éclaircies. La forêt est ici plus dense, les incendies ont sans doute un peu épargné le coin.

Nous partons pour ces 6,6 kilomètres de marche dans un paysage étonnant de taïga où les pins et les lichens se partagent le terrain.

Nous arrivons à la chute nichée dans un très beau paysage, nous faisons un rapide pique-nique reconstituant. Photos.

Puis nous revenons par le même chemin jusqu’à la voiture. Un peu plus de soleil au retour, qui donne des couleurs changeantes à la nature qui nous entoure.

parc national des Hauts-Jardins – sentier de la chute

Mine de rien, cette petite marche nous a pris un peu plus de deux heures. Nous retrouvons la voiture et entamons le retour vers la plaine avec escale technique au centre d’Arthabaska.

Avant d’arriver à Baie-Saint-Paul, Isa nous fait faire un petit détour sur les hauteurs, vers le sentier de la rivière Rémy, pour trouver un peu plus de couleurs dans les arbres. Mission réussie ! Photos.

Retour au gîte vers 17 heures. Ce fut une belle virée (12 500 pas) dans les montagnes, sous un peu de neige et de fraîches températures ! 

Nous ressortons dans la soirée pour dîner au Saint Pub, la micro brasserie de la rue Saint-Jean-Baptiste. Une première approche se heurte à une file d’attente décourageante, mais à la deuxième tentative, tout s’est dissipé. Ambiance pub, un peu bruyante mais bon enfant. Burgers, smoked meat, pintes de bière et de cidre, tout est correct. Retour à pied au gîte pour tasser tout ça.

Jeudi 3 octobre

Nous laissons Baie-Saint-Paul aujourd’hui pour revenir à Québec. Après avoir quitté le gîte, nous faisons un petit tour en ville, pour photographier la fresque D’hier à aujourd’hui le long de la rivière du Gouffre et acheter du cidre à la cidrerie locale, notamment un excellent cidre de glace (qui sera bu en apéritif le soir même).

Baie-Saint-Paul – la fresque D’hier à aujourd’hui qui illustre le patrimoine de Baie-Saint-Paul depuis 1900 à nos jours

Puis nous faisons un détour par Petite-Rivière-Saint-François, qui est un petit village tout en longueur coincé entre le fleuve et la montagne. Superbe paysage ! Il y a même des remontées mécaniques au bout de la route, le «  massif du Charlevoix » qui domine le village est un lieu réputé de sports d’hiver.

Étape suivante, le canyon Sainte-Anne près de Beaupré. Ici, on est plutôt chez Disney , c’est un parc privé bâti autour des belles chutes d’eau. Un peu cher mais beau ! Faut faire avec !

Puis nous rejoignons Québec. Comme il est encore assez tôt, Isa et moi partons en balade pédestre vers le centre en empruntant la Grande Allée. Nous descendons jusqu’au quartier très touristique du Petit Champlain. Nous prenons une boisson au bistro le Pape-Georges puis retournons at home en empruntant le funiculaire pour remonter au château Frontenac. Rue Sainte-Anne, nous constatons que l’hôtel Jardin Sainte-Anne où nous avions logé avec les enfants en 2003 est fermé et muré ! Souvenir, souvenir ! Nous continuons par l’avenue René Levesque qui manque un peu de charme.

Soirée quiche lorraine.

(à suivre)

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