Palette d’automne au Québec : fin de semaine à Québec

avec un très-très gros morceau de musée à l’intérieur

Vendredi 4 octobre 2019

De retour la veille du Charlevoix, nous nous accordons une matinée consumériste avec la visite aux magasins Décathlon et Ikea locaux pour que Fred procède à de menus achats. Décathlon a ouvert récemment à Québec et les produits proposés sont tout à fait identiques à ceux de France et les prix à peine un peu plus élevés, mais ici, ça casse complètement les habitudes pour le matériel de loisir qui est généralement hors de prix. Nous rentrons déjeuner (tian et œufs brouillés) et faisons un Skype avec Aurélien à Paris.

Isa et moi partons pour une balade, mais c’est finalement au MNBAQ, le musée national des beaux-arts de Québec, que nous nous arrêtons. L’accueil du musée nous accorde deux places gratuites Presse ! Sympa, d’autant plus que le prix adulte est de 22 $ et que l’année dernière, nous avions été brimés par la fermeture pour travaux du pavillon Gérard-Morisset qui abrite l’art ancien et moderne, dont les peintures du 17ème au 20ème siècle. 

Par rapport à ma première visite il y a un peu plus de deux ans, le pavillon a été complètement remanié et les accrochages sont bien différents, ce qui renouvelle l’intérêt de cette visite.

Le parcours est présenté sous la forme d’une exposition intitulée 350 ans de pratiques artistiques au Québec divisée en 5 sections Croire, Devenir, Imaginer, Ressentir et Revendiquer. Voici comment le MNBAQ explique cette démarche.

À la recherche d’une narration historique inclusive, 350 ans de pratiques artistiques au Québec se veut une synthèse actuelle de histoire de |a culture visuelle, de la Nouvelle-France jusqu’à la contre-culture des années 1960. Nourrie par I’histoire de la vie culturelle, les études de genre et les études postcoloniales, I‘histoire de l’art pose plus que jamais des questions essentielles sur les rôles joués par les images dans notre culture. L’ancrage humain, économique et social des pratiques artistiques, qui a longtemps été considérée d’un intérêt moindre que son panthéon, ouvre de nouvelles perspectives sur les relations des arts à la société. Les notions de réseau, de dialogue, de croisement et de métissage, mais aussi de domination et d’exil, nous paraissent désormais incontournables pour comprendre les relations entre les cultures et celles de l‘artiste avec son environnement. 

Centrales dans la conception de l’exposition 350 ans de pratiques artistiques au Québec, ces nouvelles perspectives ne visent pas simplement la dénonciation des conceptions de I’histoire en vogue à un moment ou à un autre de I »histoire de notre institution. Elles contextualisent, par exemple la valorisation de certaines pratiques artistiques au détriment d’autres, révèlent le rôle du regard masculin – colonial – dans l’idéalisation du corps féminin – autochtone – ou encore explicitent la part de fantasme et de fiction dans la peinture d‘histoire. Elles permettent d’extraire des marges du canon des pratiques artistiques domestiques, comme la photographie amateur, ou médiatique, comme l’illustration et la caricature, qui furent et sont encore éminemment populaires. 

Ce nouvel éclairage jeté sur notre collection ne manquera pas de révéler ses chainons manquants, parmi lesquels les autochtones, mais aussi les présences inconstantes ou aléatoires des femmes, des anglophones, des immigrants, des photographes ou des artistes populaires, entre autres. On ne peut récrire l’histoire de la collection du MNBAQ et de ses prédilections, mais on peut en rééquilibrer les forces et les faiblesses en y mettant en évidence des regards déconsidérés et des voix longtemps tues. Il s’agit d’un premier pas nécessaire à une compréhension plus nuancée, sensible et diversifiée de l’histoire de l’art du Québec.

Allons-y, c’est parti pour la balade parmi les 5 sections, qui se révèlent être purement chronologiques, malgré cette volonté de les résumer en un seul mot, croire, devenir, imaginer, etc. Ça me gêne un peu aux entournures, je trouve cela réducteur de classer tous les artistes d’une certaine période dans un seul mot. Heureusement le texte de présentation est plus explicite, c’est pour cela que je l’ai laissé.

CROIRE : émergence des pratiques artistiques au 17ème siècle, d’inspiration largement religieuse.

DEVENIR : au 18ème siècle, les portraits ont la cote et on voit apparaître les scènes de genre, les natures mortes, les paysages …

IMAGINER : seconde partie du 19ème siècle, institutionnalisation des pratiques artistiques, hommage aux bâtisseurs du pays, focus sur Napoléon Bourassa, artiste majeur de cette époque.

RESSENTIR : l’équivalent au Québec des mouvements romantique, impressionniste et post-impressionniste qui ont marqué la peinture en Europe

REVENDIQUER : dans la première moitié du 20ème siècle, il faut contester l’académisme des institutions et se lancer dans les expérimentations artistiques.

Nous y passons plus de 2 heures et demi, rien que pour visiter les deux niveaux 2 et 3. Nous sommes vidés des lieux par l’heure de fermeture du musée, 17 heures ! Nous avons effectué cette visite quasiment seuls, comme on peut le constater sur les dernières photos ci-dessus. Plutôt coutumiers de l’affluence du Louvre, nous trouvons cela assez étonnant pour une ville comme Québec et un musée moderne.

Vite fait, avant de sortir, nous passons au premier niveau pour admirer l’œuvre de David Altmejd, The flux and the Puddle, qui occupe un bel espace et que je ne comprends toujours pas bien.

MNBAQ – PAVILLON GÉRARD-MORISSET – David ALTMEJD – The Flux and the Puddle – 2014 –

Né à Montréal en 1974, David Altmejd est considéré comme l’une des figures majeures de l’art contemporain sur la scène internationale. ll crée des sculptures habitées à l’‘extrême, qui souvent brouillent la distinction entre intérieur et extérieur, entre surface et structure, entre représentation et abstraction. The Flux and the Puddle est envisagée par l‘artiste comme un bilan des diverses manières et esthétiques qui traversent son œuvre protéiforme depuis près de vingt ans. On y retrouve d’ailleurs des personnages déjà croises au sein d‘œuvres antérieures, comme le loup-garou, les géants et les culturistes. Immense architecture de Plexiglas habitée de personnages, mais aussi de substances qui semblent en transformation, l’œuvre engage espace et énergie virtuelle qu’elle contient dans une composition d’une complexité fascinante. Les références à la biologie, à l’architecture du corps et de la pensée qui inspirent Altmejd depuis ses débuts s’y retrouvent. Elles atteignent ici un remarquable niveau de cohérence. Maelström complexe, The Flux and the Puddle rappelle que |’évolution n’a pas de cesse. L’idée de transformation est centrale dans le propos de I’artiste,

Voila voila …

Nous retournons at home après cette visite muséale qui nous a enchantés. Après des courses au Provigo, dîner avec un risotto aux champignons concocté par Fred, et un dessert aux fraises de l’île d’Orléans.

Samedi 5 octobre

Journée tranquille sans voiture, matinée que nous consacrons en partie à rechercher deux hébergements pour nos deux étapes dans les Cantons de l’Est.

Nous déjeunons rapidement de sandwichs puis nous prenons le métrobus 802 pour gagner le parc linéaire de le rivière Saint-Charles, rivière qui coule du nord vers le vieux port de Québec en passant au pied de la haute ville. En partant de Québec, cette promenade de 30 km de long permet de rejoindre le lac Saint-Charles en passant par Wendake, notre étape de dimanche dernier.

Nous nous promenons tranquillement sur environ 8 kilomètres et reprenons le bus pour rentrer chez Fred, en traversant le campus universitaire de Laval, bien calme en ce samedi.

Gratin de butternut au dîner, délicieuse tarte aux pommes faite maison en dessert.

Dimanche 6 octobre

Dimanche un peu gris, nuageux avec un petit vent frais. Pas grand chose aujourd’hui. Après un poulet rôti de Provigo et sa semoule au cumin, Isa et moi allons nous promener dans le centre ville de Québec. Nous y allons à pied en empruntant un itinéraire traversant des zones plus résidentielles de la rue du Père-Marquette jusqu’à la place D’Youville. Nous faisons les beaux sur celle-ci pour nous faire voir depuis Niort avec la webcam ! Vous avez dit, des gamins ? Oui, on assume ! Le montage de la patinoire qui va occuper une bonne partie de la place durant l’hiver a déjà commencé.

Nous descendons vers la rue des Remparts, la Place Royale, le musée de la Civilisation (pas visité) et le port (vue sur le fleuve gâchée par les paquebots monstrueux remplis de Chinois). Contrairement au MNBAQ avant-hier, le musée de la Civilisation est très fréquenté mais nous sommes dimanche, ce qui explique peut-être cela. De plus, il est situé près du secteur ultra-touristique du Petit-Champlain. En ce qui nous concerne, nous ne sommes pas très attirés par les thèmes exposés.

Nous remontons en bus vers l’avenue Belvédère. Traditionnel far breton au dîner du dimanche soir.

(à suivre)

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