Pour une première semaine de printemps, c’est plutôt le vent et la fraîcheur qui nous ont accompagnés dans le Sud. Mais peu importe, cela ne nous a pas empêchés de faire de belles découvertes, alors que le temps nous avait manqué lors de notre précédent séjour à Montpellier.

Nous consacrons les deux premières journées à parcourir Montpellier, dans son quartier historique, appelé l’Écusson en raison de sa forme. C’est un secteur assez bien préservé et, depuis la tour de la Babotte jusqu’à l’église (un peu inachevée) Saint-Roch, nous déambulons parmi les ruelles médiévales et les hôtels particuliers qui offrent aux visiteurs des façades intéressantes.

Une autre marche nous mène, en passant au pied de l’église Sainte-Anne, jusqu’à l’arc de triomphe situé à l’ouest de l’Écusson, en haut de la rue Foch. Construit à la fin du 17e siècle, il est tout entier dédié à la gloire de Louis XIV. Cette « porte du Peyrou » donne sur la promenade du même nom, vaste esplanade bordée de terrasses et accueillant une statue équestre du roi cité plus haut. On y trouve aussi un édifice servant de château d’eau, terminus de l’aqueduc Saint-Clément, long de 14 kilomètres, qui achemine l’eau à Montpellier depuis le milieu du 18 e siècle.

Devant le bassin au pied du château d’eau, on trouve aussi un cadran solaire analemmatique : c’est un cadran solaire de type azimutal où l’ombre de la personne située au centre donne l’heure. Cette personne se positionne sur une ligne tracée au centre du cadran, au niveau de l’indication du mois en cours. Ce cadran est l’œuvre de Pierre Humbert, prof de maths à la Faculté des Sciences.

Malheureusement, le soleil ne darde pas ses chauds rayons, il n’y a pas d’ombre à porter …

Promenade du Peyrou – cadran solaire analemmatique du Peyrou de Pierre Humbert, prof de maths à la Faculté des Sciences

En sortant de la promenade, nous nous dirigeons vers le Jardin des Plantes, jardin botanique appartenant au patrimoine de l’université, plus particulièrement de la faculté de médecine, la plus ancienne au monde encore en activité. La balade est intéressante, même si certains espaces, sans doute plus fragiles, ne sont pas ouverts en permanence au public. La vedette ici est un drôle d’arbre, vieux de quatre cents ans, un filaire à feuilles larges, dont le tronc tortueux sert d’abri pour les messages entre amoureux ou les désirs les plus secrets …

De l’autre côté du boulevard Henri IV, la cathédrale Saint-Pierre est notre prochaine étape. En arrivant par l’arrière de l’édifice, en longeant le chœur, on découvre dans un premier temps la superbe porte de la Vierge ouvrant sur le transept, récemment rénovée et dont le décor sculpté est magnifique. Mais c’est l’entrée principale qui dévoile ce qui reste de l’architecture médiévale de la cathédrale, forteresse disposant de défenses importantes comme les tours d’angles et le porche massif, composé de deux piliers cylindriques et d’une voûte reliant les piliers à la façade de l’église.

La cathédrale jouxte un autre édifice imposant, l’ancien palais épiscopal devenu en 1795 l’école de médecine. Devant son entrée, deux célébrités montpelliéraines du domaine médical, François Gigot de Lapeyronie et Paul-Joseph Barthez montent la garde et veillent notamment sur un cadran solaire dont la devise, écrite en grec, signifie L’art grandit. En demandant poliment à ces deux cerbères, on peut pénétrer jusqu’à la cour intérieure de l’école.

Ce deuxième jour, nous avons déjeuné au restaurant La Bistrote, situé près de l’église Sainte-Anne au 4 de la rue Philippy. Conseillés dans ce choix par le Routard, nous avons apprécié l’accueil sympathique et la cuisine « agricole » sans chichi, élaborée autour de produits locaux (d’où le terme agricole !).

Le lendemain, nous effectuons une randonnée pédestre en direction de la grande bleue, plus exactement autour de Maguelone, ancienne île côtière aujourd’hui attachée au cordon littoral, où est située la vénérable cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul-de-Maguelone.

Après environ 30 minutes de tramway n°4 et de bus n°32, nous voici débarqués en périphérie de Villeuve-les-Maguelone, dans la quartier du Pilou, d’où le chemin du même nom nous mène rapidement, au milieu de l’étang d’Arnel, à la passerelle mobile qui permet de traverser le canal du Rhône à Sète et rejoindre Maguelone. Le vent, fort, nous pousse dans le dos.

Le site de la cathédrale est géré par l’association Les Compagnons de Maguelone qui œuvre, par l’intermédiaire de son centre d’aide par le travail, à l’entretien et à l’aménagement du patrimoine bâti et naturel de la presqu’île tout en proposant des événements culturels.

Une fois la visite de la cathédrale achevée, nous nous lançons pour la suite de la randonnée qui nous mène par le bord de mer jusqu’à Palavas-les-Flots et nous fait revenir à la passerelle mobile par la digue du canal. Cette fois-ci, nous avons le vent, toujours aussi fort, de face. Côté Palavas, il y a quelques belles images bucoliques, plus loin c’est plutôt dépôt de produits de dragages.

Palavas-les-Flots : le long du canal du Rhône à Sète

Encore un peu de marche pour rejoindre le Pilou, avant le retour vers Montpellier en bus puis tramway, nos pieds disent merci aux transports en commun de la métropole.

Finalement, ce récit de notre périple occitan risque d’être plus long que prévu, je conclus ici le premier article. À suivre très prochainement.


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