Images d’antan (1873) et de maintenant

J’avais commencé à faire ce genre de rapprochement avec une photo du port d’Argenton. L’idée est de comparer les sites photographiés en 1873 par un certain J. Duclos (disponibles sur le site de la BNF) avec les paysages d’aujourd’hui. J’ai profité d’une visite dans ce beau pays d’Iroise pour compléter ma collection de photos de référence. Voici les résultats.

Pointe et abbaye de Saint-Mathieu

L'abbaye Saint-Mathieu en 1873
L’abbaye Saint-Mathieu en 1873

L'abbaye Saint-Mathieu en 2013
L’abbaye Saint-Mathieu en 2013

La pointe Saint-Mathieu en 1873
La pointe Saint-Mathieu en 1873

La pointe Saint-Mathieu en 2013
La pointe Saint-Mathieu en 2013
En farfouillant dans mes photos, j’ai déniché une prise de vue de 2007 qui correspond mieux à celle de 1873 : les premiers plans herbeux et rocheux sont plus proches

La pointe Saint-Mathieu en avril 2007
La pointe Saint-Mathieu en avril 2007

La principale évolution en 140 ans est la construction du sémaphore de la marine nationale et de ses bâtiments annexes, édifiés en 1906 au plus près de la pointe. Sinon, le phare, construit en 1835, semble en meilleur état cette année qu’en 1873 mais il faut préciser qu’il vient d’être repeint (au début de cette année, il était moins fringant !). Il y a également des maisons en plus dans le petit hameau.

Le Conquet

Le Conquet vu de Kermorvan en 1873
Le Conquet vu de Kermorvan en 1873

Le Conquet vu de Kermorvan en 2013
Le Conquet vu de Kermorvan en 2013

J’ai repris une photo du début de l’année pour faire la comparaison, car je n’ai pas eu le temps de rechercher le point exact où J. Duclos s’était mis en station. Je le ferai à ma prochaine visite. En attendant, on constate de nombreuses constructions supplémentaires en un siècle et demi. Mais, et ça ne se voit pas sur les photos, une grande différence entre la fin du XIX ème siècle et maintenant, c’est l’extension du port avec la construction de la digue Sainte-Barbe à l’entrée de la ria (débutée en 1925, elle n’a atteint sa taille actuelle qu’en 1969). Auparavant, la première jetée était celle que l’on voit sur la photo.

La pointe de Kermorvan

La pointe de Kermorvan en 1873
La pointe de Kermorvan en 1873

La pointe de Kermorvan en 2013
La pointe de Kermorvan en 2013

Pour cette photo, je pense avoir trouvé l’endroit exact (à deux cailloux près) où J. Duclos avait posé son appareil. L’évolution notable du site, c’est bien sûr la construction des blockhaus sur le site. À noter que les allemands vont détruire beaucoup de vestiges historiques sur l’ensemble de la presqu’île, dont le cromlech qui a quasiment disparu.

La tourelle de la Grande Vinotière (au large) n’était pas encore construite. Elle le sera sans tarder, et avec quelques difficultés, car les cailloux situés à cet endroit sont un danger pour l’entrée du port du Conquet (qui est situé sur la gauche).

La pointe du Minou

La pointe du Minou en 1873
La pointe du Minou en 1873

La pointe du Minou en 2013
La pointe du Minou en 2013

Je ne suis pas allé au bon endroit, ce sera pour la prochaine fois. Il faut sans doute marcher quelques dizaines de mètres sur le GR et descendre vers la mer. Mais on distingue bien entendu, en 2013, le sémaphore construit par la marine nationale, qui constitue une verrue d’autant plus insupportable qu’il est maintenant abandonné. Je ne sais pas s’il est prévu de le démolir. On parie ?

On ne le voit pas sur ma photo, mais sur la droite du site, en haut de la chaussée qui mène au phare, il y a un blockhaus qui vient gâcher le tableau (alors, un sémaphore en plus ou en moins !).

Donc, à suivre …

Callot, l’île aux souvenirs.

itinéraire du jour
cliquer sur la carte pour situer les lieux décrits dans cet article

Il y a près de cinquante ans, j’ai découvert l’île Callot lors de vacances que nous passions en famille, sous la tente, pendant quelques semaines estivales. J’en ai gardé des souvenirs de pêche, de ramassage de goémon, de promenades sans fin dans les dunes, d’escalades dans les rochers, de baignades, de bateaux.

Puis les occasions ont été peu nombreuses d’y retourner, aussi ai-je bien apprécié de le faire voici quelque temps lors d’une promenade qui nous avait menés auparavant à Roscoff pour déguster quelques crêpes (l’article de Wikipedia sur Roscoff est particulièrement bien documenté).

Roscoff : le cadran solaire sur le mur sud de l'église
Roscoff : le cadran solaire sur le mur sud de l’église

Roscoff : une clef de voûte originale dans le porche de l'église
Roscoff : une clef de voûte originale dans le porche de l’église

Roscoff : le dragon de garde d'une maison d'armateur
Roscoff : le dragon de garde d’une maison d’armateur

Roscoff : une vielle demeure comme il y en a tant dans la ville
Roscoff : une vielle demeure comme il y en a tant dans la ville

Mais continuons notre périple …

L’île Callot jouit d’une position privilégiée en plein milieu de la baie de Morlaix qu’elle partage en deux parties, l’estuaire de la Penzé à l’ouest et la « rade de Morlaix » à l’est où aboutit la rivère de Morlaix (admirez la subtilité des cartographes qui placent la rade de Morlaix comme un sous-ensemble de la baie de Morlaix). L’île est située au large de Carantec, petite cité balnéaire et familiale,  dont elle fait partie administrativement.

Sur la carte du GéoPortail, une route semble relier le continent à l’île en permanence, mais il n’en est rien. Presqu’île lorsque la mer descend, Callot n’est accessible à pied sec par une chaussée submersible qu’à certaines heures, en gros de deux heures avant la marée basse jusqu’à deux heures après. Mais cette durée dépend du coefficient de la marée. Il faut donc se montrer patient si l’on veut s’y rendre en voiture.

La chaussée pour se rendre sur l'île Callot
La chaussée submersible pour se rendre sur l’île Callot

Pour ceux qui sont pressés, il existe un itinéraire par les bancs de sable qui constituent la véritable passe entre l’île et le continent (c’est la Passe aux moutons) et que l’on voit sur la photo ci-dessous au niveau des deux petites îles à gauche. Par là, on gagne un peu de temps car le chemin est découvert pendant six heures, mais il faut connaître, les risques d’enlisement ne sont pas négligeables. Alors, mieux vaut se renseigner pour arriver au bon moment et emprunter la chaussée carrossable. Et surtout pour éviter ça (article dans Le Télégramme) !

Sur cette image aérienne du GéoPortail, on distingue nettement les deux passages possibles : le direct et la Passe aux Moutons (à gauche par le petit îlot)
Sur cette image aérienne du GéoPortail, on distingue nettement les deux passages possibles : le direct et la Passe aux Moutons (à gauche par le petit îlot)

Depuis quelques années, la circulation des voitures est limitée sur l’île et les visiteurs doivent abandonner leur véhicule dans deux parkings aménagés. Bonne mesure (ça n’existait pas de mon temps !) qui permet de profiter d’un environnement plus calme. Seuls les riverains peuvent circuler.

L’article de wikipedia consacré à Carantec nous précise : « L’île Callot, accessible depuis le continent par une chaussée submersible qui permet de franchir la « Passe aux moutons », s’étend sur 2,125 km de long et mesure de 150 à 300 m de large. L’île est composée de deux îlots de granite reliés par un cordon dunaire. C’est une terre pleine de charme qui est essentiellement constituée de petites criques, de dunes, d’ajoncs, de champs et de pâturages et qui offre aussi des plages. La pointe nord permet de découvrir enfin un paysage partagé entre les dunes sauvages et les ensembles de massifs granitiques battus par les vagues. Le granite de l’île Callot, réputé pour sa qualité et sa quantité a servi pour la construction de nombreux monuments de la région dont le Château du Taureau, la Manufacture des tabacs de Morlaix, les églises de Henvic, Taulé, Guiclan, Plouezoc’h et les traces des anciennes carrières demeurent visibles. »

Le coeur de l’île, c’est la chapelle dédiée à Notre-Dame de Callot, en breton Itron Varia ar Galloud, ce qui signifie Dame Marie de toute puissante. Voila l’origine du nom Callot et aussi pourquoi la statue de la Vierge dans la chapelle est sous-titrée Virgo Potens (Vierge toute puissante). Le clocher de la chapelle est inscrit aux monuments historiques depuis 1914, mais pas le reste du bâtiment :

« Le clocher de la chapelle se compose d’une tour à parements unis avec un campanile accessible par un escalier circulaire et dont la balustrade d’appui est portée en encorbellement, formant en quelque sorte le départ de ce campanile à jour dont les piliers parallèles constituent le beffroi des cloches. »
La chapelle ND de Callot et son clocher inscrit aux monuments historiques
La chapelle ND de Callot et son clocher inscrit aux monuments historiques
Au sommet de l'île, la chapelle ND de Callot domine tout le paysage
Au sommet de l’île, la chapelle ND de Callot domine tout le paysage
Un résumé de l'hisoire de l'île à droite en français
Un résumé de l’hisoire de l’île à droite en français. Le texte en breton à gauche raconte autre chose : selon cette inscription, le pape Grégoire VI accorda en 1840 une indulgence plénière aux fidèles qui se confessent et communient dans la chapelle Notre-Dame-de-Callot.
L'intérieur de la chapelle
L’intérieur de la chapelle. Les boiseries seraient classées depuis 1994, mais je n’en ai pas trouvé trace.

Nous poursuivons la balade sous un temps nuageux, ce qui donne un ciel « cramé » sur les photos. Le traitement des images en « raw » permet de récupérer un peu de matière, mais c’est au détriment du bruit de luminance car j’ai du fermer un peu le diaphragme pour éviter la surexposition du ciel.

Séquence émotion : le bateau, c'est l'"Oiseau des îles" sur lequel je suis, jadis, allé à la pêche.
Séquence émotion : le bateau, c’est l' »Oiseau des îles » sur lequel je suis, jadis, allé à la pêche. Il doit être remisé là depuis longtemps …

C’est triste, un bateau qui meurt, mais ça donne de belles images de textures et de belles couleurs …

Détails d'écailles
Détails d’écailles
Les plantes à l'assaut de la coque du moribond
Les plantes à l’assaut de la coque du moribond

Mais le temps passe et nous devons continuer notre route : retour donc vers le parking et la voiture qui nous attend sagement.

Un dernier panoramique avant de quitter l’île : pas de souci pour rejoindre le continent, la mer est au plus bas, la chaussée sera bien dégagée et presque sèche !

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Que de baignades sur cette plage bien abritée quand le vent souffle de l’ouest. Sinon, on se baigne sur celle située de l’autre côté du cordon dunaire, face à Saint-Pol-de-Léon.

Après avoir quitté Carantec et longé la rivière de Morlaix par la route dite « de la corniche », nous reprenons la voie express en direction de l’ouest. Mais au premier échangeur, nous faisons une petite halte à Saint-Thégonnec pour admirer ce qui est sans doute un des plus beaux enclos paroissiaux de la région (quoique ! celui de Pleyben est assez bien aussi).

L'enclos paroissial de Saint-Thégonnec
L’enclos paroissial de Saint-Thégonnec
Je ne sais pas qui c'est, mais ils étaient beaux sous le soleil qui se montrait enfin
Je ne sais pas qui c’est, mais ils étaient beaux sous le soleil qui se montrait enfin

Petit nota bene : je suis tombé par hasard sur une thèse de 1975 relative à l’Étude morphologique et sédimentologie de l’île Callot en Carantec (Finistère). Très instructive bien sûr et aussi révélatrice des progrès effectués depuis 40 ans dans la présentation des documents ! (je ne me prononce pas sur le contenu qui m’échappe complètement).

1975 – Auteur(s) : Loarer Ronan
Résumé : Partant de l’originalité de la position charnière de l’île Callot dans la baie de MORLAIX, l’étude est centrée d’une part sur la morphologie des renflements et autres affleurements rocheux formant l’épine dorsale de l’île et d’autre part sur la sédimentologie des accumulations de l’île et de la « Passe ».
La nature et les causes de l’évolution des pointements rocheux et des isthmes les réunissant ainsi que l’ensemble complexe des accumulations séparant Callot du continent sont détaillés.
Une reconstitution chronologique est proposée en conclusion. 

 

Photos et iPhone

Depuis que j’étrenne mon iPhone, je ne peux pas m’empêcher d’utiliser la fonction « panoramique » de son appareil photo. Je la trouve très efficace et bien pensée : on prend la photo comme si on réalisait un panoramique vidéo en balayant le paysage de gauche à droite. Une flèche sur l’écran guide le mouvement. L’appareil se débrouille pour découper le mouvement de rotation en photos successives qui sont automatiquement assemblées. Le montage est généralement bien fait pour peu que le mouvement ait été fait de manière régulière sans trop déraper du trajet de la flèche.
Voici deux exemples récents :

La presqu’île de Kermorvan vu depuis le port du Conquet
photo_3_DxO
Position : N 48.360084, W 4.778452

La pointe de Corsen avec, sur la droite, le CROSS Corsen et devant, l’ombre du photographe !
photo_1_DxO
Position : N 48.414533, W 4.795339. C’est la pointe la plus occidentale de la France métropolitaine.

Bon ! il y a des défauts, les images sont un peu bruitées mais c’est la faute aux basses lumières que l’appareil a compensées en augmentant la sensibilité. Et puis, le pavage du quai est un peu zigzaguant sur la gauche. Bien sûr, avec Photoshop et Photomerge, on aurait pu faire sans doute mieux, mais cela aurait demandé beaucoup plus d’effort, comme ci-dessous avec ce panoramique du Nez de Jobourg (Canon 600d et Photomerge sur deux photos).

nez_de_jobourg

Position : N 49.671822, W 1.941104

Nota : les positions sont données en « système géographique » et en degrés décimaux. Ce système correspond sur le GéoPortail au système légal du RGF 93 et sur d’autres sites comme Google Maps au WGS 84. A peu de choses près, on obtient les mêmes valeurs.

Pourquoi je suis passé au format RAW ?

Jusqu’au milieu de cette année, je  faisais mes photos en JPEG avec le sentiment de passer parfois à côté de quelque chose, en lisant les conseils et expériences de photographes aguerris tous favorables au format Raw. Ma réticence tenait à deux raisons principales :

– la place occupée par des fichiers de plus 20 Mo pièce,

– la nécessité d’acquérir une compétence dans le développement des fichiers Raw pour pouvoir exploiter à minima ses photos.

Donc, comme le jeu ne me paraissait pas en valoir la chandelle étant donné mon niveau photographique, je me contentais de tirer en JPEG et cela me convenait parfaitement. Tout cela, c’était avant que je découvre Lightroom et son flux de travail absolument génial : l’original de la photo n’est jamais modifié, tous les traitements sont simplement enregistrés et « rejoués » à chaque appel de la photo. Donc, ça libère de la nécessité de jongler avec des versions plus ou moins modifiées et améliorées.

De plus, Lightroom dispose d’un module de développement intégrant Camera Raw et très bien pensé en terme d’ergonomie et de performances. Cela m’a incité à aller voir comment tout cela fonctionnait et à me faire mon idée personnelle sur la question.

Quelques essais plus tard, je n’avais plus aucun doute sur l’intérêt du Raw en raison des traitements et des « rattrapages » possibles et comme tout cela rentrait dans le cadre d’un flux de travail très opérationnel avec Lightroom, j’ai franchi le cap.

Et comme ça me prend beaucoup plus de place sur les disques durs, eh bien ! je fais plus de tri à chaque séance.