Delacroix et Silvestre au Louvre

Depuis le mois de mars, Le Louvre propose deux expositions très contrastées, la première sur Eugène Delacroix, peintre dont la renommée n’est plus à faire, la seconde sur Israël Silvestre, dessinateur et graveur, dont les dessins n’ont jamais été présentés au public.

La suite en images.

exposition Eugène Delacroix

Eugène Delacroix

L’exposition sur Delacroix s’intitule sobrement Delacroix (1798-1863), ce qui  pourrait dénoter un manque d’imagination de la part des commissaires de l’exposition mais exprime plus simplement qu’il s’agit d’une rétrospective de toute sa carrière sans focus particulier sur un aspect ou l’autre de son œuvre.

Comme d’habitude, c’est l’occasion d’en connaître un peu plus sur le peintre et son cheminement artistique. Eugène a démarré très fort sa carrière, motivé par les difficultés financières auxquelles sa famille a du faire face, influencé par Géricault et doué d’un talent indéniable.  Sa renommée va croître rapidement jusqu’à ce qu’il devienne un monument national, quasiment « panthéonisé » lors de l’exposition universelle de 1855. Paradoxalement, la production de ses dernières années sera plutôt mal comprise, trop personnelle sans doute.

Sur ses vieux jours, critiqué lui-même, il fut aussi critique vis-à-vis du courant réaliste dont Gustave Courbet était un représentant. Pour Delacroix,  l’artiste devait créer en puisant dans sa mémoire, ce qui avait en outre le mérite d’embellir les choses.

Certaines peintures ont simplement (!) été descendues des autres ailes du Louvre où on peut les admirer en permanence, sauf l’immense Sardanapale qui ne passe plus par les portes ! Mais beaucoup des œuvres exposées proviennent d’autres musées, voire de collections particulières. Malgré cela, pas de limitation sur la prise de photos, sauf de rares indications contraires, ce qui est très bien (je crois qu’il y a un tableau que je n’aurais pas du photographier mais le coup est parti tout seul).

J’ai été un peu surpris de ne pas voir évoqué le travail qui a beaucoup occupé ses dernières années, celui de la décoration de la chapelle des Saint-Anges à Saint-Sulpice. Mais, bon!, je vous en ai déjà parlé. De plus, le musée Delacroix (qui dépend du Louvre) organise lui-même une exposition sur le sujet : Une lutte moderne, de Delacroix à nos jours. Tous les documents sur ce sujet doivent être partis rue de Fürstenberg …

Israël Silvestre

L’exposition sur les dessins de Silvestre s’intitule La France vue du Grand Siècle – Dessins d’Israël Silvestre (1621-1691).  La genèse de cette exposition est fort différente de celle de Delacroix. En effet, si les travaux de graveur de Silvestre ont été largement diffusés, jusqu’à aujourd’hui (ah bon ?), ses dessins ne sont pas très connus et cette exposition est une première.

La vidéo de la conférence de présentation explique que beaucoup de ses dessins étaient conservés depuis le 18ème siècle dans un album constitué bien après la mort de Silvestre et acquis par le Louvre.  Or le musée n’expose pas ce type de support. Mais un examen plus minutieux a récemment montré que cet album ne présentait pas un intérêt artistique majeur, que les dessins n’y étaient pas mis en valeur et qu’ils se dégradaient. Aussi la décision a été prise d’extraire tous les dessins pour les restaurer, tout en conservant bien entendu la mémoire de la construction de l’album.

Ce qui permet aujourd’hui d’exposer les dessins restaurés.

exposition Israël Silvestre – Vue du Forum depuis le Colisée – vers 1663-1664

Vers la fin du parcours, sont exposées deux superbes vues prises en vol par des drones du 17ème siècle au-dessus du château de Versailles. Longtemps considérées comme un travail d’Israël Silvestre, elles ont été récemment attribuées à Adam Pérelle, autre dessinateur et graveur français de l’époque. Mais comme ces dessins sont très beaux, on peut tout de même les montrer !

exposition Israël Silvestre – atribué à Adam Pérelle – Vue générale de la ville, château et jardin de Versailles
exposition Israël Silvestre – atribué à Adam Pérelle – Vue de Versailles du côté des écuries

Pour en (sa)voir plus :