Il y a des villes comme Florence qui portent le voyageur …

J’emprunte à Albert Camus cette idée de titre : « Il y a des villes comme Florence, les petites villes toscanes ou espagnoles, qui portent le voyageur, le soutiennent à chaque pas et rendent sa démarche plus légère. »

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Il ajoutait : « D’autres qui pèsent tout de suite sur ses épaules et l’écrasent, comme New York, et il faut y apprendre peu à peu à se redresser et à voir ». Pas de doute, un prix Nobel  de littérature sait trouver les mots justes et simples pour exprimer des sentiments, des impressions qui deviennent alors universels.

C’est bien comme cela que nous avons apprécié Florence, éblouis par toutes les oeuvres d’art que nous avons contemplées mais également séduits par la douceur de vivre et la gentillesse des Florentins, en un mot portés par la ville.

Jeudi 5 mars 2015

Pourtant, nous avons eu un doute sur le bon déroulement du voyage en enchaînant les petites contrariétés dès le matin à Paris : oubli de l’iPhone à la maison (sans iPhone que deviendrions-nous en voyage ?), retard dans le RER B (bon ! on sait que ça arrive tous les jours, mais c’est agaçant), et enfin, vraiment inquiétant, le vol Air France pour Florence qui ira à Bologne, en raison d’un vent trop fort qui balaye l’aéroport de Peretola dans une mauvaise direction. Comme on n’a pas vraiment le temps de faire pivoter les pistes, direction l’Émilie-Romagne au lieu de la Toscane.

Bologne Florence par la route et par la montagne
Bologne Florence par la route et par la montagne

On pourrait se dire (je me le suis dit) que s’il y a du vent à Florence, il y en a aussi sûrement à Bologne, distante de moins de 90 kilomètres. Mais vérifications faites, il y a deux raisons pour lesquelles ce détournement peut s’avérer efficace :  d’abord, entre les deux villes, il y a une chaîne de montagnes (les Apennins) qui peut essouffler ou détourner le vent, ensuite les pistes des deux aéroports sont presque perpendiculaires, ce qui résout le problème de l’orientation (ça me fait penser à cette dame qui avait écrit à un DDE – les plus vieux comprendront – pour se plaindre que les routes étaient construites face au soleil).

Finalement, tout s’est bien passé (en plus, l’Airbus était presque vide) et, après une traversée de la montagne enneigée en car, nous arrivons à l’aéroport de Florence (eh oui ! les cars atterrissent aussi) vers 14h30 au lieu de 12h, ce qui ne fait pas un grand retard. Taxi, puis hop, nous voici à Florence devant notre palazzo magnifiquement situé au centre ville, dans lequel nous avons loué un appartement très sympathique.

Pour que vous puissiez vous repérer, j’ai fait un petit plan qui montre les endroits essentiels de notre séjour (les numéros de 1 à 7 localisent dans l’ordre chronologique les restaurants que nous avons fréquentés, autant vous dire que nous n’avons pas été adeptes du street food).

Principaux lieux visités et fréquentés à Florence
Principaux lieux visités et fréquentés à Florence

En attendant de prendre possession du logement, nous allons nous restaurer à la pizzeria-en-face Lo Spuntino (N°1 sur le plan, pas très original, mais efficace) puis nous faisons une courte balade en direction de la place du Duomo, que nous atteignons rapidement car les distances sont courtes dans le centre ville. Premier choc, première émotion devant la façade de la cathédrale Santa Maria del Fiore, que l’on appelle plus couramment le Duomo (rien à voir paraît-il avec le dôme monumental qui fait sa célébrité, Duomo viendrait de « Dom » qui veut dire la maison).

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Le baptistère est en travaux, mais il est entouré d’une bâche reproduisant plus ou moins son apparence normale. Le fameux dôme semble gigantesque et l’assemblage de marbres blancs, verts et rouges qui tapissent la cathédrale et son campanile confère un caractère irréel à l’ensemble.IMI_1532IMI_1535Après avoir déposé les valises à l’appartement, nous repartons à travers les rues du centre ville qui sont en zone piétonne pour une bonne partie d’entre elles, avec l’intention d’aller jusqu’à l’Arno et le Ponte Vecchio. Le ciel se dégage, et le soleil commence à briller, teintant les monuments et les immeubles de couleurs chaudes.

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Le dôme toujours visible
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Sur la piazza di Santa Maria Novella, la basilique du même nom.

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Nous arrivons sur les rives de l’Arno alors que le soleil est déjà bas sur l’horizon. Le Ponte Vecchio est visible un peu en amont, les palais se reflètent dans les eaux calmes du fleuve, quelle douceur !

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Le palais Spini Feroni est reconnaissable à ses créneaux très … décoratifs, à défaut d’être défensifs

Puis, nous arrivons au ponte Vecchio, qui est le seul pont couvert de Florence ayant survécu aux destructions de la guerre. C’est un des symboles de Florence, le lieu de rendez-vous des touristes et accessoirement une galerie marchande de boutiques de joailliers et de bijoutiers.

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Le Ponte Vecchio est un haut lieu du tourisme et de la joaillerie de luxe

Au-dessus des boutiques des bijoutiers, le Corridor Vasari permet de traverser le Ponte Vecchio en restant à l’abri des la pluie, du soleil et des regards. Les Médicis l’empruntaient pour aller de la Galerie des Offices au Palais Pitti sans se mêler au peuple et sans humer les odeurs déplaisantes qui s’élevaient des boutiques de bouchers qui occupaient le pont à l’origine. Le corridor est actuellement fermé au public mais il contient, paraît-il, beaucoup d’oeuvres d’art.

Sur la photo, on aperçoit 3 fenêtres panoramiques qui viennent interrompre la ligne de petites fenêtres : elles ont été percées à l’occasion de la visite de Hitler à Mussolini en 1939.

Allez, le plus simple est encore de regarder ce reportage sur Vimeo : Le Ponte Vecchio et le Corridor Vasari.

Waterloo Arch 392 Precedent 01 Ponte Vecchio and the Vasari Corridor from J. Phan on Vimeo.

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Le Corridor Vasari à l’extrémité du Ponte Vecchio …
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… mais il se poursuit rive gauche jusqu’au Palais Pitti.

Sur l’autre rive, nous découvrons un autre point de vue sur le Ponte Vecchio et le ciel se pare de couleurs qui augurent de lendemains lumineux (« rougeur du soir, signe d’espoir »).

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Le Corridor Vasari franchit, en hauteur, la rue qui longe le fleuve pour pénétrer dans la Galerie des Offices, nous suivons son trajet.

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La Galerie des Offices s’étire sur plusieurs niveaux tout autour de la place du même nom (on dit aussi un « cortile », une cour entourée d’arcades).

Il est 18 heures passées, le musée n’accepte plus de visiteurs et va bientôt fermer, nous reviendrons car c’est un des objectifs majeurs de notre séjour.

Tout près, la Galerie des Offices débouche sur la Plazza della Signoria où l’on peut accéder au Palazzo Vecchio surmonté d’une immense tour de guet qui domine toute la ville. C’est l’Hotel de Ville de Florence et il a acquis ce nom de « vieux » (vecchio) lorsque les Médicis l’ont abandonné pour s’installer au Palais Pitti (où ils allaient en empruntant le Corridor Vasari, il y en a qui ne suivent pas !).

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La tour de guet du Palazzo Vecchio

Comme c’est un bâtiment administratif, on peut y entrer même si de nombreuses salles sont réservées aux visites payantes. Mais nous pouvons admirer la première cour (ou cour de Michelozzo) et ses décors peints impressionnants.

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Sur la place, se déroule une manifestation des artistes qui protestent contre quelque chose … Nous continuons notre route et, bien qu’il soit un peu tôt et que nous ayons déjeuné assez tard, nous décidons de trouver un restaurant parce que la fatigue commence à nous gagner.

C’est le Coquinarius, resto – bar à vins qui nous attire (n°2 sur le plan) : les filles prennent un immense plateau de charcuterie et fromages, je me régale de crostini, le tout arrosé d’un généreux Vino mobile de Montepulciano, fort justement choisi par Lili.

Puis retour par la place du Duomo, qui a été presque désertée par les touristes.

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Le campanile que nous avons l’intention de visiter dès demain
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la cathédrale et son dôme paraissent encore plus imposants de nuit
Détail du parement de la cathédrale et du campanile, étonnant assemblage de marbres polychromes
Détail du parement de la cathédrale et du campanile, étonnant assemblage de marbres polychromes

 (à suivre …)

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