Giorgio Vasari est un peintre, architecte et écrivain toscan du 16e siècle, considéré comme un des premiers historiens de l’art pour avoir écrit et publié un monumental recueil biographique Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes consacré à plus de 200 artistes, pour la plupart florentins, ayant marqué la vie artistique depuis la fin du 13e siècle.

Quand on visite Florence, c’est son œuvre d’architecte qui retient l’attention plus que sa peinture, avec notamment le fameux Corridor Vasari qui permettait aux Médicis de relier le palazzo Vecchio et le palais Pitti en traversant l’Arno, au-dessus du Ponte Vecchio.

Le Corridor Vasari à l’extrémité du Ponte Vecchio

Il est également le concepteur de l’ensemble urbain composé du Palais des Offices prenant place autour d’une loggia intérieure bordée d’arcades et reliant le Palazzo Vecchio à l’Arno.

Le piazzale des Offices

Mais c’est à un autre aspect de ses activités que le Louvre nous convie jusqu’au 18 juillet pour découvrir l’histoire, et même la destinée, de son mythique Livre des dessins. En lien avec la rédaction de sa seconde édition, Giorgio Vasari collectionne de nombreux dessins destinés à l’illustrer, dans une véritable démarche d’historien : Vasari ne cesse de mentionner qu’il possède dans son Livre des dessins des feuilles de l’artiste dont il est en train de rapporter la biographie et l’œuvre, et décrit certaines d’entre elles avec plus ou moins de précision. Mais les cas dans lesquels il a été possible de leur faire correspondre une œuvre conservée de nos jours sont relativement rares.

En effet, le Libro de’ disegni disparaît quelques jours après la mort de Vasari. Les grands collectionneurs et connaisseurs des 17e et 18e siècles ont tous rêvé d’acquérir et cru qu’ils possédaient des dessins du Libro. Le plus célèbre de tous, Pierre-Jean Mariette, fut à la source d’une tradition historiographique qui voyait dans un certain type de montage, ornemental et architecturé, le signe de l’appartenance passée d’une feuille au mythique recueil. Mais on sait depuis le milieu du 20e siècle que ce type de montage peut correspondre à une autre collection de dessins, amassée par le richissime Niccolò di Sinibaldo Gaddi et ordonnée sur le modèle du livre des Vies de Vasari et son livre des dessins. Après sa mort, cette collection sera, elle aussi, dispersée.

C’est donc une constante de l’histoire de l’art, la dispersion des collections patiemment recueillies par des passionnés, ce qui permet aux héritiers de palper quelques sous supplémentaires et aux historiens de travailler pendant les siècles futurs à leur reconstitution.

Bref ! De très beaux dessins et une histoire (une destinée ?) pas encore complètement écrite. Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris ce qui appartenait réellement au Libro, mais c’est une exposition à ne pas manquer car de telles présentations de dessins ne sont pas si fréquentes.


Pour comprendre un peu mieux cette histoire de Libro, de montages, de collectionneurs, n’hésitez pas à consulter le dossier de presse de l’exposition.

Expo Giorgio Vasari – Le Livre des Dessins

2 commentaires

midolu · 24 juin 2022 à 19 h 00 min

Merci, c’est très beau ! Comme je ne pense pas pouvoir profiter de l’exposition, j’ai téléchargé le dossier de presse que vous avez mis en lien. Bonne fin de semaine.

    micmac · 24 juin 2022 à 19 h 08 min

    Merci pour votre passage sur mon site. Bonne fin de semaine aussi à vous.

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