Le bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes est l’occasion d’une grande exposition à la BnF consacrée à Jean-François Champollion. C’est en 1822, à peine âgé de 32 ans, qu’il publie la Lettre à monsieur Daciersecrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, lui annonçant le déchiffrement de l’écriture égyptienne. La Lettre est le fruit d’une étroite collaboration avec son frère aîné, Jacques-Joseph Champollion, savant lui aussi, dont le rôle fut primordial dans le destin scientifique de Jean-François.

Exposition L’Aventure Champollion – Léon Cogniet – Portrait de Jean-François Champollion – 1831 ?

L’exposition est une exposition de bibliothèque, c’est-à-dire faisant la part belle au cheminement intellectuel de Champollion tout au long de son « aventure » égyptienne, ses manuscrits, ses lettres, ses dessins, les livres qu’il a publiés ou qui ont été publiés après sa mort prématurée à 42 ans, comme sa Grammaire égyptienne.

L’exposition s’adresse aussi à un jeune public, avec des dispositifs tactiles et ludiques, ainsi qu’un livret-jeu à remplir en famille, et je trouve cela très bien que l’on intéresse les jeunes à l’écriture et à sa passionnante histoire.

Pas de Champollion sans Pierre de Rosette bien sûr. Même si l’original est au British Museum, on peut ici en admirer une « empreinte ». Ce fragment de stèle a joué un rôle important dans le déchiffrement des hiéroglyphes par Champollion, surtout en lui faisant comprendre que les hiéroglyphes peuvent être des caractères phonétiques nécessaires pour écrire les mots et non pas seulement des symboles idéographiques. Il avait fallu auparavant comprendre que les trois registres d’écriture (hiéroglyphique, démotique et grec ancien) correspondaient au même texte, ce qui n’avait rien d’évident lors de sa découverte en 1799.

Exposition L’Aventure Champollion – Empreinte de la pierre de Rosette

Mais l’aventure égyptienne de Champollion ne se résume à la résolution de cette énigme et c’est bien le mérite de l’exposition de nous montrer comment l’examen approfondi de milliers de monuments et de documents a conduit progressivement Champollion non seulement à déchiffrer l’alphabet hiéroglyphique mais également à reconstituer toute la grammaire de la langue égyptienne. Il est intéressant de contempler en vis-à-vis l’objet original et le dessin qu’en fit Champollion ou les artistes qu’il sollicita.

En parallèle, la lecture redevenue possible des textes anciens a permis au jeune savant de décrire le Panthéon égyptien, dictionnaire des dieux de l’Égypte pharaonique que l’on croyait à l’époque dérivés des dieux grecs anciens. En effet, jusqu’alors, l’Égypte ancienne était vue comme une sorte de colonie de la Grèce antique. Le déchiffrement de l’écriture a également permis de reconstituer l’échelle de temps des différentes dynasties.

Les pièces exposées sont pour la majeure partie issues des fonds de la BnF : manuscrits, imprimés, estampes, photographies, peintures, papyrus, sculptures et monnaies. Le musée du Louvre et le museo Egizio de Turin ont consenti des prêts permettent de mettre en regard certains de ces documents et les œuvres originales.

Les différentes affiches de l’exposition sont issues du Panthéon égyptien, l’image en exergue est un détail de l’une d’entre elles.

C’est une très intéressante exposition, très pédagogique tout en soulignant le talent artistique des anciens égyptiens et des nouveaux archéologues qui ont contribué à la mise en lumière de cette fabuleuse civilisation. À voir jusqu’au 24 juillet 2022.


Pour en savoir plus :

Buste de Jean-François Champollion et son inscription en hiéroglyphes

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