Saint-Germain-en-Laye, son château, sa terrasse, sa forêt

Publié par micmac le

Après le périple vélocipédique qui nous a menés jusqu’ici, place à la découverte des charmes de Saint-Germain-en-Laye où nous avons prévu de passer deux jours. Avant de rejoindre l’hôtel, un détour s’impose par la grande terrasse qui borde le parc du château et d’où la vue sur l’ouest parisien est assez superbe.

Vue panoramique depuis la grande terrasse, à gauche le quartier de La Défense, à droite, le Mont Valérien et la Tour Eiffel

Longue de plus de deux kilomètres (mille toises du Châtelet ?), appréciée par les promeneurs et les joggeurs, elle a été aménagée à la fin du 17e siècle par André Le Nôtre à la demande de Louis XIV qui n’avait pas encore décidé de déménager à Versailles.

Belle perspective dont nous profiterons de plus près demain quand nous ferons notre randonnée dans la forêt. Pour l’instant, après avoir déposé nos affaires à l’hôtel et garé nos vélos en toute sécurité, nous partons visiter la ville et ses quartiers anciens, en saluant en premier lieu le château dont l’architecture Renaissance, souvent retapée au cours des siècles, est assez fidèle aux vœux initiaux de François 1er.

Le Château Vieux de Saint-Germain-en-Laye

L’édifice que l’on voit là est le Château Vieux, par opposition au Château Neuf qui fut construit par Henri IV en bordure du plateau qui domine la Seine, trois cents mètres plus à l’est (en gros dans l’alignement de la grande terrasse). Les avatars de l’histoire et la Révolution ont eu raison de ce château neuf, dont il ne reste qu’une ou deux constructions, dont le pavillon Henri IV qui abrite de nos jours un hôtel-restaurant gastronomique.

C’est donc le château vieux qui a survécu, et son élément le plus remarquable est sans conteste la Sainte-Chapelle construite du temps de Saint Louis, donc au début du 13e siècle. Elle est une préfiguration de ce que sera la Sainte-Chapelle de Paris une dizaine d’années plus tard.

La Sainte-Chapelle

Nous musardons dans les rues du vieux Saint-Germain, jalonnées de belles bâtisses et de nombreux commerces. Claude Debussy, enfant du pays, est célébré comme il se doit.

Il est bientôt l’heure de s’arrêter pour un apéritif en terrasse dans la Cour Larcher et un dîner dans un sympathique et original restaurant italien, le Nicoletta.

Le lendemain matin, nous partons pour une randonnée pédestre de 8 à 9 kilomètres dans la forêt en suivant un itinéraire qui nous fait parcourir la grande terrasse dans sa totalité. Puis nous passons devant le Château du Val (une résidence hôtelière), traversons quelques étoiles (des carrefours en … étoile) puis rejoignons la Mare aux Canes avant de revenir vers le centre ville.

Petit tour en ville pour choisir un restaurant pour le déjeuner : nous choisissons la Cantine de Marius qui nous procure une halte de bonne qualité, juste en regard de la façade sud du château, dans laquelle la Sainte-Chapelle s’intègre parfaitement.

Le château de Saint-Germain est constitué de quatre ailes disposées en quadrilatère autour d’une cour intérieure en forme de trapèze. C’est, depuis le Second Empire et sa restauration par Eugène Millet, un musée consacré aux « antiquités celtiques et gallo-romaines », devenu aujourd’hui musée d’Archéologie nationale. Il n’y a personne en vue aux abords et dans le château, nous nous acquittons donc de deux billets d’entrée pour en effectuer la visite. C’est l’édifice en lui-même, sa cour intérieure et la chapelle palatine qui nous intéressent plus que le musée d’archéologie.

En entrant dans la cour intérieure, on est impressionné par le nombre et la régularité des nombreuses ouvertures pratiquées dans les différente ailes.

Seule la Sainte-Chapelle vient rompre cet alignement, mais avec élégance.

Sainte-Chapelle du château de Saint-Germain-en-Laye

La visite de la chapelle permet de découvrir un bel exemple d’art gothique. Si l’on est attentif, on s’aperçoit que les fenêtres vues de l’extérieur (photo ci-dessus ou les photos précédentes de la chapelle) sont rectangulaires et non pas en forme de voûtes comme c’est le cas habituellement. Un dispositif de construction, visible à l’intérieur, permet cette originalité, sans doute voulue pour affiner les murs extérieurs et faire rentrer plus de lumière.

Sainte-Chapelle du château de Saint-Germain-en-Laye

On voit que les voûtes de la structure reposent sur des piliers intérieurs et que ce sont des murs à l’arrière de ces piliers qui portent les vitraux. Ceux-ci peuvent donc être rectangulaires et plus hauts que les voûtes intérieures car les murs, libérés des contraintes de la structure, ne sont quasiment que des éléments de décoration. On note aussi dans les soubassements des arcatures fort élégantes jouant sur cet espace entre les piliers intérieurs et les murs extérieurs.

Du grand art !

Château de Saint-Germain en Laye – La chapelle palatine, œuvre essentielle du gothique rayonnant

Louis IX (futur Saint Louis 1214-1270) a financé de 1234 à 1238 la chapelle pourtant refaite par son grand-père Philippe-Auguste.
Son objectif fut d’abord d’y conserver les reliques de la Passion du Christ, acquises en 1237 de Baudouin II, Empereur de Constantinople.
Son maître-maçon, anonyme, concepteur en 1231 de l’abbatiale et nécropole royale de Saint-Denis (actuelle cathédrale de la Seine-Saint-Denis) était l’un des génies de l’époque gothique. Il mit au point la cage de verre, propre au style « rayonnant ». Le mur est dédoublé, pour disposer en paroi externe de vitrages remplaçant les murs jusque dans leurs coins supérieurs.

L’édifice prend l’aspect d’une chasse gigantesque. Les voûtes ne portent que sur les arcs et les gracieux faisceaux de colonnettes internes. Les contreforts extérieurs sont traversés par une coursière qui complète le passage intérieur, au-dessus de l’arcature détachée du mur.
Grâce à la préfabrication en carrière, la structure atteint des sommets de légèreté, de précision dans le dessin et d’ajustage de ses éléments. Cette chapelle palatine préfigure la Sainte-Chapelle, bâtie de 1244 à 1248 dans la capitale, pour l’ostentation et le culte des « Saintes Reliques » comme cautions du fondement sacré du pouvoir royal.

Panneau de présentation à l’entrée de la chapelle

Nous poursuivons par la visite des salles intérieures du château, du moins celles, ouvertes au public, consacrées aux collections de l’archéologie nationale. J’avoue que cette thématique n’a pas beaucoup retenu mon attention, à tort certainement. J’étais plus intéressé par les salles elles-mêmes, toutes très joliment aménagées, les couloirs, les escaliers.

En sortant, à nouveau un petit coup d’œil sur la cour du château.

Cour intérieure du château de Saint-Germain-en-Laye

Comme vous pouvez le constater sur les photos, nous n’avons pas été gênés par la foule des visiteurs. Cela rend la découverte de ce magnifique site encore plus agréable.

Après un petit repos à l’hôtel, nous ressortons pour faire une grande balade à vélo dans la forêt, en empruntant à nouveau la grande terrasse ! Nous poussons même jusqu’à Poissy où nous avons la naïveté d’espérer pouvoir au moins admirer la Villa Savoye, réalisation de Le Corbusier. Mais il est trop tard (au moins 18h30 !) et la villa est enfermée dans un terrain bien clôturé qui ne laisse rien dépasser !

De retour à l’hôtel, nous avons la terrasse intérieure du restaurant pour nous tous seuls, les obligations sanitaires ne permettant pas semble-t-il son ouverture. Repas japonais au menu …

Le lendemain, retour vers la capitale, en utilisant la même piste cyclable le long de la Seine. Mais nous choisissons de passer par Rueil-Malmaison, l’hippodrome de Saint-Cloud et la passerelle de l’Avre pour rejoindre le bois de Boulogne.

Belle pérégrination !


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