Paris Saint-Germain, mais ce n’est pas du foot

Publié par micmac le

Je vous rassure, il ne sera pas question de foot, tout au plus nous ferons un peu de triathlon, du vélo, de la marche et une petite baignade dans l’histoire.

Première « épreuve », nous avons dirigé nos roues de vélo vers Saint-Germain-en-Laye que nous n’avions jamais visité. Après Versailles, il était temps de découvrir ce haut-lieu de notre histoire et de notre patrimoine architectural.

En vélo, le parcours de Paris à Saint-Germain-en-Laye longe la Seine en suivant l’itinéraire de l’avenue verte London – Paris, plus particulièrement sa première étape de Paris à Maisons-Laffitte, en quittant Paris le long du canal Saint-Denis.

Mais comme nous avions déjà effectué, il y a quelques semaines, la toute première section de cet itinéraire jusqu’à Genevilliers et qu’elle n’est pas spécialement agréable, nous avons préféré « couper tout droit » par le bois de Boulogne et Nanterre pour rejoindre la Seine au niveau de l’île de Chatou, appelée aussi île des Impressionnistes, voire même île Fleurie un peu en amont.

Après la très urbaine traversée de Nanterre, la piste cyclable en bord de Seine est large et confortable, tout juste faut-il contourner quelques obstacles et franchir l’entrée d’une darse du port de Nanterre avec une belle passerelle.

Arrêt pique-nique au « parc des Impressionnistes », situé en rive gauche à Rueil-Malmaison. Ce n’est pas encore l’île du même nom, mais j’imagine que la commune voulait aussi profiter de cet engouement culturel à l’occasion de l’aménagement de ce nouveau quartier.

Un peu plus loin, le pont de Chatou fait passer la piste cyclable en rive droite de la Seine, mais en son centre, un accès permet de rejoindre l’île qu’il surplombe, cette fois-ci, il s’agit bien de l’île des Impressionnistes. On tombe presqu’immédiatement sur le hameau Fournaise (photo en exergue) où est située la Maison Fournaise dont la terrasse sert de décor au célèbre tableau de Renoir, le Déjeuner des canotiers.

Cette ancienne guinguette-hôtel abrite aujourd’hui à nouveau un restaurant et le musée municipal qui conserve des collections sur l’histoire du site et du canotage, l’un des premiers loisirs modernes sur l’eau. Malheureusement, des travaux sont encore en cours et nous n’avons pas pu profiter d’une véritable pause restauratrice.

En dehors du hameau Fournaise, l’île abrite des terrains de sport, des zones vertes pour la balade et le pique-nique dominical, mais aussi un centre de recherche d’EDF. On a beau trouver ça et là des reproductions de tableaux impressionnistes peints sur le motif en ces lieux, on peine à retrouver aujourd’hui le charme qui a attiré Renoir, Manet, Sisley, Monet, Morisot …

De l’autre côté de la Seine, c’est l’église de Chatou qui accueille les visiteurs et si on fait abstraction de la route très fréquentée que le pont supporte tout de suite à gauche, on pourrait se croire à la campagne.

L’église Notre-Dame de Chatou
La façade de l’église Notre-Dame de Chatou

À partir de Chatou, la voie verte longe l’intérieur de la boucle de la Seine en empruntant une route assez large, sans doute jadis ouverte aux bagnoles et aujourd’hui limitée aux circulations douces. On passe devant quelques jolies maisons qui ne se sont pas retranchées derrière de longs murs.

Un peu plus loin, on aperçoit sur la rive d’en face les écluses de Bougival qui permettent aux péniches de passer d’un bras du fleuve à l’autre. En fait, à cet endroit, le niveau de l’eau est différent entre le bras rive droite que nous suivons et le bras rive gauche côté Bougival.

En effet, au lieu de construire un barrage en pleine largeur au travers du fleuve avec une ou deux écluses attenantes, les aménageurs ont créé un barrage sur chacun des deux bras séparés par l’île centrale, mais ces barrages sont décalés d’environ cinq kilomètres. Sans doute deux « petits »barrages sont-ils moins contraignants et coûteux à construire qu’un grand. Comme on le voit sur la photo aérienne ci-dessous, les écluses ont été positionnées à la jonction entre deux îles pour ne pas avoir à faire d’importants terrassements.

À gauche, le barrage de Bougival sur le bras rive gauche. Au centre, les écluses de Bougival. Le barrage de Chatou sur le bras rive droite est situé à 5 kilomètres vers la droite.

Donc au niveau de l’île des Impressionnistes, le niveau de la Seine n’est pas le même d’une rive à l’autre, il y a une différence de trois mètres environ ! En temps normal, pas de problème mais en cas de crue et là où seule une digue étroite retient l’eau, ça peut devenir critique.

Avant d’arriver au Pecq, au pied de Saint-Germain-en-Laye, la voie cyclable passe entre la Seine et une énorme usine d’eau potable de Suez, avec de très grands lagunages. Si j’ai bien compris, sur ce site, l’eau potable est fabriquée, non pas avec l’eau de la Seine, mais en pompant l’eau d’un aquifère dans la craie en profondeur. Et un dispositif de recharge artificielle de l’aquifère est en œuvre depuis les années 60 en utilisant l’eau de la Seine filtrée et des rejets industriels insuffisamment traités.

Arrivés au Pecq, nous trouvons qu’il est un peu tôt pour rejoindre directement Saint-Germain-en-Laye, aussi nous décidons de poursuivre jusqu’à Sartrouville (rive droite) et Maisons-Laffite (rive gauche), sept kilomètres plus loin sur la voie verte. Ce qui se fait sans problème et nous faisons une petite halte pour photographier le château de Maisons-Laffitte, chef-d’œuvre de l’architecture du 17e siècle.

Le château de Maisons-Laffitte

Nous faisons un autre halte, rafraichissante celle-là et bienvenue, dans la ville. Le patron du bistrot nous conseille, pour revenir vers Saint-Germain-en-Laye et pour éviter de trop fortes montées dans la forêt, de longer la Seine par un sentier plus sympa aux vélos.

Ce que nous faisons avec enthousiasme, du moins au début. Nous avons dû rater une bifurcation, car nous nous retrouvons à longer des grands champs de maraîchage, assez chaotiques, sur la commune du Mesnil-le-Roi. Nous croisons cependant d’autres promeneurs, nous ne sommes pas complètement à l’ouest !

Avant d’atteindre à nouveau la civilisation, nous avons la grande surprise de traverser une magnifique allée de platanes plus que centenaires, perdue au milieu de nulle part. Splendide, ça valait le coup de se tromper …

En pleine jungle mesniloise

Nous réussissons à émerger de cette nature profonde et rejoignons le cœur de Saint-Germain-en-Laye par la belle côte qui mène du pont de Pecq à la Place Royale. Nous sommes bien arrivés chez Louis !

(à suivre)


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