Les tours Duo, pas bien penchées

Publié par micmac le

Les tours Duo sont deux gratte-ciels en construction dans le treizième arrondissement, entre périphérique et Maréchaux dans l’alignement de l’avenue de France. Les tours, Duo 1 pour la plus grande des deux, et Duo 2, présentent la particularité de s’écarter l’une de l’autre en s’inclinant à partir d’un socle commun.

Sur les huit faces des immeubles, une seule est parfaitement verticale. Pas facile de dire laquelle, car cet ensemble est un cauchemar pour qui cherche le zénith. On perd facilement ses repères face à cette masse et à toutes ces parois de guingois. Et allez donc redresser une photo, les outils de Lightroom et consorts y perdent leur latin.

Tours Duo – photo non redressée, la verticale n’est pas celle qu’on croit …

Bon ! Je vous donne la réponse : la face parfaitement verticale est celle de la tour Duo 2 (photo ci-dessus à droite) qui fait face à la tour Duo 1 (on ne la voit pas sur la photo). Il faut observer attentivement le dessin des fenêtres.

C’est Jean Nouvel qui nous a pondu cet édifice, le troisième plus haut de Paris après la tour Eiffel et la tour Montparnasse. J’avoue ne pas apprécier particulièrement cette réalisation, tout est trop massif, sans élégance, trop incliné, sans équilibre ni homogénéité. Et ce n’est pas le salmigondis habituellement servi par les architectes pour expliquer leur projet qui me fera changer d’avis. Pour les tours Duo, Jean Nouvel a voulu « jouer avec les reflets, de jour comme de nuit. La légère inclinaison permettra d’aller chercher ces jeux d’optique et de multiplier les images en mouvement. Les tours se pencheront comme si elles passaient la tête par la fenêtre pour regarder la perspective de l’avenue de France. Elles dialogueront comme deux danseuses en équilibre. »

Super ! Des variations de teinte et d’inclinaison de quelques verres viennent effectivement rompre l’uniformité des parois de Duo 1 mais ça reste un peu anecdotique et cette « légère inclinaison » permet surtout de voir les bagnoles du périphérique se refléter sur la façade, histoire de multiplier les « images en mouvement » ! Quant aux « deux danseuses en équilibre », je vous invite à les chercher sur les photos suivantes prises à plusieurs étapes de la construction.

« Les tours se pencheront comme si elles passaient la tête par la fenêtre pour regarder la perspective de l’avenue de France ». Vu de l’avenue de France, pas besoin de passer la tête pour être écrasé par la perspective.

Si le but est de marquer l’entrée de Paris pour qui vient du sud-est, l’objectif est atteint. Dommage que cette borne ne soit pas plus élégante. Sur la dernière photo ci-dessous, prise depuis le pont de Bercy, je trouve que le paysage fluvial de Paris est complètement gâché par cette masse qui, vu sous cette perspective, est en totale disharmonie avec son environnement.

Peut-être que de nuit, la vue sera plus agréable !

Je suis en principe plutôt intéressé par l’architecture moderne (comme celle du quartier de La Défense que j’ai fréquenté et apprécié de nombreuses années) mais je ne réussis pas à accrocher à ces tours qui m’apparaissent mal dessinées.


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