Niels Hansen Jacobsen chez Bourdelle

Publié par micmac le

Le musée Bourdelle, de la Ville de Paris, présente les œuvres du sculpteur et céramiste danois Niels Hansen Jacobsen, dont c’est la première exposition en France. Sous l’intitulé Les contes étranges de Niels Hansen Jacobsen – Un Danois à paris (1892 – 1902), le musée présente des réalisations de l’artiste lorsqu’il séjourna à Paris à la fin du 19e siècle dans la pépinière d’artistes de la Cité Fleurie, située au 65 du boulevard Arago (toujours existante).

Musée Bourdelle – expo N. Hansen Jacobsen –

Encore un titre un peu bizarre, je ne vois pas trop de quels contes il pourrait être l’auteur, en dehors du fait qu’il s’inspira des mythes et légendes nordiques, voire de quelques contes d’Andersen. De plus, abréger son nom en N. H. Jacobsen sur l’affiche laisse croire que son prénom est Niels Hansen et son nom de famille Jacobsen, alors que celui-ci est en réalité Hansen Jacobsen. C’est une abréviation peu respectueuse …

L’artiste est assez mal connu en dehors de son pays d’origine, il n’y a même pas d’article le concernant sur le wikipedia français et il faut aller en chercher la version danoise pour trouver des informations assez détaillée sur lui, mais en danois bien entendu.

Musée Bourdelle – expo N. Hansen Jacobsen – Axel Hou – Portrait du sculpteur Niels Hansen Jacobsen – 1892

C’est dans la création de créatures fantastiques tirées du monde de la fantaisie, de la mythologie ou des concepts abstraits qu’il a réalisé ses œuvres les plus réussies. À l’instar des autres artistes symbolistes, il s’est rebellé contre le naturalisme et le réalisme qui étaient jusqu’alors l’expression dominante dans l’art. Avec les œuvres comme La Mort et la Mère, Troll qui flaire la chair de chrétiens ou L’Ombre, il a donné forme à des phénomènes abstraits et créé certaines des figures les plus étranges et les plus fascinantes de la sculpture européenne.

Wiki danois : pour la traduction, le tout est de mon cru.

L’exposition met donc l’accent sur sa période parisienne pendant laquelle il a côtoyé d’autres acteurs du symbolisme, dont certains étaient d’ailleurs ses voisins de cité, le sculpteur céramiste Jean Carriès, l’illustrateur Eugène Grasset ou le collectionneur d’art oriental Paul Jeanneney. C’est à cette époque et en ce lieu qu’il découvre la céramique.

Niels Hansen Jacobsen et sa femme, la peintre Anna Gabriele Rohde, attireront à Paris d’autres artistes danois, comme les peintres Axel Hou et Jens Lund. Nous voyons donc des œuvres de tous ces artistes et on nous en rajoute aussi de Bourdelle. Si les deux sculpteurs ne se sont pas réellement côtoyés, le musée met en avant « leurs trajectoires parallèles, quoique singulières participant toutes deux au rayonnement des cercles symbolistes », ce qui justifie de rajouter bon nombre de réalisations de Bourdelle dans l’exposition.

C’est la découverte des créatures fantastiques qui m’a paru la plus intéressante, notamment celle du Troll qui flaire la chair de chrétiens, inspirée de légendes nordiques.

Le masque est une source d’inspiration pour les artistes de la fin du 19e siècle parce qu’il est porteur d’expressions synthétiques et de symboles puissants. Niels Hansen Jacobsen a réalisé un spectaculaire Masque d’automne (qui illustre l’affiche de l’expo).

Musée Bourdelle – expo N. Hansen Jacobsen – Masque d’automne – vers 1896-1903 – Présenté à l’Exposition universelle de 1900, ce masque en céramique est une synthèse spectaculaire de folklore nordique et de « monstres fantastiques japonais », des grés asiatiques que le Danois a pu voir dans les musées parisiens et les ateliers de ses voisins.

Poursuivons la visite avec des masques et la Méduse.

Vers la fin du parcours, la tonalité des œuvres s’assombrit avec des sculptures comme l’Ombre ou La Mort et la Mère, qui s’inspirent de contes d’Andersen.

Voila, nous sommes arrivés à la fin du parcours. Assez curieusement, aucun circuit n’a été mis en place, il faut revenir sur ses pas. Avec toute cette foule, c’est parfois chaotique 😉

On peut bien sûr poursuivre la visite et baguenauder parmi les collections permanentes de ce musée que j’aime bien et que je vous ai déjà présenté.


Pour en savoir plus :


1 commentaire

Qui est Niels Hans Jacobsen? - DESSIN OU PEINTURE · 1 février 2020 à 19 h 57 min

[…] trouverez un excellent reportage ici, car mon compte rendu de l’exposition est particulièrement succinct et utilise la technique […]

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