Il y a cent ans, le naufrage de l’Afrique

Publié par micmac le

Comme le montre l’image qui illustre cet article, il ne s’agit pas d’une diatribe diplomatico-politique sur l’avenir du continent africain mais bien de la commémoration d’un naufrage qui est la pire catastrophe maritime française.

Contrairement à celui du Titanic, le naufrage de l’Afrique, paquebot de la compagnie de navigation des Chargeurs Réunis, est quasiment oublié en France – et ailleurs encore plus – malgré les 568 morts qu’il provoqua.

Donc, le 12 janvier 1920 à 3 heures du matin, le paquebot Afrique parti de Bordeaux en direction des colonies d’Afrique occidentale, Dakar, Conakry et Grand-Bassam, coulait au large des sables-d’Olonne et de l’île de Ré, en pleine tempête et après avoir subi durant plusieurs heures des avaries importantes, dont une voie d’eau qui lui a été fatale.

Localisation de l’épave de l’Afrique sur le site du SHOM : le navire ne s’est pas échoué sur le plateau de Rochebonne comme annoncé dans les premiers jours mais a heurté le bateau-feu positionné à cet endroit ce qui a aggravé ses problèmes de voie d’eau.

L’article de wikipedia consacré à l’Afrique est assez complet, notamment dans son chapitre relatant le déroulement du naufrage.

Mais on peut aussi lire, pour comparaison, les articles publiés dans la presse de l’époque. Je vous propose celui du Petit Parisien en date du 13 janvier 1920 (il est partagé entre trois pages différentes).


Les jours suivants, les journaux publient de nouveaux articles qui, petit à petit, rendent compte de l’ampleur des pertes humaines. Exemples du Petit Parisien le 14 janvier, le 15 janvier et le 16 janvier 1920.

Par contre, dès la semaine suivante, ce naufrage disparaît des journaux, remplacé par l’actualité politique dominée par l’élection du Président de la République, Paul Deschanel, par le Parlement, le 18 janvier. Paul Deschanel, vous savez, c’est ce Président qui est tombé du train et qui, profondément dépressif, a démissionné au mois de septembre suivant.

Revenons à l’Afrique : peu de survivants finalement, dont un seul passager « civil », les autres rescapés sont des membres d’équipage et des tirailleurs sénégalais. Il semble que les passagers, rendus malades par les médicaments qu’on leur avait distribué contre le mal de mer, ont eu peur et ont refusé d’embarquer sur les canots de sauvetage ( qui étaient en nombre insuffisant et dont la plupart d’ailleurs se sont brisés).

Étonnées par le nombre de tirailleurs sénégalais survivants, de bonnes âmes bien pensantes se sont demandé, bien sûr, s’ils avaient pas agressé les passagers pour prendre leurs places à bord des canots. Aucun témoignage n’est allé dans ce sens, bien au contraire.

Les familles des victimes ont entamé un procès contre la compagnie des Chargeurs réunis pour défaut d’entretien du navire mais la justice, des années plus tard a blanchi celle-ci. Des plaignants ont même été condamnés à payer des dommages et intérêts à la compagnie !


Aujourd’hui, Le Monde consacre un article au naufrage du « Titanic français ».

Les familles des disparus publient un site web, Mémoires de l’Afrique, particulièrement complet sur le sujet, mais plus mis à jour depuis plusieurs années et d’un graphisme moyen.


2 commentaires

izedah · 12 janvier 2020 à 17 h 43 min

Quel triste récit !!! merci de nous le rappeler.

    micmac · 12 janvier 2020 à 22 h 18 min

    Presqu’oubliés de tous : deux ans après l’hécatombe de la Grande Guerre, la grippe espagnole, … Un bateau se rendant aux colonies est moins prestigieux qu’un grand paquebot navigant vers les USA comme le Titanic;

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