Étrennes au Peuple

En ce dernier jour de l’année et sous un ciel lumineux, j’ai fait une petite balade à vélo jusqu’à la Maison de Balzac, qui est un musée de la Ville de Paris et que je vous ai présentée il n’y a pas longtemps.

La Maison de Balzac à Passy

Pour fêter la fin des travaux de rénovation, une exposition consacrée aux relations entre Honoré de Balzac et Jean-Jacques Grandville, grand illustrateur et caricaturiste, est organisée dans les salles ouvertes en septembre dernier.

Je ne manquerai pas de vous faire un compte-rendu de cette exposition très réjouissante, avec ses nombreuses caricatures et ses illustrations étonnantes.

En attendant, pour vous souhaiter une bonne année 2020, je partage avec vous cette estampe de Grandville appelée Étrennes au Peuple publiée le 3 janvier 1833 dans le journal La Caricature et dont le dessin préparatoire est exposé à la Maison de Balzac (en exergue de l’article).

Le peuple tente de fuir une grêle d’objets représentatifs de la répression, ironiquement qualifiés d’étrennes (la gravure parait en début d’année). En haut à gauche, la perruque et les favoris symbolisent le roi Louis-Philippe présidant à cette persécution. 

Source : cartel du dessin préparatoire

Les références à Édouard Philippe Louis-Philippe ont disparu dans l’estampe définitive. Sans doute, la crainte d’une répression féroce, qui allait déboucher deux ans plus tard, en 1835, à une loi contre la liberté de la presse.

Source : Gallica © BnF – La Caricature 3 janvier 1833

Ce document date d’une époque antédiluvienne et, bien évidemment, toute ressemblance avec des pratiques politiques actuelles (pression fiscale, répression policière, harcèlement des journalistes, réduction des aides, montée des extrêmes, foutage de gueule généralisé) n’est que pure coïncidence. Le rédacteur de cet article ne saurait être accusé d’avoir l’esprit mal tourné.

Bonne année 2020 !