Les primitifs français du Louvre

Le second niveau de l’aile Richelieu au Louvre abrite les peintures de l’Europe du Nord mais aussi quelques salles consacrées aux peintures françaises (qui se poursuivent à Sully). Parmi celles-ci, se trouve la collection des « primitifs français », datés du XVème siècle.

Les primitifs français, en peinture, n’ont pas la renommée de leurs équivalents flamands ou italiens, l’expression elle-même a été plus ou moins inventée au début du 20ème siècle pour montrer que ce passage de la peinture médiévale à celle de la Renaissance avait aussi existé dans notre pays, malgré une production d’œuvres assez limitée. Au Louvre, pas de dons, de legs ou de collections royales, le premier tableau « primitif », le mystérieux tableaux des Trois Prophètes en exergue de cet article a été acheté par le tout jeune musée national en 1799.

Acquisition suivante, le Portrait de Guillaume des Ursins ci-dessous de Jean Fouquet est entré dans les collections en 1835.

Primitifs français – Jean Fouquet – Portrait de Guillaume Jouvenel des Ursins, chancelier de France

Petit à petit, la prise de conscience de l’importance des œuvres de cette époque permit leur acquisition progressive par le musée, mettant en avant des artistes comme Jean Malouel avec sa grande Pieta ronde, Henri Bellechose avec le triptyque de saint Denis ou encore Jean Fouquet.

Primitifs français – à droite : Les Frères de Limbourg – Le Christ de piété soutenu par saint Jean l’Évangéliste en présence de la Vierge et de deux anges – vers 1405-1410 – à gauche : Attribué à Jean Malouel – La grande Pieta ronde – vers 1400
Primitifs français – Henri Bellechose – Le retable de saint Denis – bois transposé sur toile en 1852, fond d’or, achevé en 1416
Primitifs français – Jean Fouquet – Portrait de Charles VII, roi de France – vers 1445-1450

Mais, par rapport à la représentation des courants artistiques postérieurs, cette collection des primitifs français semble rester presque confidentielle. Et il n’y a même pas d’article sur les primitifs français dans Wikipedia !

N’empêche que les peintures présentées sont bien intéressantes.

Allez-y, faites un petit détour par les salles 820, 832, 834 et une ou deux autres pour parcourir en détail toute la collection. Et vous rendre compte que le terme de « primitif » appliqué aux peintures de cette époque semble un tantinet péjoratif. On devrait plutôt parler d’innovateur.

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