Les drôles de petites bêtes d’Antoon Krings au MAD

Le Musée des Arts décoratifs de Paris nous invite à une promenade dans le musée imaginaire et le jardin merveilleux d’Antoon Krings, alors même que ses premiers lecteurs dans les années 80 ont maintenant I‘âge d‘être à leur tour parents.

MAD - expo Drôles de petites bêtes d'Antoon Krings - Solange la mésange

Mireille, Léon, Benjamin, Carole, Louis, Marguerite et tous les autres : soixante-cing prénoms, et autant d’albums qui rythment vingt-cing années du travail d’Antoon Krings.

Né en 1962 dans le Nord de la France, à Fourmies, le jeune Antoon Krings passe son enfance dans le jardin de ses parents, à découvrir et admirer la nature, sa première source d’inspiration ll apprend à dessiner seul, en recopiant les plus grands maîtres comme Albrecht Dürer, poursuit avec des études de graphisme à I’école Penninghen, et commence à travailler comme designer textile chez Emanuel Ungaro. 

L’appel de l’illustration et de la littérature est cependant le plus fort, et après quelques titres pour différentes collections il inaugure son monde miniature grâce à Mireille l‘abeille (illustration en exergue de l’article).

 Les Drôles de Petites Bêtes rencontrent rapidement le succès et la ritournelle que composent leurs noms, traduits en seize langues, entre dans la culture populaire. Aujourd’hui, son œuvre constitue un jardin patiemment construit, dans lequel chaque petit animal est tour à tour mis à l’honneur.

L’artiste s‘inscrit pleinement dans l’histoire de l’art, et revendique des influences qui donnent ses lettres de noblesse à la littérature jeunesse et distinguent son travail. Les couleurs vives des premiers albums d’Antoon Krings, posées en aplats nerveux, trouvent leurs racines dans l’admiration qu’il éprouve pour les expressionnistes allemands, comme Ernst Ludwig Kirchner, Max Pechstein ou Emil Nolde. À l‘instar des Fauves, ces peintres s‘affranchissent du réalisme pour faire entrer la subjectivité et l’émotion dans la peinture. 

(Ce n’est pas moi qui ai écrit tout cela, c’est un condensé des textes de présentation de l’exposition)

L’exposition est organisée en plusieurs sections qui nous mènent successivement dans les jardins puis dans les maisons des drôles de petites bêtes. C’est à chaque étape l’occasion pour le MAD d’accrocher ses propres œuvres qui viennent illustrer ce qui inspire Antoon Krings. C’est parfois un peu artificiel, me semble-t-il, mais on ne va pas bouder le plaisir de la découverte.

Dernière étape dans l’atelier de l’artiste. Avant de quitter les lieux, je n’interroge sur l’état du décor, non pas celui des œuvres exposées, mais des pièces où elles sont accrochées : pourquoi ces murs « bruts », ces trous non bouchés, ces briques apparentes ? Est-ce le dernier chic artistique du musée des arts décoratifs ou un manque de crédits pour finir la décoration ? Je n’ose pas me prononcer !

En sortant de l’exposition, vous pourrez faire un petit tour dans les collections permanentes du MAD, elles sont très riches et variées, couvrant une période allant du 13ème au 20ème siècle.

Pour en voir plus, ma galerie photo : Antoon Krings au MAD

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