La SNCF propose des voyages « clés en main » pour faire une petite virée jusqu’au mont Saint-Michel au départ de Paris. Plus précisément c’est le réseau Nomad de transports de la région Normandie qui le fait. En semaine, un TER amène le voyageur jusqu’à Villedieu-les-Poêles puis un car Nomad prend le relai jusqu’au Mont-Saint-Michel : 4 heures de trajet au total. Au retour, même chose. Cependant le vendredi et le week-end, le TER va jusqu’à Pontorson, à 10 kilomètres du mont et c’est un car local qui termine le périple.

Nous avons mixé les deux solutions car nous sommes partis un jeudi matin pour rentrer le vendredi soir. Pour une trentaine d’euros chaque trajet, la balade vaut vraiment le coup. Pour les pressés, un aller-retour sur la journée est tout à fait possible, on dispose de six heures sur place pour visiter le mont et l’abbaye.

Nous avons pris notre temps et retenu une chambre d’hôtel sur le « continent ». Les navettes gratuites qui mènent les visiteurs au mont rendent les déplacements sur place très faciles. Même au mois de mars, c’est parfois un peu chargé, j’imagine qu’en haute saison on retrouve l’ambiance du métro et du RER.

Après ces considérations logistiques, place à la visite.

Le mont Saint-Michel

Le temps est beau, le ciel est juste un peu voilé par les sables du Sahara, nous découvrons le mont sous une superbe lumière. Lors de notre dernière visite (il y a quinze ans !), on garait sa voiture sur un parking ensablé au pied des remparts. Maintenant, les voitures sont reléguées à 3 kilomètres, une passerelle remplace la digue construite à la fin du 19e siècle et le Couesnon enserre le mont dans ses méandres. Un barrage situé en amont retient les flots de la marée haute et les lâche à marée descendante pour renvoyer les sédiments vers le large.

Vue du mont, la passerelle qui mène au mont et deux navettes. Au fond, légèrement à droite, le barrage.

Et ça a l’air de fonctionner, la mer est plus présente et l’absence presque totale des voitures et des cars de touristes dégage la vue sur le mont. La fréquence des navettes est parfaite, on peut même se permettre, si l’on veut, des allers-retours vers le continent pendant la journée pour bénéficier de l’ambiance à différentes heures.

Pour l’instant, place à l’escalier du Grand Degré qui, au bout de la Grande Rue, mène à l’entrée de l’abbaye qui est un des objectifs de ce périple montois. Notre carte Passion Monuments nous sert de sésame pour pénétrer sans bourse délier et sans file d’attente dans le monument. Le parcours de visite libre est très bien organisé, il faut ne pas avoir peur de gravir et descendre des escaliers.

Trois niveaux rythment la visite, comme on le voit sur le document de visite ci-dessous.

Parcours de visite de l’abbaye

Il suffit de suivre les numéros, le parcours est parfaitement jalonné. Après l’accueil qui se fait au niveau inférieur et l’ascension du Grand Degré, on découvre le niveau supérieur, le plus impressionnant avec la terrasse de l’Ouest et l’église abbatiale, ainsi que le cloître et le réfectoire. Depuis la terrasse et le cloître, la vue sur la baie du Mont-Saint-Michel est magnifique.

Nous descendons au niveau intermédiaire et ses différentes salles et cryptes qui, outre leur propre intérêt historique et architectural, servent de fondation au niveau supérieur. Notamment la crypte des Gros Piliers est tout à fait impressionnante. Depuis la salle de la roue, on contemple à nouveau la baie et le village en contrebas, c’est par là qu’on hissait les chariots de ravitaillement depuis le bas de la falaise.

On sort de l’abbaye au niveau inférieur dans les jardins et on aboutit sur les remparts qui longent le côté sud du mont. On peut y observer les groupes de randonneurs qui s’essaient à marcher dans la vase de l’estran en évitant le piège de sables mouvants.

Cela fait trois heures que nous arpentons les ruelles et les escaliers du mont, il est temps d’aller faire une pause à l’hôtel sur le « continent » près du terminus des navettes. Un peu plus tard, nous partons faire une petite marche le long des prés salés après avoir traversé le Couesnon sur le barrage. Il y a une jolie vue sur le mont.

Au retour de cette balade, nous reprenons la navette pour découvrir le mont alors que les touristes sont pour la plupart repartis. C’est effectivement une ambiance différente qui me rappelle celle des îles après le dernier bateau de la journée, plus calme, plus intime. Mais nous sommes un peu déçus de ne pas voir de belles illuminations à la tombée du jour …

Le lendemain, c’est la pluie et le grisaille qui nous attendent, rendant le paysage moins attrayant. Mais aux confins de la Normandie et de la Bretagne, il faut s’attendre à ce genre de désagrément. Nous nous baladons dans les ruelles et escaliers du village en marge du circuit touristique principal et c’est une jolie découverte. Nous visitons également l’église paroissiale Saint-Pierre qui a son charme.

Avant de prendre le chemin de retour vers la capitale, nous avons encore le temps de faire une balade le long des prés salés, vers l’est cette fois-ci. Pas mal de boue sur le sentier GR et une vue sur le mont qui se perd dans la brume. Nous le quittons sur cette image des « méandres ».

Le mont Saint-Michel dans la brume – Les très photogéniques « méandres »

Le retour vers la capitale se fait sans problème, mais le passage par Pontorson conduit, paradoxalement, à augmenter sa durée d’une bonne demi-heure.

C’est une bonne reprise de contact avec le mont Saint-Michel où nous n’étions pas venu depuis au moins 15 ans. Pour la première fois que nous visitons l’abbaye, j’ai été impressionné par la majesté du monument et son parfait état de conservation et je me replongerai sans doute avec intérêt dans les documents sur son histoire.

Par contre, trouver un endroit correct pour se restaurer sur le mont est mission impossible, vu les coûts exorbitants du moindre menu. Laissant cela aux étrangers, nous avons pour notre part fait une halte méridienne au petit snack « Au pélerin » (en haut de la Grande Rue) qui doit être le seul endroit correct pour se restaurer, avec son ambiance chaleureuse et le sympathique accueil de son patron.


1 commentaire

izedah · 15 mars 2026 à 20 h 01 min

Super escapade!

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