Sur une petite centaine de kilomètres à vélo, nous avons suivi trois voies d’eau alimentant l’est de Paris : le canal de l’Ourcq, l’aqueduc de la Dhuys puis la Marne, tout au long d’un circuit bien sympathique qui nous a menés jusqu’à Thorigny-sur-Marne, trente kilomètres à l’est de Paris. À la clef, un jardin de sculptures et sur la route, un pique-nique dans la forêt de Bondy. Tout cela en restant relativement à l’écart des routes circulées de l’Île-de-France en ce jour de départ en vacances.

Forêt de Bondy

L’idée de cette pérégrination nous est venue d’un ancien article du Monde évoquant un « aqueduc champêtre » et relayant le site de l’AF3V décrivant une randonnée le long de cet ouvrage. Arrivé à Thorigny-sur-Marne, le journaliste prévoit un retour vers la capitale en TER, mais, n’écoutant que notre courage, nous estimons qu’un retour le long de la Marne est possible en empruntant la voie cyclable que nous connaissons assez bien, jusqu’à la chocolaterie Menier de Noisiel et le parc de loisirs de Vaires-Torcy.

Cependant certains avis de randonneurs sont assez circonspects sur le parcours longeant l’aqueduc, évoquant des conditions de circulation difficiles pour les vélos, notamment par temps humide, la présence envahissante de motos et de quads pendant les week-ends, des traversées de routes très difficiles, etc. Bref ! Nous sommes à notre tour hésitants mais décidons cependant d’aller jusqu’à la forêt de Bondy via le canal de l’Ourcq et d’explorer ce fameux aqueduc sur quelques kilomètres, histoire de ne pas mourir (plus) ignorants.

En fait, vous l’avez compris, ragaillardis par notre pique-nique en forêt et confiant dans la suite du parcours (et les capacités de nos batteries), nous avons bel et bien continué le périple jusqu’à Thorigny avant de revenir le long de la Marne. Ci-dessous la carte de notre randonnée démarrant arbitrairement à la Porte de Charenton dans le 12e.

Voir la carte en grand dans un nouvel onglet.

La randonnée en quatre sections :

1 – Nous longeons le boulevard des Maréchaux jusqu’à la Porte de Pantin où nous rejoignons la voie cyclable le long du canal de l’Ourcq. Bien connue des cyclistes de la région, elle permet de sortir de Paris rapidement, confortablement, dans une succession rapide de paysages urbains différents : parc de la Villette, entrepôts industriels, nouveaux quartiers, puis zones pavillonnaires. Nous avons décidé de la quitter un peu avant le parc de la Poudrerie, à Livry-Gargan où la distance pour rejoindre la forêt de Bondy est la plus courte et où une piste cyclable en site propre existe le long de la rue Lucie Aubrac. Puis c’est la montée vers la forêt par le chemin de la Glaisière qui nous mène jusqu’à la trouée de l’aqueduc de la Dhuys.

Nous y sommes à cet « aqueduc champêtre », cet ouvrage construit entre 1863 et 1865 et destiné à alimenter Paris en eau potable venant de l’Aisne. Pour le protéger, aucune construction ni plantation n’est autorisée dans une bande de quelques mètres de part et d’autre de son axe. Ce qui en fait une trouée « verte » sur la plus grande partie de son cheminement. Plus ou moins aménagée en voie réservée aux piétons et cyclistes, elle est constituée majoritairement de deux sentiers caillouteux parallèles séparés par une bande d’herbe, un peu à la manière d’un chemin pour charrettes de géant avec ses deux ornières.

© Géoportail IGN – L’aqueduc de la Dhuys

Propriété de la Ville de Paris jusqu’à récemment, l’ouvrage a été transféré à l’agglomération de Val-Europe et il sert essentiellement à alimenter Disney-machin en eau potable. Je crois que plus une goutte d’eau n’arrive au réservoir de Ménilmontant !

2- Nous suivons la trouée vers le sud pour faire une petite visite de la forêt de Bondy et trouver un lieu pour pique-niquer. Première surprise lors de la traversée de la route départementale 136, la forêt semble clôturée de l’autre côté, mais un portail permet d’y accéder malgré tout, il n’est pas fermé à clef. Nous effectuons une petite boucle de quelques kilomètres autour de trois étangs et revenons vers l’aqueduc. Plus de trace de la ferme des Thénardier que Victor Hugo avait situé quelque part ici à Montfermeil.

3 – Nous longeons l’aqueduc vers le nord dans la perspective de le quitter pour rejoindre le parc de la Poudrerie via la commune de Vaujours et revenir au canal de l’Ourcq. Mais au croisement avec la route du bois de Bernouille, nous décidons de continuer vers Thorigny et la Marne. Il faut dire que temps est beau et pas trop chaud, les sentiers semblent bien circulables même pour nos vélos de ville et le paysage au sortir de la forêt est de toute beauté, la vue dégagée sur un vaste panorama qui incite à la balade.

Randonnée de l’aqueduc de la Dhuys – Coubron

Et nous voila partis pour une vingtaine de kilomètres, dont certaines sections sont un peu moins bonnes. Nul doute qu’il vaut mieux faire le trajet par temps très sec, car des traces au sol laissent imaginer quelques flaques boueuses voire quelques bourbiers par temps plus humide. Les traversées des routes départementales sont pour certaines purement scandaleuses tant la sécurité des cyclistes est totalement ignorée par les aménageurs routiers. D’autres traversées sont quant à elles complètement barrées par des plots et de gros enrochements, nous obligeant à porter les vélos. Heureusement que nous sommes à deux ! Certes, il faut empêcher les motos et les quads de passer mais des solutions existent pour conserver un minimum de confort aux cyclistes. Heureusement, les passages sous la Francilienne et le TGV se font en tunnel, je vous rassure.

Randonnée de l’aqueduc de la Dhuys – Claye-Souilly

Deux passages particulièrement pentus nous ont obligés à descendre de vélos pour les franchir à pied, mais dans l’ensemble l’avantage de suivre un aqueduc (comme un canal) est que le tracé est plutôt peu accidenté.

En arrivant à Thorigny, le tracé de l’aqueduc bénéficie de quelques aménagements supplémentaires qui le transforment en promenade urbaine en limite de l’agglomération.

Randonnée de l’aqueduc de la Dhuys – Thorigny-sur-Marne

Nous quittons le tracé de l’aqueduc en atteignant la Marne que nous traversons grâce à une passerelle réservée aux piétons et cyclistes. L’aqueduc continue sa course vers l’Aisne mais je ne crois pas que la suite de son tracé soit aménagée en voie verte.

Randonnée de l’aqueduc de la Dhuys – Passerelle sur la Marne

4 – Après ces vingt kilomètres parfois chaotiques mais tellement intéressants, nous voici en terrain – presque – connu car, à partir d’ici, une voie cyclable presque continue nous ramène vers Paris. C’est l’occasion d’une petite pause au pied de la passerelle dans le jardin des sculptures de Jacques Servières. Jusqu’en 1939, l’aqueduc franchissait la Marne grâce à un pont-aqueduc qui fut bombardé et détruit. Le sculpteur prit possession des lieux à partir de 1987 et réalisa toutes ces statues en réutilisant les pierres du pont détruit. Le site cambodgien d’Angkor lui inspire ses premières réalisations, puis son inspiration évolue.

Sur la même commune que le parc Disneyland Paris, j’offre à ma façon, un lieu de rêverie et d’imaginaire aux randonneurs, cyclistes et touristes fluviaux. La commune de Chessy entretient le parc et le préserve.

Après cette pause, le retour vers la capitale se fait sans problème en suivant la rive gauche de la Marne par le tracé du GR14A. À Lagny, on traverse à nouveau la rivière pour longer sa rive droite par une succession de petites voies jusqu’à rejoindre la voie verte qui nous conduit à la base de loisirs de Vaires-Torcy.

Randonnée de l’aqueduc de la Dhuys – La voie verte franchit l’écluse de Vaires sur le canal de Chelles
Randonnée de l’aqueduc de la Dhuys – La passerelle de Vaires-Torcy

Une dernière passerelle nous ramène sur la rive gauche de la Marne, nous sommes en terrain connu : la voie cyclable qui longe la Marne et est très roulante, Joinville-le-Pont et le bois de Vincennes ne sont plus très loin.

Voilà, notre périple s’achève bientôt. Pour résumer cette petite centaine de kilomètres, des paysages variés, souvent en pleine nature, des chemins et sentiers qu’il vaut mieux suivre par temps sec, quelques difficultés mais pas insurmontables, très peu de voies ouvertes à la circulation automobile (au pif, moins de 5 kilomètres), bref ! un superbe parcours qui emprunte majoritairement des GR, des PR, des voies vertes.


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