Nouvelle randonnée, cette fois-ci à une des extrémités du Transilien (ligne H), pas très loin de notre dernière pérégrination de cette nature qui se déroulait, elle, au bout du RER (ligne D).

C’est l’ancienne abbaye de Royaumont, située dans le hameau de Baillon à Asnières-sur-Oise, qui nous attend au cœur d’une petite marche d’une douzaine de kilomètres, partant de l’arrêt de Seugy et aboutissant à la gare terminus de Luzarches.

Voici la carte de cette randonnée, y compris nos vadrouilles dans l’emprise de l’abbaye.

Voir la carte en grand dans un nouvel onglet.

Entre l’arrêt de Seugy et l’abbaye, le parcours nous amène assez rapidement sur des sentiers un peu caillouteux en limite de forêt, au milieu des pâtures d’un centre équestre. Avant d’arriver au parking et à l’accueil du site de Royaumont, il faut longer une route bitumée sur quelques centaines de mètres.

L’abbaye de Royaumont a été édifiée sous le règne de Saint-Louis, au début du 13e siècle, et elle est restée d’ordre cistercien jusqu’à la Révolution. Puis son histoire a suivi les méandres politiques et sociales de l’époque, comme beaucoup d’autres édifices religieux. Mais ici, la particularité est que le site a accueilli une industrie textile jusqu’au milieu du 19e siècle, quand une congrégation religieuse a repris possession des lieux. Les transformations successives, d’abord pour en faire une usine puis pour retrouver sa vocation religieuse, ont conduit à ce que l’on connaît maintenant. Finalement, c’est l’église abbatiale qui a principalement payé les pots cassés de ces périodes troublées, car elle fut détruite dans les années 1790 pour servir, entre autres, de carrière pour la construction des bâtiments de l’usine textile.

Aux 20e et 21e siècles, finie la vocation religieuse, place à la privatisation et aux rachats et héritages successifs. Hôpital militaire tenu par des soignantes écossaises pendant la Première guerre mondiale, accueil pour les artistes et intellectuels, centre de rencontres culturelles, l’abbaye appartient à la Fondation Royaumont depuis 1964. Chargée en premier lieu de conserver le monument historique, la fondation élabore également des programmes de formation, de recherche et de création, autour de la réflexion sur la biologie et l’anthropologie, à laquelle ont participé François JacobJacques Monod ou Edgar Morin.

Depuis la disparition de son fondateur et le déclin qui s’en suivit, le conseil général du Val d’Oise donne un petit coup de main pour que continue l’action de la Fondation qui diversifie ses activités dans les domaines de la musique (notamment de la musique vocale), de la poésie, de la danse contemporaine, de la préservation du patrimoine et des projets artistiques pluridisciplinaires. Un service hôtelier complète ces activités et accueille séminaires et colloques permettant de financer en partie l’entretien de l’ensemble.

Si le site est ouvert au public (contre une modeste participation) tous les jours de l’année, certaines parties des bâtiments sont réservées aux résidents de la Fondation. La vidéo ci-dessous donne une bonne idée des lieux.

Visitez l’abbaye de Royaumont from Royaumont on Vimeo.

Après le bâtiment d’accueil qui fait aussi boutique, un bassin circulaire, prolongé par un petit canal et deux allées bordées d’arbres, accueille le visiteur. On distingue un peu plus loin les bâtiments de l’abbaye.

Abbaye de Royaumont, entrée du site

Puis la vue se dégage et l’on découvre un vaste édifice composé du « bâtiment des latrines » qui nous montre son pignon et de l’imposante « maison des moines ». Sur la droite, se dresse une tour d’une quarantaine de mètres de haut qui est un reste de l’ancienne église abbatiale.

Abbaye de Royaumont, vue d’ensemble côté jardin

Avant d’aller visiter les bâtiments, nous faisons un détour par la grotte et le belvédère, puis par le jardin-potager découpé en carrés dédiés à différents types de cultures. On longe une clôture métallique qui sépare le jardin d’un terrain où s’élèvent les bâtiments de l’ancienne ferme de l’abbaye et de l’ancienne usine textile, accueillant aujourd’hui des séminaires.

Le parcours champêtre aboutit à l’emplacement de l’église abbatiale, au pied de la tour encore debout. Celle-ci marque le transept nord de l’église, quelques pieds de colonne montrent l’emplacement du chœur. L’imposant mur qui nous fait face laisse imaginer les dimensions respectables que devait avoir l’église.

Derrière ce mur, on pénètre dans les bâtiments de l’abbaye qui ont résisté au temps et ont été remarquablement bien conservés et restaurés. C’est par le cloître que l’on peut accéder aux différentes salles, dont la plus spectaculaire est sans nul doute le réfectoire des moines et ses magnifiques voûtes. Une plus petite pièce, la sacristie, l’ancien chauffoir, sert de musée de poche pour exposer quelques statues.

En sortant des bâtiments, on traverse un tout récent « jardin des neuf carrés« , d’inspiration médiévale. Puis c’est la pause pique-nique sur une table de la terrasse du bar – salon de thé (ouvert uniquement le week-end) qui prend place dans l’ancien bâtiment des latrines (bon appétit !). La sortie se fait par le même chemin au milieu du parc, un timide rayon de soleil nous accompagne.

Pour le chemin de retour vers la gare de Luzarches, nous empruntons l’allée de la reine Hortense de Beauharnais. Celle-ci, fille de Joséphine et épouse de Louis, frère de Napoléon (vous suivez ?), a habité dans le château qui se trouve dans le hameau de Baillon que nous atteignons bientôt. Mais le château reste invisible derrière ses hauts murs. Nous bifurquons vers le bois de Bonnet que nous traversons pour rejoindre Luzarches. Chemin faisant, des parterres de clochettes bleues tapissent le sol sous les arbres.

La gare de Luzarches est vraiment un terminus, un seul quai utilisé, une seule voie ferrée, des butoirs. Mais le train est à l’heure et nous ramène à la capitale en quarante minutes.

Belle randonnée, belle visite, le soleil aurait juste pu être un peu plus présent.

Plus de photos sur mon album : À l’abbaye de Royaumont


1 commentaire

Matatoune · 2 mai 2022 à 4 h 52 min

Lieu magique chargé d’histoire

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