Rando à Chevreuse sur les pas de Racine et de Kaamelott

Publié par micmac le

J’ai rajouté Kaamelott dans le titre de cet article pour augmenter son audience, n’étant pas assuré que la mémoire de notre célèbre dramaturge et poète Jean Racine soit suffisante, à elle seule, pour faire frémir le SEO du site.

Mais cet ajout n’est pas usurpé car, lors de cette randonnée dans la vallée et sur les hauteurs de Chevreuse, nous croisons effectivement un des lieux de tournage de cette série télé (que j’avoue apprécier tout particulièrement).

Randonnée Chevreuse : le château de la Madeleine, un des lieux de tournage en extérieurs de Kaamelott

Revenons à cette inoubliable journée qui a vu monsieur Déconfinement devenir Premier Ministre de la France. Donc, vers 10 heures du matin, nous entamons l’étape suivante de notre propre déconfinement qui nous amène à reprendre contact avec les transports en commun franciliens, en l’occurrence le fameux RER B qui nous transporte à son terminus champêtre de Saint-Rémy-lès-Chevreuse.

Nous avions repéré la randonnée pédestre de Randonavigo « Vallée de Chevreuse » qui présente des caractéristiques propres à satisfaire nos besoins d’évasion et d’activité physique : facilement accessible en transports en commun, un peu plus de 12 kilomètres en boucle, 100 mètres de dénivelée. Nous y rajoutons 2 kilomètres pour rejoindre à pied la gare du RER B la plus proche.


La trace GPX du site Randonavigo est un peu trop simplifiée à mon goût, je vous joins donc la mienne ci-dessous avec le fond de carte OpenTopoMap. Vous pouvez la télécharger en cliquant sur le lien situé sous la carte.


Télécharger le fichier GPX de la randonnée : SaintRemyLesChevreuse2.gpx


Descendus du RER à son terminus saint-rémois, nous empruntons la piste cyclable qui longe le chemin dit de Coubertin en direction de Chevreuse. Elle passe au pied d’un long mur de soutènement clôturant le Domaine de Coubertin, qui abrite la Fonderie de Coubertin, les Ateliers Saint-Jacques et un petit musée, tout ceci en lien avec une fondation qui s’est fixé pour mission de parfaire la formation professionnelle de jeunes Compagnons.

Au premier carrefour, nous bifurquons vers Chevreuse et traversons l’Yvette qui coule au fond de cette vallée. Tout de suite à gauche, nous empruntons la très jolie promenade des petits ponts, entre canal et lotissement.

Ce chemin pittoresque laisse découvrir les anciens lavoirs et tanneries. Les tanneries étaient si nombreuses que l’Yvette fut dénommée la rivière aux Tanneurs.

Peu après le séchoir à peaux, ancienne tannerie du 17e siècle, restaurée et transformée en salle municipale, lieu d’accueil d’exposition et de concerts, nous quittons cette promenade pour nous enfoncer dans les ruelles de Chevreuse, autour de l’église Saint-Martin et du prieuré Saint-Saturnin.

Randonnée Chevreuse : l’église Saint-Martin du 12e siècle

Contrairement à la randonnée de Randonavigo, nous entamons la boucle par la montée vers le château de la Madeleine, ce qui a posteriori nous semble la meilleure option.

La petite grimpette vers le château fait partie du chemin Jean Racine qui rend hommage au célèbre auteur d’Iphigénie et de bien d’autres œuvres théâtrales. Ce chemin relie Chevreuse à Port-Royal-des-Champs, deux lieux distants de 4 kilomètres où Racine a vécu (pour avoir une information complète sur cet itinéraire, cliquez sur l’onglet ROAD MAP de la page ci-dessus).

En bref, Racine est lié au château de la Madeleine car il y a passé quelques temps en 1661, chargé de suivre les travaux de restauration du donjon, à une époque où sa « prose » ne le faisait pas encore vivre. Et sa famille est profondément liée à l’abbaye de Port-Royal-des-Champs, haut-lieu du jansénisme, une doctrine théologique à l’origine d’un mouvement religieux, puis politique et philosophique, qui se développa aux 17e et 18e siècles, principalement en France, en réaction à certaines évolutions de l’Église catholique et à l’absolutisme royal. Jean Racine, devenu orphelin très jeune, fut notamment éduqué dans les Petites écoles de l’abbaye.

Bref ! nous arrivons au pied de la forteresse qui a encore belle allure. Des scènes de Kaamelott auraient été tournées dans la cour du château, qui ne nous est pas accessible aujourd’hui. Mais je découvre enfin la fin de l’histoire des machines de guerre de Léodagan qui étaient trop grandes pour passer le portail d’entrée. En fait, le fronton en pierre a bien été démoli et remplacé par une palissade en bois, est-ce qu’on n’aurait pas pu se contenter d’effets spéciaux ?

À partir du château, nous quittons le chemin Jean Racine pour entamer le tour de la plaine de la Madeleine par les domaines forestiers qui l’entourent. Jolie balade très calme qui nous fait traverser un ou deux chantiers de coupe et longer quelques murailles de bois assez impressionnantes. J’espère que tout ceci se fait dans le cadre d’une exploitation raisonnée de nos ressources forestières.

Nous longeons une mare de stockage, récemment aménagée, destinée à retenir en amont, sur le haut du plateau, les eaux pluviales avant qu’elles ne risquent de ravager les villages de la vallée. De plus, cette mare, dont le centre plus profond reste en eau en permanence, est une réserve de biodiversité, batraciens, libellules, plantes aquatiques. Comme quoi, quand on veut, on peut.

Après une pause pique-nique près du carrefour de Milon, nous continuons notre boucle et rejoignons le chemin Jean Racine au carrefour du roi de Rome. Ce dernier, fils de Napoléon, aurait attendu ici, en provenance de sa résidence privée du château de Rambouillet, la délégation autrichienne qui devait l’emmener en exil à Vienne, à la chute de son empereur de père.

Dans l’enclos d’un centre équestre fort mal tenu, un lama se demande bien ce qu’il fait là.

Randonnée Chevreuse – Le lama se lamente

Puis le chemin Jean Racine devient caillouteux et entame sa descente vers le village et la vallée de Chevreuse que nous atteignons après avoir longé la RD13 sur 500 mètres. Cette partie du trajet n’est pas la plus agréable et c’est pour cela que nous préférons avoir effectué la boucle en commençant par le château, où le parcours est plus agréable, plus calme, plus sympa.

Le retour se fait par la même promenade des petits ponts.

Bon ! c’est un peu comme à l’aller avec une lumière différente, toujours aussi beau. Nous tentons un raccourci vers la piste cyclable en coupant à travers la campagne par ce que la carte IGN nous décrit comme l’accès au GR11. Aucun intérêt particulier sur cet itinéraire qui a du être tracé pour accéder au GR en évitant la promenade des petits ponts qui est apparemment en terrain privé. Le GR 11 arrive du sud et repart vers l’ouest, nous n’avons fait que le côtoyer dans les ruelles de Chevreuse.

Voila, encore un bon kilomètre jusqu’a la gare du RER et c’est fini. Entre 12 et 13 kilomètres dans un environnement champêtre agréable, cette randonnée mérite le détour.


Nota : l’abbaye de Port-Royal de Paris était une « filiale » de celle de Port-Royal-des-Champs, construite pour décongestionner la maison-mère. Si celle de Paris a été fermée à la Révolution en 1790 et est restée à peu près en l’état en servant de prison puis de maternité, celle de Port-Royal-des-Champs a été fermée en 1710 par un Louis XIV vieillissant et encore plus absolutiste, puis démolie « à la poudre » en 1712 ! Il n’en reste que quelques ruines mais il paraît que c’est un lieu de balade intéressant. À voir donc pour une prochaine randonnée.


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