La Réunion en novembre 2013 : suite et fin

Pour suivre les lieux de cet article
Pour suivre les lieux de cet article

La météo n’est pas très optimiste pour les jours à venir, elle prévoit de la pluie sur les hauteurs mais également sur la côte. Cela pourrait nous faire modifier notre programme de la fin de semaine, mais sans que l’on sache très bien que choisir. De plus, les variations locales sont si rapides qu’il paraît délicat de tout bâtir sur ces prévisions météo.

Mercredi 13 novembre 2013

Le ciel est un peu plus voilé que les autres jours, mais nous partons cependant vers 7h30, après quelques hésitations, pour le Maïdo qui est situé sur les hauteurs au-dessus de Saint-Gilles à une vingtaine de kilomètres de notre hôtel.

La montée est superbe, surtout dans la dernière dizaine de kilomètres : la route forestière, toute neuve, est un véritable billard et on traverse une forêt de tamarins de toute beauté. Des nuages montent à l’assaut des sommets, mais, après avoir garé la voiture au parking final, déjà bien rempli, nous découvrons une vue toujours aussi sublime sur le cirque de Mafate. Nous avons le plaisir de revoir le tracé de notre randonnée de la semaine dernière et nous pouvons même distinguer les détails : les gîtes, les sentiers, les rivières …

Panoramique du cirque de Mafate vu du Maïdo
Panoramique du cirque de Mafate vu du Maïdo

Il y a du monde au belvédère aménagé à 2200 mètres d’altitude, la vue est également bien dégagée sur l’océan et plus particulièrement sur les environs de Saint-Gilles d’où nous venons. Les nuages ont la gentillesse de rester « en bas » le long des pentes, ce qui nous permet de rester, au sommet du Maïdo, dans une lumière éclatante. Dommage que le cirque soit à contre-jour, ce qui va ternir les photos.

Les lieux de notre randonnée : de Marla à La Nouvelle
Les lieux de notre randonnée : de Marla à La Nouvelle

Le cirque de Mafate, côté nord
Le cirque de Mafate, côté nord

Le totem, face à l'océan
Le totem, face à l’océan

Le kiosque dans les nuages
Le kiosque dans les nuages

Un DASH 8 survole le cirque avec les hélicoptères, sans doute un départ de feu a-t-il encore été signalé.

Nous empruntons la route forestière des Tamarins, parallèle à la ligne de crête. Au début, elle est très sympathique, serpentant dans la forêt, mais on découvre aussi un peu plus loin les traces d’un immense incendie qui a ravagé une grande partie de la forêt de cryptomeria. Affreux !

Puis, la descente se fait, sur de toutes petites routes de campagne, dans un paysage typiquement alpin avec des prairies verdoyantes et des vaches broutant une herbe bien grasse. On domine la côte, ce qui permet de faire quelques photos du lagon, comme si elles étaient prises depuis un avion. Des parapentistes en grand nombre nous survolent, il y a un club dans le coin qui semble drainer beaucoup de monde.

Le lagon de La Réunion vu ... du ciel
Le lagon de La Réunion vu … du ciel

Nous avons pour objectif la visite du Conservatoire national botanique des Mascarins : « Le conservatoire botanique national de Mascarin est un conservatoire botanique national français installé dans les hauteurs de l’Ouest de La Réunion, précisément sur le territoire communal de Saint-Leu. Situé au cœur d’un ancien domaine agricole créole, géré par une association, il est agréé depuis le 30 juillet 1993. Sa mission est la sauvegarde des espèces végétales des Mascareignes et de Mayotte » (wikipedia).

Nous nous promenons pendant deux heures dans les différents espaces bien aménagés : caféiers, vergers créoles, cactées, bambous, etc. Un jardinier du conservatoire nous fait découvrir le « fruit délicieux » du philodendron (espèce Monstera Deliciosa) et nous donne le nom de cet arbre à fleurs bleues qui attire notre regard depuis notre arrivée, le jacaranda de la famille des bignones (également appelé le flamboyant bleu).

L'allée des palmiers
L’allée des palmiers

L'ancienne case reconstruite pour accueillir administration et boutique
L’ancienne case reconstruite pour accueillir administration et boutique

Un oiseau du paradis
Un oiseau du paradis

Une fleur de jacaranda
Une fleur de jacaranda

Le merle de Maurice, espèce invasive très destructrice
Le merle de Maurice, espèce invasive très destructrice

Des fleurs de cactus ...
Des fleurs de cactus …

... en double
… en double

La case principale et la dépendance qui sert de snack
La case principale et la dépendance qui sert de snack

Des parapentistes survolent le conservatoire
Des parapentistes survolent le conservatoire

Nous faisons, à la fin de notre balade, un arrêt assiette créole – dodo – coca au café du conservatoire aménagé dans les anciennes dépendances du domaine. Nous terminons la visite par la ravine des bambous, où nous découvrons les plus immenses spécimens que nous ayons jamais vus.

Des bambous impressionnants
Des bambous impressionnants

De retour à l’hôtel dans l’après-midi, nous subissons une pluie abondante, qui vient corroborer les prévisions de la météo.

Un banc !
Un banc !

Jeudi 14 novembre 2013

Nous ne partons qu’à 10 heures, nous avons voulu nous reposer un peu, et c’est en direction de Saint-Pierre que nous allons ce matin. Nous trouvons une place de stationnement le long du jardin de l’Hôtel de Ville sous un arrosage municipal !

Le jardin de l'Hôtel de Ville de Saint-Pierre
Le jardin de l’Hôtel de Ville de Saint-Pierre

L’office du tourisme a été déménagé, nous croyions qu’il était toujours de l’autre côté du pont qui mène à Terre-Sainte, mais il est maintenant, pas loin de là, dans les locaux de la Capitainerie. Nous faisons une petite visite dans la ville et trouvons la Poste pour expédier nos cartes postales à destination de la métropole.

Nous déjeunons au restaurant O’Flamboyant, où la cuisine est excellente et raffinée.

Après le repas, nous essayons une incursion vers le sud sauvage mais nous sommes finalement rebutés par des travaux sur la route, par les bouchons dans St Joseph et par la pluie qui menace. Nous faisons demi-tour.

Au retour, nous faisons une halte sur la plage à l’Ermitage-les-Bains, je me baigne, mais on est finalement chassés par la pluie.

Journée qui laisse un goût d’inachevé …

Vendredi 15 novembre 2013

Nous partons vers 8 heures au marché de Saint-Paul, qui n’est pas très loin de notre hébergement : c’est un marché très animé et très coloré, réputé comme le meilleur de l’île. Il a lieu le vendredi et le samedi, mais pour éviter la foule du week-end, nous préférons y aller aujourd’hui. Il paraît qu’en plus, le samedi, certains étals sont moins bien remplis. Nous y achetons de la vanille, des préparations pour rhums arrangés, des niamas pour ce soir, des ananas, etc. L’ambiance y est vraiment sympathique.

Nous avons prévu une visite du cimetière marin situé à la sortie de la ville vers Saint-Gilles. C’est un bel espace pittoresque et coloré où les tombes paraissent posées négligemment sur l’herbe sans alignement strict.

Le pittoresque cimetière marin de Saint-Paul
Le pittoresque cimetière marin de Saint-Paul

 

La proximité de la plage doit lui valoir cet adjectif de marin, mais on y trouve aussi des tombes de navigateurs, comme le pirate Olivier Levasseur dit La Buse ou l’équipage des marins bretons du Ker Anna qui a sombré dans les parages, à la pointe des Aigrettes, en 1894. Pour le pirate, c’est plutôt une légende, car le cimetière a été créé après son exécution, il y a peu de chance qu’il y soit inhumé.

La tombe du pirate La Buse
La tombe du pirate La Buse

Le carré en souvenir des marins bretons du Ker-Anna
Le carré en souvenir des marins bretons du Ker-Anna

La proximité de la plage lui vaut ce qualificatif de cimetière marin
La proximité de la plage lui vaut ce qualificatif de cimetière marin

Certaines tombes disparaissent sous les fleurs
Certaines tombes disparaissent sous les fleurs

Par contre, le poète Leconte Delisle, originaire de Saint-Paul, y est enterré depuis son transfert en 1977 du cimetière Montparnasse.

Le banc du cimetière marin
Le banc du cimetière marin

Cette visite achevée, nous reprenons la voiture pour faire le « tour des roches », promenade qui nous fait longer l’étang de Saint-Paul qui est une réserve naturelle nationale.

Puis, nous effectuons un détour jusqu’à Sans-Soucis pour voir le départ de la randonnée qui mène vers Mafate par la canalisation des Orangers. On ne voit finalement pas grand-chose, il faudrait marcher pour aller jusqu’au début du sentier de la canalisation qui, paraît-il, est tout plat sur une dizaine de kilomètres. C’est un autre moyen d’accès au cirque de Mafate, dans sa partie nord.

Nous poussons ensuite jusqu’au Port (la ville s’appelle Le Port), faire notre épisode de tourisme industriel. C’est bien une ville industrielle, mais dotée d’un port de plaisance important.

Nous déjeunons au restaurant La Caz : très beau cadre, très bonne cuisine créole, mais avec des saveurs nouvelles : pour iZa un rozamava (plat malgache, bœuf avec une plante dont la fleur jaune endort la langue), du rougail de morue pour moi. C’est une excellente adresse, dommage que le décor extérieur soit loin d’être sympathique comme presque partout ailleurs à La Réunion, mais la cuisine mérite le détour.

Retour à l’hôtel et piscine.

Samedi 16 novembre 2013

Le temps paraissant ce matin assez dégagé, on se risque vers le volcan. Comme nous partons un peu tard (8h30), nous craignons de faire la course avec les nuages. Pour la météo, nous avons arrêté de la regarder la veille à la télé, car ses prévisions ne nous sont d’aucune utilité.

Finalement, c’est une bonne pioche : le temps sur les hauteurs est comme on ne l’a jamais vu, dégagé, sans nuages, magnifique. Après une montée sur l’excellente route forestière du volcan et la traversée de la Plaine des Sables, nous sommes opérationnels au parking du Pas de Bellecombe en face du volcan à 10h15, sous un soleil éclatant.

La plaine des Sables, décor lunaire
La plaine des Sables, décor lunaire

Cette fois-ci, nous ne descendons pas dans l’enclos, mais nous faisons une petite rando jusqu’au piton de partage (ou piton sale) situé à quelque distance vers l’est en suivant le rempart. Après deux heures de marche et de nombreuses photos, nous quittons les lieux, les yeux encore émerveillés, comme l’année dernière, de la beauté de ce paysage lunaire.

Panoramique sur le volcan depuis le Pas de Bellecombe
Panoramique sur le volcan depuis le Pas de Bellecombe

Je m’essaye même à faire un panoramique avec l’iPhone, ce qui donne, ma foi !, un résultat tout à fait honnête.

Panoramique sur le volcan avec l'iPhone
Panoramique sur le volcan avec l’iPhone

La petite randonnée nous permet de découvrir le Piton de la Fournaise sous un angle un peu différent, où les coulées de lave récentes sont plus visibles.

Panoramique sur le volcan depuis le Piton de partage
Panoramique sur le volcan depuis le Piton de partage

Bien qu’il soit déjà midi passé, le temps est toujours aussi dégagé, on n’a vraiment jamais vu ça !

Une petite randonnée ...
Une petite randonnée …

... sur un sentier bien coloré
… sur un sentier bien coloré

À l'horizon, le Piton des Neiges
À l’horizon, le Piton des Neiges

Une clôture rouillée peut être photogénique
Une clôture rouillée peut être photogénique

A cet endroit, nous avons du atteindre le point culminant de notre périple réunionnais : 2370 mètres et des poussières. La preuve en image.

Notre point culminant cette fois-ci
Notre point culminant cette fois-ci

Pour nos prochaines visites, il faudra soit aller au volcan qui culmine à plus de 2500 mètres soit au piton des Neiges qui dépasse les 3000.

Nous quittons les lieux, en constatant que le parking est beaucoup moins encombré. A Bourg-Murat, au pied du volcan, on se fait un sandwich crudités poulet à un petit snack Ti Resto Lontan. On patiente quelques instants en sirotant une dodo et un coca … A signaler que la Maison du Volcan, sorte de Vulcania local, est toujours en travaux, c’était déjà le cas il y a 18 mois !

Notre prochaine étape est la forêt de Bébour Bélouve sur les pentes du Piton des neiges. Pour l’atteindre, il faut continuer sur la route vers La Plaine des Palmistes et passer le col de Bellevue. En bas de ce col, on bifurque sur la gauche vers le col de Bébour, d’où la vue sur la forêt de Bélouve est superbe.

Panorama sur la forêt de Bélouve, le Piton des Neiges sur la gauche
Panorama sur la forêt de Bélouve, le Piton des Neiges sur la gauche

Sur la gauche, le Piton des Neiges semble être à portée immédiate car la pente du terrain est régulière jusqu’à son sommet (3070 mètres tout de même). Les panneaux d’information au col de Bébour nous expliquent que ce plateau est en fait le quatrième cirque (après Salazie, Cilaos et Mafate) mais il a été rempli par une des dernières coulées de lave du Piton des Neiges lorsque celui-ci était encore en activité (les photos aériennes sont très parlantes).

Les nuages vont-ils nous rattraper ?
Les nuages vont-ils nous rattraper ?

Le banc de Bébour contemple Bélouve
Le banc de Bébour contemple Bélouve

Après le passage au col de Bebour, la route serpente à travers la forêt et une végétation changeante. Nous arrivons à la fin de la route, située à quelques centaines de mètres du gîte de Bélouve qui se dresse en limite de rempart au-dessus de Hell-Bourg. Mais les nuages ont envahi le cirque de Salazie et, une fois de plus, nous ne pouvons le contempler ! Décidément, le cirque de Salazie se refuse à nous.

Un fugitif rayon de soleil sur le cirque de Salazie
Un fugitif rayon de soleil sur le cirque de Salazie

Comme on dit dans les guides, le retour se fait par le même chemin, au moins jusqu’à la route principale au pied du col de Bellevue. Ensuite nous terminons la traversée de l’île jusqu’à Saint-Benoît puis retour à l’hôtel par le nord-est.

Bilan : pour terminer notre séjour, une journée avec un temps magnifique comme on n’en a jamais eu et auquel on ne s’attendait pas après les deux dernières journées couvertes et pluvieuses.

Le banc du jour à Bébour
Le banc du jour à Bébour

 

Dimanche 17 et lundi 18 novembre 2013

Dimanche, journée repos et piscine de 10 h à 15 h avec salade composée au snack de la résidence. Puis séance bagages et vidage du frigo.

Lundi matin, départ vers l’aéroport à 6h30. Bouchons dès l’entrée sur la RN1 : 2 heures pour aller jusqu’à l’aéroport ! Remise de la voiture de location, dépose bagages, contrôles, pas de problème.

Dans l’avion, nous sommes situés au rang 32, à nouveau derrière une cloison qui nous laisse de la place pour les jambes, mais à coté de deux ploucs de la meilleure catégorie …

Vol d’une durée de 11 heures, départ 10h10, arrivée à 18h15 locales à Orly. Choc thermique à destination !

Après-demain matin, c’est Fred qui s’envole pour son tour du monde, on a juste le temps de défaire nos valises et de récupérer la minette …

Ça y est, ils sont rentrés ?
Ça y est, ils sont rentrés ?

FIN

revenir à l’épisode « avant Mafate »

revenir à l’épisode « à Mafate »

revenir à l’épisode « quand le cirque est fini »

La Réunion en 2012 (5)

Direction la côte sous le vent, autrement dit la côte ouest, la zone la plus touristique de l’île lorsque l’on se contente des loisirs nautiques.

Lundi 4 juin 2012

Cliquer pour suivre le trajet du 4 juin
Cliquer pour suivre le trajet du 4 juin

 

Petit déjeuner à 9 heures et nous sommes prêts à partir à 10 heures. Une dernière photo souvenir par le patron (en plein contre-jour face au Dimitile !) et nous quittons nos charmants hôtes qui ont été pleins de petites attentions bien sympathiques pendant notre séjour. Une bonne adresse sans nul doute.

Descente aussi vertigineuse que la montée, nous rejoignons la côte à Saint-Louis, où le temps est très ensoleillé et bien plus chaud que là-haut. Le paysage change également, le long de la côte, la végétation est composée d’arbustes et de plantes plus habituels sous des climats secs. En quelques kilomètres et quelques minutes, on a l’impression d’avoir changé de pays ou de continent.

Une végétation bien différente
Une végétation bien différente

Des plages de sable volcanique
Des plages de sable volcanique

Nous remontons vers le nord de la côte sous le vent, en empruntant l’ancienne route nationale RN1 qui est très bien aménagée. La nouvelle RN1 est une quasi-autoroute à 2 fois 2 voies située un peu en retrait du littoral, mais ses performances ne nous intéressent pas trop, nous avons tout notre temps … Nous passons par l’Etang-Salé les Bains et faisons une halte au Gouffre situé un peu avant. Ce gouffre est un souffleur, comme il y en a tant le long de ce type de côte où de longues fractures dans la lave solidifiée permettent à la houle de s’engouffrer puis d’exploser dans de splendides gerbes d’écume.

Le souffleur de l'Etang-Salé : "le gouffre"
Le souffleur de l’Etang-Salé : « le gouffre »

Nous nous arrêtons ensuite à Saint-Leu pour un déjeuner « les pieds dans le sable » au « Zat » recommandé par le Routard : salade Kréol et tartare de thon, sur une terrasse qui domine le port et la plage.

A quelques encablures de là, nous visitons Kelonia, l’observatoire des tortues marines, où de multiples bassins permettent d’admirer de nombreuses tortues mais également d’autres animaux marins. Il y a aussi des tortues terrestres.

Kelonia, l'observatoire des tortues marines
Kelonia, l’observatoire des tortues marines

Le centre Kelonia est une clinique pour tortues où sont soignées certaines d’entre elles, amochées par d’autres animaux ou par les bateaux.

Une tortue soignée à Kelonia
Une tortue soignée à Kelonia

Il lui manque la nageoire avant gauche
Il lui manque la nageoire avant gauche

Il y a également un artisan qui sculpte des bijoux dans des écailles de tortue. Il nous apprend qu’il peut encore effectuer ce type de travaux, car il utilise des stocks d’écaille datant d’avant l’interdiction internationale de capturer les tortues.

Il est près de 15 heures quand nous achevons notre visite et quittons Kelonia, nous pouvons donc rejoindre notre prochaine étape, l’hôtel des Bougainvilliers à l’Ermitage-les-Bains. Nous recevons un très bon accueil du propriétaire,qui nous attribue la chambre n°1 située en bord de piscine. Je ne peux m’empêcher d’être un peu déçu par l’exiguïté de la chambre, malgré la terrasse assez sympathique (généralement je crains la promiscuité et le bruit en provenance de la piscine).

Mais, bon, ce doit être un petit coup de fatigue, car après que nous nous sommes installés, je me sens mieux. Nous descendons à pied à la plage située à 300 mètres, mais nous sommes un peu refroidis par l’annonce de la présence possible d’un poisson-pierre qui pique très fort si l’on s’y frotte (avec les pieds).

Nous avons tout de même le temps de découvrir un spectacle étonnant, celui des arbres à moitié « déchaussés », sans doute par l’érosion de la côte, qui ont l’air d’être posés sur la plage …

Un arbre déchaussé sur la plage de l'Ermitage-les-Bains
Un arbre déchaussé sur la plage de l’Ermitage-les-Bains

Puis, comme une grosse averse menace, nous rentrons à l’hôtel en courant, mais la pluie passera sur les hauteurs en nous épargnant.

Nous prenons la voiture pour aller faire quelques courses dans le village qui ressemble à toutes les agglomérations touristiques en bord de mer. Le SCORE local nous permet de nous recharger en denrées indispensables. Nous faisons notre petit dîner dans la cuisine commune de l’hôtel et allons nous coucher assez rapidement, car nous voulons partir tôt demain matin.

Mardi 5 juin 2012

Comme prévu, le réveil est matinal et nous partons dès 6h15. Direction, le sud de l’île car nous avons décidé, au vu de la météo, de tenter à nouveau la montée au volcan.

La Réunion est une petite île : il est facile, avec la quasi-autoroute que nous avons ignorée en grande partie la veille, de la traverser à toute vitesse et à 7h30, nous sommes (de retour) au Tampon, au bout de la voie express et déjà au pied du Piton de la Fournaise.

Mais nous sommes encore bien déçus car les nuages sont accrochés aux hauteurs et nous traversons, dans la montée de la Route Forestière du Volcan, une purée de pois encore plus épaisse que lors de notre précédente ascension.

Alors que nous nous désespérons, le soleil fait une percée dans les nuages et, tout à coup, nous survolons la mer de ouate qui envahit les vallées au-dessous de nous. Nous découvrons alors un paysage merveilleux, hors du temps, mélange de couleurs vertes et ocres, sous un ciel d’un bleu profond et éclatant.

Au-dessus des nuages, l'azur ...
Au-dessus des nuages, l’azur …

Une véritable pureté visuelle ! La route qui mène au cratère Commerson, qui traverse la plaine des Sables et nous mène enfin jusqu’au Pas de Bellecombe devient un véritable bonheur même si elle est toujours pleine de trous dans sa partie finale.

Un paysage lunaire ... sous un beau soleil
Un paysage lunaire … sous un beau soleil

Après avoir garé la voiture sur le parking qui marque la fin de la piste (près de la boutique souvenirs – sandwich), nous pouvons enfin contempler l’enclos, au milieu duquel trône le cratère Dolomieu qui est le cratère actuellement actif. Une petite explication en image.

Le panneau d'information sur l'enclos du volcan
Le panneau d’information sur l’enclos du volcan

L’enclos est en fait la caldeira issue d’immenses éboulements voici près de 5000 ans, elle s’ouvre vers l’océan indien vers lequel les laves s’écoulent en traversant la route que nous avons empruntée il y a quelques jours. En 2007, le piton qui se dressait au centre de cette caldeira s’est effondré, laissant la place au cratère actuel profond de 350 mètres.

Des sentiers de randonnées sont balisés par l’ONF pour mener jusqu’au sommet du cratère comme indiqué sur le plan, mais nous n’irons pas si loin car nous ne sommes pas équipés pour accomplir cette marche de plusieurs heures. Nous nous contenterons d’aller jusqu’au numéro 4, près de la chapelle Rosemont qui est une sorte de caverne dans la lave. En effet, le vent souffle fort et il fait assez froid, nous sommes insuffisamment couverts.

Mais, pour nous, être ici à fouler les pentes du volcan est déjà une superbe expérience que nous ne nous attendions pas à vivre. Alors, les trois heures de randonnée nous satisfont largement.

Le rempart sud de l'enclos vu depuis le pas de Bellecombe. A gauche, la pente du cratère Dolomieu
Le rempart sud de l’enclos vu depuis le pas de Bellecombe. A gauche, la pente du cratère Dolomieu

Face au Piton de la Fournaise. On est bien couverts car il fait froid.
Face au Piton de la Fournaise. On est bien couverts car il fait froid.

LaReunion2012-234
Au pied du rempart, 100 mètres plus bas.

Tout est balisé, avec un trait de peinture blanche tous les mètres. Le brouillard peut être très épais ...
Tout est balisé, avec un trait de peinture blanche tous les mètres. Le brouillard peut être très épais …

Le petit cratère de Formica Leo, datant du 18 ème siècle, vu d'en haut
Le petit cratère de Formica Leo, datant du 18 ème siècle, vu d’en haut

Formica Leo, vu d'en bas.
Formica Leo, vu d’en bas.

Une soufflette de lave
Une soufflette de lave

De la lave "cordée", ainsi appelée en raison de sa forme ressemblant à un rouleau de cordages
De la lave « cordée », ainsi appelée en raison de sa forme ressemblant à un rouleau de cordages

En arrivant en bas du rempart au bout d’un dénivelé de 100 mètres, on est accueilli par un  petit cratère, appelé Formica Leo du nom de la fourmi-lion parce qu’il ressemble aux monticules créés par cette petite bête. Il date du 18 ème siècle et ce n’est plus qu’un trou très érodé dans lequel on peut descendre sans crainte.

Il n’y a pas véritablement de sentiers, car on marche directement sur les blocs de lave. Par contre, l’ONF a balisé la direction à suivre au moyen d’un coup de pinceau blanc tous les mètres. Avec le beau soleil qui brille au-dessus de nos têtes, cette précaution paraît superflue, mais elle laisse imaginer l’épaisseur du brouillard qui peut tomber par ici parfois.

On rencontre des coulées de lave de toutes les formes possibles, certaines ressemblent à des créatures du Seigneur des Anneaux, d’autres à des rouleaux de cordage …

LaReunion2012-239

LaReunion2012-241

LaReunion2012-242

Partout, la vie reprend timidement, des plantes profitent des fissures pour s’installer. Mais il faut en vouloir … Les oiseaux sont assez nombreux, là où pousse la végétation.

LaReunion2012-243 LaReunion2012-244

Au bout de deux magnifiques heures de randonnée, nous remontons le raidillon qui nous ramène au Pas de Bellecombe.

Le sentier qui nous ramène en haut du rempart
Le sentier qui nous ramène en haut du rempart

Un dernier regard vers les cratères
Un dernier regard vers les cratères

Nous avons profité d’un temps exceptionnel en altitude (nous étions entre 2200 et 2500 mètres), mais les vallées sont toujours envahies par les nuages d’où émerge, un peu plus au nord-ouest, le Piton des Neiges (les observateurs auront constaté, avec les ombres des cailloux, que le soleil est au nord … hémisphère sud oblige).

Au-dessous de nous, les nuages sont toujours là. Le Piton des Neiges sur la gauche.
Au-dessous de nous, les nuages sont toujours là. Le Piton des Neiges sur la gauche.

Nous redescendons donc dans la grisaille, et même la purée de pois, mais cette fois-ci, cela nous est indifférent.

Isa a la bonne idée de nous faire passer par l’est et le nord, au lieu de reprendre la route de ce matin par la côte ouest. Donc, nous allons effectuer un presque tour de l’île aujourd’hui, mais comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, cela ne représente pas un très long trajet, surtout grâce à l’excellent réseau routier.

Nous nous arrêtons pour une pause kebab à la Plaine des Palmiste dans le petit snack « l’Eskal Gourman ». Puis, nous retrouvons des villes déjà visitées, Saint-Benoît, Sainte-Suzanne. Nous poursuivons vers Saint-Denis, la capitale. Nous longeons des paysages sublimes, car le ciel s’est dégagé et le soleil nous a finalement rejoint : de la route, on peut contempler les montagnes, le Piton des Neiges, les hauteurs autour du cirque de Cilaos.

Les dispositifs de protection de la RN1 contre les éboulis.
Les dispositifs de protection de la RN1 contre les éboulis.

Nous traversons Saint-Denis par la voie express qui longe le littoral, mais sans nous attarder car nous y reviendrons en fin de semaine. A la sortie de la ville en direction de La Possession et du Port, nous roulons sur cette fameuse RN1 qui pose des problèmes aux services routiers depuis des générations. Construite en pied de falaise, quasiment au niveau de la mer, elle est selon les circonstances envahies par les éboulis de la falaise ou par la houle pendant les tempêtes. De monstrueux dispositifs de protection tentent de protéger la circulation de ces éboulis.

Il est prévu de construire la NRL, la nouvelle route du littoral, qui s’éloignera de la falaise, en passant en encorbellement au-dessus de la mer… A voir en 2020.

Après Boucan-canot, on rentre dans la zone très touristique de l’île au niveau de Saint-Gilles les Bains, puis nous arrivons à notre hôtel, satisfaits de notre balade.

 (à suivre …)

La Réunion en 2012 (4)

Nous quittons le littoral du sud pour le cirque de Cilaos. Espérons que le soleil sera au rendez-vous cette fois-ci.

Vendredi 1er juin 2012

Cliquer pour suivre la montée vers Cilaos
Cliquer pour suivre la montée vers Cilaos

Les bagages sont assez vite bouclés et nous quittons Saint-Pierre et notre gîte peu après 10 heures pour grimper vers Cilaos. Petit détour en chemin vers Entre-Deux, ainsi dénommé en raison de sa position sur un promontoire situé entre la vallée qui mène à Cilaos et et la Vallée des Citrons. Tout le monde vante cette petite ville très résidentielle pour ses jolies cases créoles, mais nous ne faisons que passer.

La route s’élève ensuite, impressionnante, vers le cirque de Cilaos avec ses 33 kilomètres de virages et de précipices vertigineux. À un moment donné, la route fait une boucle sur elle-même grâce au « pont de la Boucle », sans doute parce qu’une simple épingle à cheveux n’aurait pas tenu sur la pente escarpée. Mais, malgré ce profil en long tourmenté et quelques chantiers, nous arrivons à destination vers midi. Par chance, nous croisons la gérante de l’hôtel « Le Bois Rouge » qui s’apprêtait à partir déjeuner, et nous pouvons emménager dans notre chambre en avance sur l’horaire officiel.

La partie commerçante de Cilaos est organisée le long de la rue du père Boileau qui conduit jusqu’à l’église située au bout la ville sous le Piton des Neiges. Accessoirement, l’hôtel Bois Rouge n’est pas loin de l’église. Sinon, trois mares ponctuent le plan de la ville et la plus grande, la Mare à Joncs, est aménagée comme une petite base de loisirs avec quelques restaurants sur ses rives. C’est là que nous allons déjeuner, au « Cass’Dale », petit snack qui nous offre de quoi nous sustenter dans un cadre sympathique et ensoleillé.

à Cilaos autour de la Mare à Joncs
à Cilaos autour de la Mare à Joncs (altitude : 1203 m). Au fond à droite, le Grand Bénare (2898 m)

Dans l’après-midi, nous partons de l’hôtel pour une randonnée vers le Plateau des Chênes au-dessus des thermes situés pas loin de notre hébergement. Les premières grimpettes nous paraissent un peu dures, mais c’est une bonne mise en jambes. En redescendant, nous poursuivons jusqu’aux anciens thermes (ici aussi !) qui sont, eux, situés en contrebas de la ville. Puis, à nouveau grimpette pour rejoindre la ville par le sentier des Porteurs (devinette : qui portait qui quand les thermes étaient en bas ?)

Vue sur Cilaos depuis le GR R1
Vue sur Cilaos depuis le GR R1

Place à quelques photos de notre première journée à Cilaos.

La vue depuis notre hôtel
La vue depuis notre hôtel

La rue du Père Boileau
La rue du Père Boileau

Une case créole rose
Une case créole rose

Architecture de montagne
Architecture de montagne

En remontant le sentier des Porteurs
En remontant le sentier des Porteurs

Au fond, le Gros Morne. Sur la droite, ça monte vers le Piton des Neiges
Au fond, le Gros Morne. Sur la droite, ça monte vers le Piton des Neiges

Dans la soirée, nous sortons en ville et dînons d’une pizza salade au restaurant « Le Platane » (46 rue du Père Boileau) où l’accueil est sympathique.

Samedi 2 juin 2012

Nous avons décidé de faire ce matin la rando de la cascade du Bras Rouge qui doit durer environ 3 heures aller-retour.

Le départ est assez matinal après un copieux petit déjeuner à l’hôtel. Le ciel est radieux, cependant il fait plutôt frais. Un feu est allumé dans la cheminée de la salle de restaurant, mais bravement nous nous installons sur la terrasse.

À 8 h 30, nous partons. Nous empruntons à nouveau le sentier des Porteurs puis le chemin s’enfonce dans la végétation : descentes, montées, escaliers … Nous sommes bien contents d’avoir exercé nos muscles hier après-midi, car le choc aurait pu être rude. Balade superbe dans la forêt au bout de laquelle nous faisons halte 45 minutes à la cascade du Bras Rouge pour prendre quelques photos et faire quelques croquis.

Une aquarelle d'Iza à la cascade de Bras Rouge
Une aquarelle d’Iza à la cascade de Bras Rouge

Nous voyons passer des trekkeurs qui s’entraînent sans doute pour la Diagonale des Fous et qui continuent leur chemin sans même ralentir une seconde pour franchir le torrent … (La diagonale des Fous, surnom du Grand Raid, consiste à traverser l’île en courant, et elle passe justement par la cascade de Bras Rouge).

Le clocher de Cilaos dans son décor majestueux
Le clocher de Cilaos dans son décor majestueux

Une végétation toujours colorée
Une végétation toujours colorée

Petite halte à la cascade de Bras Rouge
Petite halte à la cascade de Bras Rouge

Les 3 Salazes tout au fond
Les 3 Salazes tout au fond

Avant de quitter les lieux et retourner vers Cilaos, un petit essai de vidéo ? Sur la première,  une vue sur les 3 Salazes, ce sont les trois petites excroissances que l’on distingue à la toute dernière image et qui couronnent le sommet culminant à 2 100 m. C’est la limite avec le cirque de Mafate.

 

La deuxième vidéo montre la cascade de Bras Rouge proprement dite et le défilé très étroit sous lequel le torrent continue sa route, la Chapelle.

 

Si la vidéo ne marche pas, une petite photo.

La cascade de Bras Rouge et la Chapelle
La cascade de Bras Rouge et la Chapelle

La remontée vers Cilaos se fait par le même chemin.

Sur la ligne de crête, de gauche à droite, le Grand Bénare, le col du Taïbit (qui mène à Marla), les 3 Salazes
Sur la ligne de crête, de gauche à droite, le Grand Bénare, le col du Taïbit (qui mène à Marla), les 3 Salazes

En remontant vers Cilaos
En remontant vers Cilaos

À nouveau, nous passons par les anciens thermes et le sentier des Porteurs et, en arrivant à Cilaos, faisons halte au restaurant du Petit Randonneur (61 rue du Père Boileau) pour reconstituer nos forces.

Dans l’après-midi, nous montons en voiture jusqu’à la « Roche Merveilleuse » qui domine le cirque. Nous parcourons un petit circuit de découverte de la forêt qui a été aménagé par l’ONF.

Un banc pour ma collection
Un banc pour ma collection

Des couleurs automnales
Des couleurs automnales

En redescendant, superbe panorama sur Cilaos qui mérite que l’on fasse un panoramique (6 photos en mode portrait assemblées par Photomerge).

Panoramique sur Cilaos dans son cirque
Panoramique sur Cilaos dans son cirque : on distingue la Mare à Joncs un peu sur la gauche et la rue du Père Boileau un peu sur la droite.

Dimanche 3 juin 2012

Ce matin, le temps est plus nuageux mais aussi plus doux. Petit déjeuner dans la salle de restaurant, en regardant les vieilles émissions des Carpentier à la télé !

N’écoutant que notre courage, nous avons programmé encore un autre randonnée pour aujourd’hui : notre choix s’est porté sur celle qui fait le tour du piton appelé le Bonnet de Prêtre, en raison de sa forme tarabiscotée que l’on peut apprécier sur la première photo ci-dessous, et qui emprunte le sentier de Gueule Rouge. Sur la carte, après une lecture rapide, j’avais estimé qu’elle ne serait pas trop rude. Eh bien ! il faut que je révise mes courbes de niveau, car question montagnes russes dans les rochers nous avons été servis !

Elle est assez dure cette rando, nous avons soufflé, j’ai gravi des escaliers presque à quatre pattes, mais nous l’avons accomplie en 2 heures et demie, comme annoncé.

Le départ de la rando du Bonnet du Prêtre
Le départ de la rando du Bonnet du Prêtre

Le coin est parfois un peu humide
Le coin est parfois un peu humide

Nouvelle rencontre avec une bibe, dotée d'un bel abdomen doré, et son époux
Nouvelle rencontre avec une bibe, dotée d’un bel abdomen doré, et son époux

Beaucoup de cultures de lentilles dans la région
Beaucoup de cultures de lentilles dans la région

Nous nous arrêtons à nouveau au resto Le Platane dans Cilaos pour déjeuner. Dans l’après-midi, nous prenons la voiture pour aller jusqu’au bout du monde, en l’occurrence le village de l’Îlet à Cordes qui est un oasis de culture en plein cirque : champs de lentilles et vignes occupent le moindre recoin, les habitations s’étalent le long de la route qui n’a été construite que dans les années 70.

Le soir, pour notre dernière soirée à Cilaos, nous testons un dernier restaurant « Les Sentiers » (63 rue du Père Boileau : oui oui, la rue du Père Boileau, c’est un peu les Champ’ de Cilaos, c’est là que se concentre la vie  commerçante …) Demain direction la côte « sous le vent » pour rejoindre notre prochain hébergement, près de Saint-Gilles-les-Bains.

(à suivre …)