Manuel de pilotage à l’usage des pilotes bretons

Le cartographe du Conquet Guillaume Brouscon n’est certes pas aussi connu que Gérard Mercator, le célèbre mathématicien et géographe flamand du 16 ème siècle dont il est le contemporain, mais il a tout de même laissé quelques traces dans l’histoire de la navigation et des cartes marines.  Admirez par exemple sa carte du monde publiée en 1543.

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Une carte du monde par Guillaume Brouscon – 1543
Suivre ce lien vers l’image en grand format sur wikipedia.

 

L’Institut culturel de Bretagne dit de Guillaume Brouscon :
On ne connaît pas les dates de sa naissance ni de sa mort. Son nom apparaît au Conquet en 1543, comme « faiseur de cartes et de guides nautiques », peut-être appelé par les moines de l’abbaye de Saint-Mathieu. On a de lui un Traité de navigation manuscrit (1543), un Manuel de navigation destiné aux pilotes bretons (1548), conservé à la Bibliothèque nationale, des petits almanachs (5×7 cm) pour les marins avec des cartes pliées… Il a été parmi les premiers cartographes d’Europe à publier des cartes à marteloires et la qualité de ses informations semble exceptionnelle. À sa suite, on trouve au Conquet toute une lignée de cartographes, comme Yann Le Béchec, Yann Troadec, Alain Lestobec et Christophe Troadec, géographe du roi en 1650.

Certains avancent que le raid meurtrier des Anglais en 1568 sur le secteur de l’abbaye de Saint-Mathieu, Le Conquet et Plougonvelin cherchait à détruire les moyens de production cartographique de Guillaume Brouscon dont la compétence les inquiétait.

C’est au deuxième ouvrage cité que je veux m’intéresser aujourd’hui. Il est mis en ligne sur Gallica sous le titre de :

MANUEL DE PILOTAGE À L’USAGE DES MARINS BRETONS.

Vous pouvez le parcourir en entier dans le lecteur ci-dessous.

 

(Notez qu’en utilisant l’application Gallica sur mobile, la lecture est encore plus simple.)

J’ai découvert ce manuel du 16ème siècle grâce à une monographie consacrée aux cartographes bretons du Conquet, écrite en 1966 par un « érudit local » le docteur Louis Dujardin-Troadec, médecin à Saint-Renan. Ce petit livret appartenait à un de mes oncles qui s’intéressait beaucoup à l’histoire de la Bretagne et particulièrement celle du Finistère.

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Je ferai prochainement un article sur cette lignée de cartographes (de 1543 à 1650) et, en attendant, je vais vous parler plus en détail de ce petit manuel de pilotage auquel est consacré un chapitre complet de la monographie.

Cet ouvrage qui appartient à la Bibliothèque Nationale de Paris (Ms. fr. 25374) comporte 29 pages de 0,175 X 0,140, sur feuilles parcheminées où cartes, roses, navires, calendriers sont d’une grande finesse d’exécution et rehaussés de splendides enluminures aux couleurs les plus vives et une profusion de dorures que quatre cents ans n’ont pas ternies. Il y a 24 pages de texte.

Une note, en page de garde, dit que cet ouvrage a appartenu à la Bibliothèque de l’Église de Paris – « écrit en 1548 comme il se lit au Cadran de nuit. » La note eut pu ajouter : « et comme il se lit dans un cartouche au cadre de la grande carte ».[1]

L’ouvrage est destiné à apporter aux pilotes les informations nécessaires à la navigation :

  • Pour cela, on y trouvera une carte de l’atlantique nord entre la mer Baltique et l’Afrique du nord.
  • Puis, la partie la plus longue du guide est consacrée au calcul de la latitude à partir de la mesure de la hauteur du soleil et de l’étoile polaire : de nombreuses pages d’exemples, on dirait aujourd’hui des tutoriels, précèdent les tables de déclinaison du soleil couvrant une période de 4 années.
  • Suivent plusieurs cadrans destinés à des usages très techniques, dont un cadran de marée permettant de déterminer, pour tous les ports, les heures des marées.
  • Enfin, une table des fêtes mobiles précédant quatre superbes dessins d’une galère et de trois caravelles clôturent le manuel.
GRANDE CARTE MARINE A L’OUEST D’UNE LIGNE BALTIQUE-AFRIQUE
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Carte de l’atlantique nord

Le premier élément du manuel est donc une grande carte marine pliée en quatre :

Dans son angle inférieur droit, grande banderolle : G. BROUSCON. Elle présente des caractères communs avec celle de San Marino : cadre, cartouche, colonne de distances, tours qui, en Suède et à Copenhague, protègent l’entrée de la Baltique, tours et châteaux et drapeaux des Nations et principaux ports.

Si les pays nordiques ne sont qu’ébauchés, l’Angleterre est coiffée de l’Ecosse et l’on contourne l’Espagne et Portugal jusqu’à Carthagène par « Gibaltar » en face duquel on a une petite portion d’Afrique du Nord.

La liste des ports est dense ; il en est à l’encre rouge sans explication.

La carte porte une échelle de latitude, ce qui la classe parmi les cartes de navigation conquétoises, les autres cartes, sans latitude, n’étant que des cartes d’établissement des ports.

Comme le précise Louis Dujardin, cette carte comporte une échelle de latitude, ce qui indique qu’elle était destinée à la navigation hauturière. Elle est également traversée par de nombreuses lignes de rhumb issues de trois roses des vents (ce type de cartes est appelé carte à marteloires). Il ne s’agit pas de décoration bien entendu, même si l’effet graphique est assez intéressant : ces lignes sont tracées dans les 32 directions de la rose des vents et permettaient aux pilotes de reporter sur la carte le cap lu sur la boussole. Ce n’est pas un système de localisation mais une aide à l’estimation de la route suivie. Les roses des vents d’où partent les lignes de rhumb ne sont pas positionnées au hasard, mais là où les lignes suivront au mieux les routes principales.

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échelle des latitudes et lignes de rhumb

L’échelle de latitude, quant à elle, était relativement nouvelle sur les cartes, la généralisation de la projection de Mercator permettant de réaliser des cartes plus précises. Ce sont donc deux systèmes complémentaires qui cohabitent sur ces cartes : les lignes de rhumb pour estimer la route suivie, l’échelle des latitudes permettant d’affiner la position à partir de la mesure de la hauteur du soleil ou de l’étoile polaire.

Cependant, il faudra attendre, dans la seconde moitié du 18ème siècle, que l’on sache calculer la longitude avec précision pour que les marins disposent d’une localisation complète : la technique est complexe car elle nécessite la mise au point d’horloges et de montres très précises capables de conserver à quelques secondes près l’heure du port de départ. À compter de cette époque, les lignes de rhumb disparaîtront progressivement des cartes marines pour faire place à notre système de coordonnées, avec un quadrillage de latitude et de longitude.

Mais en cette année 1548, il faut apprendre aux pilotes à calculer la latitude après avoir mesuré la hauteur du soleil et de l’étoile polaire (« lestoille du nort ») ou de l' »étoile du Su ».

Je ne vais pas vous imposer la lecture de tous les « tutoriels » de Guillaume Brouscon : voici simplement des exemples qui me paraissent significatifs.

DE LA HAULTEUR DU SOLEIL

Premièrement

Vous avez de savoir que depuis le 11ème jour de mars jusque au 14ème jour de septembre le soleil est de la part du nord et du 14ème jour de septembre jusqu’au 10ème jour de mars le soleil est de la part du Su car par deux saisons de lan le soleil est en la ligne équinoctiale.[2]

La ligne équinoctiale, c’est l’équateur : ces quelques lignes de texte expliquent que le soleil est soit au-dessus (de la part du nord) soit au-dessous (de la part du sud) de l’équateur entre les deux dates d’équinoxe. Remarquez que celles-ci sont le 11 mars et le 14 septembre car en 1548, la réforme du calendrier grégorien n’a pas encore eu lieu, qui permettra de remettre les pendules à l’heure …

Sachez si vous voulez savoir en quelque point que vous soyez combien vous etes loin de la ligne ou si vous etes dessus ou dela pour la hauteur du soleil ou de bas sachez qu’il est nécessaire que vous prenez premièrement la hauteur du soleil par l’astrolabe ou quartier et au midi quand le soleil est au plus haut.

La hauteur sue, regardez entre la ligne et endroit le jour du mois en quoi on est et l’on trouvera en quel degré est le soleil et combien il tient de déclinaison iceluy jour ou de hauteur et si c’est dès le 11ème jour de mars jusqu’au 14ème de septembre que le soleil en ce temps va (…) et si l’ombre se faict au nort tu tireras la hauteur que tu prendras de 90 et à ceux qui te demeureront tu joindras la déclinaison que tu trouveras et quants degrés et minutes seront et, ce fait, verras combien tu es éloigné de la ligne équinoctiale pour la part du nort et afin que mieux vous l’entendez je pose un exemple en disant :

Je me suis trouvé en une part au 20ème jour d’aout et le soleil tenait de hauteur en iceluy jour 62 degrés ; tirez 62 degrés de 90 reste 28 que tu trouveras au calendrier du jour et du mois que le soleil tient de déclinaison 9 degrés 43 minutes lesquels ajoutés aux 28 font 37 degrés 43 minutes estant en eloignement de la ligne équinoctiale.

Traduction : si le soleil est au sud (« l’ombre se fait au nord »), si on est entre le 11 mars et le 14 septembre, pour avoir la latitude du lieu, on ôte la hauteur du soleil mesurée à midi (62°) de 90° et on ajoute la déclinaison donnée sur la table (90° – 62° + 9°43′ = 37°43′). Simple problème de géométrie et de calcul d’angles.

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Un peu plus loin dans le manuel, on découvre quatre tables annuelles de déclinaison du soleil (16 feuilles trimestrielles en fait) pour accomplir un cycle complet tenant compte de l’année bissextile. À noter que les valeurs de déclinaison citées par Guillaume Brouscon dans ses exemples ne correspondent pas à celles des tables …

Après la détermination de la latitude en utilisant la hauteur du soleil, il nous explique comment faire un relevé avec les étoiles. La difficulté, ici, est de trouver le pôle nord à partir des étoiles : contrairement à ce qu’on l’on croit, l’étoile polaire n’est pas pile-poil au nord. Si de nos jours l’étoile polaire n’est qu’à 0,45° du pôle nord, au 16ème siècle elle en était à plus de 2,5°, ce qui commence à faire beaucoup pour ceux qui veulent faire un calcul précis.

Aussi, fallait-il observer plusieurs étoiles, dont bien sûr l’étoile polaire elle-même, mais également l’étoile appelée la Claire des Gardes située quelque part sur la Grande Ourse.

RÉGIME ET GOUVERNEMENT DE LA ROUE QUI S’ENSUIT A PRENDRE A TROUVER LA HAUTEUR DE L’ETOILE DU NORD

Quand tu voudras prendre la hauteur de l’Etoile du Nord et les Gardes seront en quelqu’un des 4 lieux où l’Etoile va au bas du pôle, tu joindras les derniers degrés que l’étoile soit du bas du pole avec la hauteur que tu prendras et les degrés que tu trouveras ceux là te montrent combien tu es éloigné de la ligne.

(…)

Tu dois savoir que quand les gardes sont bien à une branche d’Ouest et les gardes- sont au devant du nord avec l’Etoile du Nord Lest et Vouest l’étoile du nort est par dessus 1 degré 1/2.

Autre exemple

Quand les gardes sont en la ligne par bas une branche du Vouest et y a une garde par outre le vouest et l’est l’étoile du nort est par haut de laxe 3 degrés et 1/2.

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Si j’ai bien compris, en fonction de la direction où se trouve la Claire des Gardes par rapport à l’étoile du Nord, le cadran indique de combien de degrés il faut augmenter ou diminuer la mesure de hauteur de cette dernière pour obtenir le pôle nord. Là aussi, il s’agit d’un simple problème de géométrie : les deux étoiles et le pôle nord forment un triangle de forme invariable mais qui pivote. Suivant l’orientation du côté reliant les deux étoiles, on peut en déduire la position du pôle. Plus simplement, le cadran donne la différence de hauteur entre le pôle et l’étoile polaire.

La rose suivante ….   qui est ci dessous figurée c’est pour apprendre la hauteur combien une nef court pour un degré sur chacun l’un de vent et combien le degré vaut de lieux autant pour les vents comme pour les demis vents et quarts de vents. Par cette rose tu le connaitras car il est écrit en chiffres au droit de chacun l’un de vent combien une nef peut faire de chemin sur chacun d’iceux rumb de vent qui est une chose bien nécessaire touchant le fait de la mer.

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On trouve sur ce cadran quelle distance un navire parcourt lorsqu’il se déplace d’un degré de latitude en fonction de son cap (sur la rose des vents, la direction suivie correspond à un « vent » ou à un « rhumb de vent »).

Puis … cette rose qui est dessous écrite est pour savoir les heures de 4 à nuit et pourquoi on doit bien mettre peine de savoir cette pratique pour son soin et son besoin.

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CADRAN DE MARÉE

Comme l’indiquent ses bandeaux, ce cadran est utilisable « pour toutes marées depuis Suest jusques à Ouest-Noroest ».

Pour comprendre la notion de marée « orientée » vers un des rhumbs de vent, il faut tenir compte de l’établissement du port, c’est-à-dire le retard en heures entre le passage de la lune au méridien du port un jour de nouvelle ou pleine lune et l’heure à laquelle survient la marée haute. Puis cette valeur est reportée sur une rose des vents comme s’il s’agissait d’une horloge. Bref ! cela revient à classer les ports selon une direction et c’est ce qui est dessiné sur les deux cartes plus bas : les fins traits qui partent de chaque port pour rejoindre un « vent » d’une des roses de vents ne sont pas une décoration mais bien une indication de la « direction » de ce port.

manuel_de_pilotage_cadran_mareeCARTE DES FLANDRES A CAP FINISTERRE AVEC ANGLETERRE, ÉCOSSE, IRLANDE

Cette carte est curieusement présentée sur deux pages : Nous ne possédons pas d’instruments d’étude pour la présentation de la cartographie marine de l’Angleterre, Ecosse, Irlande.

Les cinq roses de la carte portent les lettres : G. BR. OU. S.CON.

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Il me semble que le cadran de marée correspond au port du Conquet qui est « Sud-Ouest », ce qui doit être englobé dans le secteur « depuis Suest jusques à Ouest-Noroest ».

Le cadran est par la suite assez lisible : le cercle extérieur indique les 30 jours de lunaison, le deuxième cercle le cycle de la lune avec les vives-eaux et mortes-eaux. Les troisième et quatrième cercles donnent les heures de pleine et de basse mer.

Prenons un exemple : la prochaine pleine lune a lieu le 14 novembre 2016 vers 14 heures, c’est donc le haut du cadran indiqué 15 ème jour de lunaison. Selon le deuxième cercle, la marée de vives-eaux devrait avoir lieu 2 jours après (jour n°17) et la marée haute aura lieu à 4h30 (le 4 avec un point). D’après le SHOM, les marées hautes des 15 et 16 novembre auront les coefficients maximum de 112 et 111 et se produiront vers 17h20, 5h40 puis 18h10. Il faut retirer au moins une heure et demie à notre heure légale pour obtenir l’heure solaire moyenne au Conquet : nous avons donc des marées hautes qui se produisent à J+2 à 4h10 et 16h40 au soleil. Ça colle !

Toujours selon le cadran, la marée haute de mortes-eaux suivante devrait avoir lieu 7 jours après les vives-eaux à 10h30. Le SHOM confirme que cette marée haute aura un coefficient de 46 (le plus bas de la période) à 12h20 le 23 novembre, soit vers 10h50 au soleil. Ça colle encore !

TABLEAU DES FÊTES MOBILES

Dernier tableau du manuel, le calendrier perpétuel des fêtes mobiles religieuses sur une période de 28 années qui est le cycle de périodicité des nos calendriers (julien et grégorien).

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La colonne de gauche est celle des fêtes mobiles avec leurs attributs. Elle comprend les Quatre-Temps et l’Avent de Noël. On remarquera l’oie à la broche du Mardi gras.

À chaque fête mobile correspond une colonne horizontale comprenant les attributs des mois tels qu’ils sont indiqués dans la colonne centrale du tableau.

(Remarque : au lieu de colonne horizontale, on dirait une ligne de nos jours.)

Une colonne horizontale est réservée aux « bistes », années bissextiles qui sont des années à doubles lettres dominicales.

Les lettres dominicales du tableau étant A/G, F, E, D, C/B …  et les nombres d’or, au bas du tableau étant 10, 11, 12, 13 … indiquent la date de 1548.

La lettre dominicale est la lettre affectée aux dimanches d’une année lorsqu’on associe chaque jour de la semaine à une lettre de A à G, en donnant la lettre A au 1er janvier. Le premier dimanche tombe sur une lettre qui caractérise l’année puisque tous les dimanches auront la même lettre, sauf les années bissextiles où ils auront deux lettres (le 29 février porte la même lettre que le 28).

Le nombre d’or est compris entre 1 et 19 et correspond au numéro de l’année à l’intérieur du cycle lunaire périodique de 19 ans. Le nombre d’or de l’année de naissance du Christ était de 1, y a plus qu’à calculer …

La détermination de la date de Pâques se fait au moyen d’un calcul assez complexe faisant intervenir la lettre dominicale, le nombre d’or mais encore d’autres paramètres. C’est cette date qui servait de base à toutes les autres fêtes mobiles et elle avait une importance considérable. c’est d’ailleurs parce que Pâques petit à petit se décalait vers l’été que le calendrier a été réformé quelques années plus tard en 1582 : les travaux agricoles du printemps et de l’été s’accordaient mal avec la multitude des fêtes religieuses qui éloignaient les paysans de leurs champs …

Chaque colonne horizontale porte, au-dessous de chaque attribut de mois, une date ; c’est celle de la fête mobile. On voit ainsi que Pâques porte le nombre 1 et le symbole d’avril. De fait, en 1548 Pâques eut lieu le 1er avril.

Comme tous les tableaux de fêtes mobiles, celui-ci est établi pour un cycle solaire de 28 années et se termine à 1575. C’est donc un calendrier perpétuel julien des fêtes mobiles.

On arrive à la fin du manuel : une galère et trois caravelles illustrent ce remarquable travail.

Je conclurai cet article en citant la leçon de maths de Guillaume Brouscon qui nous explique dans un de ses tutoriels comment effectuer une soustraction avec des degrés et des minutes :

Pour bien la pratiquer il est à noter qu’on doit assembler degrés à degrés, et minutes à minutes. Mais si vous avez minutes à oter de degrés par faute de minutes prenez un degré et puis le faut résoudre en sa hauteur qui sont 60 minutes. Otez ce qu’il vous faut de minutes c’est à savoir si vous avez 50 degrés 30 minutes à oter de 90 degrés, premièrement otez les 50 degrés de 90 ; reste 40 degrés desquels vous faut oter 30 minutes et pour ce faire de ces 40 prenez en 1, reste 39 et de ce degré qui vaut 60 minutes prenez en 30 ; reste 30 minutes et votre hauteur sera de 39 degrés 30 minutes qui valent demi degré.

CQFD …

 

 

 

 

 

 

  1. [1]Le texte écrit en couleur est repris de la monographie de Louis Dujardin
  2. [2]Le texte écrit en couleur et en italique est la retranscription du texte original du manuel par Louis Dujardin