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Jean ARP – Objet casanier – Cette sculpture en plâtre porte sur sa surface des traces de « coutures » qui indiquent qu’il s’agit d’un moulage original brut. Elle a sans doute été utilisée pour réaliser un moule destiné à une ou plusieurs versions en bronze de cette forme. Souple et sensuel, cet « obiet » comme Jean Arp le nomme et non « sculpture », doit sa forme au hasard. L’artiste, devenu essentiellement sculpteur depuis 1930, retouche son travail jusqu’à l’obtention d’une figure non préméditée. L’humour et la poésie du titre rappellent les débuts de la carrière de Jean Arp : le mouvement Dada qui lui donne une complète liberté de création, le surréalisme qui encourage la relation texte/forme et les expérimentations techniques, le groupe Cercle et Carr qui lui inspire un univers abstrait. 1956 – Is – 1963 – Cette forme longue et souple est rythmée par quatre volumes qui vont en décroissant de bas en haut. Elle rappelle les modules de la Colonne sans fin de Brancusi, de 1938. Jean Arp, qui a visité l’atelier du sculpteur roumain dans les années 1930, est très influencé par la modernité de ses formes abstraltes.
En 1954, le Grand prix de sculpture de la Biennale de Venise apporte à Arp la consécration. Il répond à des demandes croissantes de tirages en bronze de ses œuvres en plâtre qu’il n’avait pu faire jusqu’alors faute de moyens. La sculpture Is est l’un des exemples des plâtres utilisés pour la réalisation d’un moule permettant de faire des versions en bronze. De 1954 à sa mort en 1966, la carrière d’Arp est à son apogée. Salué par une exposition personnelle au MoMa de New York en 1958, son travail fait l’objet d’une rétrospective au Musée national d’art moderne de Paris en 1962.