Ciels de janvier

Voici une petite galerie de photos de paysages sous des ciels de janvier, très changeants. J’ai parfois laissé le bruit parce que ça se prête bien aux traitements en noir et blanc, j’en ai même rajouté une fois pour cacher le flou (mais ça se voit !).

Images d’antan et de maintenant (suite)

J’avais promis une suite pour l’article « Images d’antan (1873) et de maintenant » car il me manquait des prises de vue pour assurer une meilleur comparaison. C’est maintenant chose faite, j’en ai profité pour présenter différemment les photos qui sont maintenant collées l’une à l’autre pour que la co-visualisation soit plus facile et plus instructive.

Voici donc les mêmes sites actualisés.

L'abbaye de Saint-Mathieu - J. Duclos 1873 - MF 2013
L’abbaye de Saint-Mathieu – J. Duclos 1873 – MF 2013

 

La pointe de Saint-Mathieu - J. Duclos 1873 - MF 2013
La pointe de Saint-Mathieu – J. Duclos 1873 – MF 2013

 

Le Conquet depuis Kermorvan - J. Duclos 1873 - MF 2013
Le Conquet depuis Kermorvan – J. Duclos 1873 – MF 2013

 

La pointe de Kermorvan - J. Duclos 1873 - MF 2013
La pointe de Kermorvan – J. Duclos 1873 – MF 2013

Je n’ai pas mis l’horizon au milieu de ma photo comme l’a fait J. Duclos, mais je trouve que c’est plus joli comme ça ! Le format ovale impose peut-être une mise en page de ce type, sinon les points d’intérêt seraient trop porche du bord …

La pointe du Minou - J. Duclos 1873 - MF 2013
La pointe du Minou – J. Duclos 1873 – MF 2013

Je pensais avoir trouvé le bon angle de vue pour cette dernière comparaison à la pointe du Minou, mais J. Duclos devait être situé un peu plus haut et à droite. Je ne suis pas sûr que ce soit possible de se poster au même endroit que lui, car les broussailles ont poussé depuis 140 ans et ne permettent pas d’avoir une vue dégagée sur le phare. On se contentera donc de cette comparaison approximative…

À 100 ans de distance, Paris éternelle

Voici une comparaison de deux vues parisiennes à 100 ans de distance, qui montre que certains paysages urbains ne se modifient pas beaucoup. Ce sont les personnes qui évoluent le plus.

Les points de vue ne sont pas tout à fait identiques :

– dans le jardin du Luxembourg, le banc où est assis le monsieur en haut de forme n’existe plus, mais il était situé plus près la rambarde, au niveau des trois arbres de droite les plus éloignés (qui semblent exister encore). J’aurais du m’avancer de quelques pas, mais mon souvenir de cette photo d’Auget était insuffisant, j’ai shooté un peu au hasard. Par contre, ce sont toutes les deux des photos hivernales …

Jardin du Luxembourg
Jardin du Luxembourg – à gauche Atget (1900), à droite, moi (2013)

– le long de la Seine, je ne suis pas sûr qu’on puisse se positionner là où se trouvait le photographe de 1920 : les quais « haut » ont du s’avancer vers le lit de la Seine pour laisser plus de place aux bagnoles sur le quai des Tuileries. De plus, la photo actuelle a été prise il y a déjà quelques mois, la correspondance géographique n’est qu’approximative.

La Seine, quai des Tuileries - à gauche en 1920, à droite en 2012
La Seine, quai des Tuileries – à gauche en 1920, à droite en 2012

Une vue encore plus ancienne, dénichée dans un musée de Los Angeles, peinte par Jean-Baptiste Raguenet.

Jean-Baptiste Raguenet (French, 1715 – 1793)
A View of Paris with the Ile de la Cité, 1763, Oil on canvas
Unframed: 44.5 x 81.9 cm (17 1/2 x 32 1/4 in.)
Framed: 62.2 x 98.7 x 6 cm (24 1/2 x 38 7/8 x 2 3/8 in.)
The J. Paul Getty Museum, Los Angeles

Paysages de marée

La marée est un phénomène naturel qui me fascine, et cette attirance est sans aucun doute alimentée par la beauté des paysages littoraux qui se transforment en permanence.

Je suis tombé par hasard sur le site d’un photographe anglais, Michael Marten, qui a fait des photos de ces transformations en mettant en vis-à-vis des photos du même paysage à marée basse et à marée haute (il a même fait un livre sur ce sujet).

C’est ici : http://www.michaelmarten.com

michael_marten_sea-change

 

Je me suis déjà amusé à faire ce même exercice sur les paysages marins que je connais bien et que je fréquente régulièrement, ce qui donne les résultats suivants (merci à iZa pour ses conseils techniques).

À Argenton, petit port de la commune de Landunvez.

ARGENTON_compar

 

Au port du Conquet, plus exactement sur le quai du Drellach.

LE_CONQUET_compar

 

Sur le site de Michael Marten, il y a aussi des vidéos qui montrent l’avancée de la mer tout au long de ma marée (il faut aller voir dans Sea change – Animation).

On peut aussi admirer ce phénomène sur le site de Diabox, société brestoise qui propose des dispositifs de suivi en temps réel de la météo pour ceux qui veulent agrémenter leur site web (exemple de la pointe de Kermorvan).

On peut y voir des vidéos des jours précédents résumant le temps qu’il a fait sur 24 heures en 2 minutes 30 secondes. Exemple de l’île Wrac’h le 20 décembre 2013 (il faut patienter ou faire avancer la vidéo pour atteindre le lever du soleil) : vidéo de l’île Wrac’h le 20/12/2013

C’est certes moins esthétique que la vidéo de notre photographe mais c’est actualisé chaque jour.

Pour changer un peu

Pour changer un peu des photos anciennes ou contemporaines, voici une image hors du temps.
Oui, une aquarelle d’iZa, faite rien que pour le blog, un original sur du papier avec de la couleur.

Une aquarelle de la pointe de Kermorvan - Merci iZa ©
Une aquarelle de la pointe de Kermorvan – Merci iZa ©

Et pour ceux qui voudraient savoir où cela se trouve, un peu de cartographie, de manière tout aussi originale.

C’est une cartographie basée sur OpenStreetMap (OSM pour les intimes). OSM est une base de données géographiques mondiale, sous licence libre et ouverte qui permet à tout le monde de faire sa propre carto sans avoir besoin d’acheter des données à l’IGN ou à ses confrères étrangers.

Les données ne sont pas toujours très exactes ou très précises, cela dépend de la motivation des contributeurs bénévoles. Mais elles sont souvent beaucoup plus rapidement mises à jour …

Le site http://maps.stamen.com exploite OSM pour créer ses propres cartes, dont ces très jolies « aquarelles ». Je vous invite à aller y faire un tour.

En fait, il « suffit » de créer un style de représentation pour chaque type d’objet présent dans la carte : un fond bleu pour l’eau, un fond vert pour la végétation, des styles de ligne pour les routes, etc. Ensuite, les moteurs cartographiques utilisés pour afficher les cartes dans les pages web lisent les données (dans OSM) et y appliquent le style choisi (qui peut varier selon l’échelle) et voila le résultat !

 

Meneham, corps de garde du pays pagan

Le pays pagan (païen en breton) correspond au littoral du Finistère nord situé entre Guissény et Kerlouan, ou, si on veut être un peu plus expansionniste, entre l’Aber-Wrach et Tréflez.

Pour localiser le Pays pagan sur la carte du Nord-Finistère
Pour localiser le Pays pagan sur la carte du Nord-Finistère

Cette portion du littoral, très découpée, semée de cailloux et d’écueils très dangereux pour la navigation, a connu de nombreux naufrages tout au long de l’histoire (pour mémoire, en 1978, l’Amoco Cadiz, pétrolier de sinistre mémoire, a coulé à quelques kilomètres à l’ouest, au large de Portsall). Pour couronner le tout, ses habitants ont traîné pendant très longtemps une réputation de naufrageurs. Réputation sans doute exagérée mais tellement « romantique » à la fin du XIXème siècle pour faire frémir les bonnes âmes.

Extrait de l’article consacré à Meneham dans Wikipedia (le texte seulement, les photos sont à moi !) : « Construit pour surveiller la côté, le corps de garde, seul bâtiment tourné vers la mer, est le premier édifice du hameau de Meneham. L’incertitude demeure sur sa date de construction, qui n’est à ce jour pas connue. Longtemps attribué à Vauban (1633-1707), plusieurs éléments laissent à penser qu’il aurait été édifié vers 1756, soit une cinquantaine d’années après la mort du célèbre architecte. Le Duc d’Aiguillon, alors commandant en chef de la Province de Bretagne de 1753 à 1768, a, en effet, ordonné la construction de grand nombre de corps de garde sur le littoral breton. Il y a de fortes chances que celui de Meneham en ait fait partie.

Le corps de garde dans son écrin de granite
Le corps de garde dans son écrin de granite
Le corps de garde (ici vu depuis la plage) est le seul bâtiment "tourné vers la mer"
Le corps de garde (ici vu depuis la plage) est le seul bâtiment « tourné vers la mer »
L'entrée du corps de garde au milieu des rochers
L’entrée du corps de garde au milieu des rochers

À l’origine, le corps de garde abrite des miliciens, recrutés dans la paroisse de Kerlouan, puis des douaniers à partir de 1792. D’abord hébergés dans le village du Théven, à proximité de Meneham, les douaniers arrivent dans la caserne, construite au début des années 1840. Ils y restent avec leur famille, jusqu’en 1860 environ. Vers 1840, les premières maisons, dites de « rapport » sont construites. Petites, au toit de chaume avec peu d’ouvertures, ces maisons étaient louées à des familles de paysans.

Progressivement, à la fin du xixe siècle, le village s’agrandit : les petites maisons sont « doublées » pour accueillir de nouveaux foyers. Les conditions de vie au village restent difficiles. La proximité de la mer, la rudesse du sol et les tempêtes hivernales, ne facilitent pas la vie de ses habitants, une vie rythmée par le travail de la terre : préparation et amendement, plantations, entretiens, récoltes.

Cette activité ne permettant pas de subvenir aux besoins, les habitants se tournent tout naturellement vers la pêche côtière et la récolte du goémon. Les produits de la pêche, essentiellement des crustacés, étaient revendus aux mareyeurs. Quant à la récolte du goémon, elle nécessitait plus de travail et de bras. Tous les membres de la famille prenaient part au ramassage des différentes variétés, au séchage, à la mise en tas puis au brûlage afin d’obtenir des pains de soude, ensuite amenés dans une usine de traitement à Plouescat.

La vie à Meneham n’était certes pas facile, mais était ponctuée de moments de fêtes, notamment lors des fameuses fêtes Pagan. La fermeture de la chaumière en 1977 marquera la fin de cette époque. Petit à petit, le village se vide et les bâtiments tombent en ruines.

En 1989 la commune de Kerlouan lance une procédure d’acquisition du village tendis que le Conseil Général du Finistère achète des terres autour du hameau. Au début des années 2000, avec la Communauté de communes du Pays de Lesneven et de la Côte des Légendes, un projet de rénovation est engagé. Aujourd’hui restauré, le village ouvre ses portes aux visiteurs. »

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Sur ce montage, j’ai superposé le plan de l’aménagement à la photo aérienne du site. Tout ce qui est situé dans le cadre a fait l’objet de la restauration entre 2004 et 2008.

A l’occasion de mes visites successives sur le site de Meneham, j’ai pu constaté à deux ou trois reprises l’avancement des travaux.

Premières photos : en 2004. Ci-dessous, un panoramique réalisé en avril. En regardant bien, on constate que le site est en ruine, seuls les murs ont été renforcés pour éviter une dégradation plus importante.

Panoramique à 360° du site en 2004 : sur la droite de la photo (donc vers le sud), on voit très bien l'état des constructions avant le début de la restauration.
Panoramique à 360° du site en 2004 : sur la droite de la photo (donc vers le sud), on voit très bien l’état des constructions avant le début de la restauration.

D’un peu plus près, ce sont incontestablement des ruines !

Les futures échoppes des artisans
Les futures échoppes des artisans

Le massif rocheux du corps de garde était déjà là !
Le massif rocheux du corps de garde était déjà là !

Plus de toit, mais il y a toujours une cheminée
Plus de toit, mais il y a toujours une cheminée

Les vieilles coques sont déjà là à attendre on-ne-sait-quoi
Les vieilles coques sont déjà là à attendre on-ne-sait-quoi

En 2006, les travaux de restauration ont débuté. Sur le panoramique ci-dessous qui est plus modeste que le précédent (juste deux photos !), on s’aperçoit que la future auberge (à gauche) est bien avancée ainsi que les gîtes (à l’arrière plan sur la droite). L’espace artisans, devant les gîtes, est encore dans le même état que deux ans auparavant. Mais cela avance bien.

L'état du chantier en mars 2006
L’état du chantier en mars 2006
L'auberge en 2006 côté mer
L’auberge en 2006 côté mer
L'auberge en 2006 côté "jardin"
L’auberge en 2006 côté « jardin »

Le site a ouvert au public en 2008 mais je n’y suis pas retourné avant le mois de juillet 2011 où j’ai découvert l’ensemble des nouveaux aménagements (sous un soleil éclatant). Puis nous avons effectué une petite visite en cette année 2013 sous un ciel beaucoup plus chargé et moins propice aux belles photos. Mais admirons tout de même …

L'espace artisans
L’espace artisans

Une petite remise et le four à pain
Une petite remise et le four à pain

La maison du pays pagan, petit musée des traditions
La maison du pays pagan, petit musée des traditions

L'espace artisans (à comparer avec la photo plus haut)
L’espace artisans (à comparer avec la photo plus haut)

Les gîtes du site, étape sans doute bien prisée sur le GR34
Les gîtes du site, étape sans doute bien prisée sur le GR34

Une très belle restauration dans une architecture traditionnelle
Une très belle restauration dans une architecture traditionnelle

Les vieux bateaux sont toujours là
Les vieux bateaux sont toujours là

Un four à goëmon qui a servi il n'y a pas longtemps
Un four à goëmon qui a servi il n’y a pas longtemps

Le corps de garde, lui, est inamovible dans sa muraille de pierre (on dit que son toit a été construit en pierre car les villageois venaient voler les ardoises et le bois de la charpente à chaque relève des douaniers ou des gardes).

Depuis cette année, l'accès au corps de garde de ce côté-ci est interdit, pour régénérer la végétation de la dune.
Depuis cette année, l’accès au corps de garde de ce côté-ci est interdit, pour régénérer la végétation de la dune.

Et, avant de quitter le coin, encore deux points de vue : le premier est la vue depuis le corps de garde en direction du large.

La vue depuis le corps de garde : des cailloux, encore des cailloux, toujours des cailloux
La vue depuis le corps de garde : des cailloux, encore des cailloux, toujours des cailloux

Le second, en bord de mer, avec le tas de goëmon séché qui est là depuis de nombreuses années (on le distingue nettement sur le premier panoramique).

Panoramique au tas de goëmon séché
Panoramique au tas de goëmon séché

La jetée au pied du village, qui facilite l’accostage des bateaux de pêche, est en cours de reconstruction en ce mois de juin 2013 : voilà l’occasion de retourner bientôt pour faire de nouvelles photos.

Callot, l’île aux souvenirs.

itinéraire du jour
cliquer sur la carte pour situer les lieux décrits dans cet article

Il y a près de cinquante ans, j’ai découvert l’île Callot lors de vacances que nous passions en famille, sous la tente, pendant quelques semaines estivales. J’en ai gardé des souvenirs de pêche, de ramassage de goémon, de promenades sans fin dans les dunes, d’escalades dans les rochers, de baignades, de bateaux.

Puis les occasions ont été peu nombreuses d’y retourner, aussi ai-je bien apprécié de le faire voici quelque temps lors d’une promenade qui nous avait menés auparavant à Roscoff pour déguster quelques crêpes (l’article de Wikipedia sur Roscoff est particulièrement bien documenté).

Roscoff : le cadran solaire sur le mur sud de l'église
Roscoff : le cadran solaire sur le mur sud de l’église

Roscoff : une clef de voûte originale dans le porche de l'église
Roscoff : une clef de voûte originale dans le porche de l’église

Roscoff : le dragon de garde d'une maison d'armateur
Roscoff : le dragon de garde d’une maison d’armateur

Roscoff : une vielle demeure comme il y en a tant dans la ville
Roscoff : une vielle demeure comme il y en a tant dans la ville

Mais continuons notre périple …

L’île Callot jouit d’une position privilégiée en plein milieu de la baie de Morlaix qu’elle partage en deux parties, l’estuaire de la Penzé à l’ouest et la « rade de Morlaix » à l’est où aboutit la rivère de Morlaix (admirez la subtilité des cartographes qui placent la rade de Morlaix comme un sous-ensemble de la baie de Morlaix). L’île est située au large de Carantec, petite cité balnéaire et familiale,  dont elle fait partie administrativement.

Sur la carte du GéoPortail, une route semble relier le continent à l’île en permanence, mais il n’en est rien. Presqu’île lorsque la mer descend, Callot n’est accessible à pied sec par une chaussée submersible qu’à certaines heures, en gros de deux heures avant la marée basse jusqu’à deux heures après. Mais cette durée dépend du coefficient de la marée. Il faut donc se montrer patient si l’on veut s’y rendre en voiture.

La chaussée pour se rendre sur l'île Callot
La chaussée submersible pour se rendre sur l’île Callot

Pour ceux qui sont pressés, il existe un itinéraire par les bancs de sable qui constituent la véritable passe entre l’île et le continent (c’est la Passe aux moutons) et que l’on voit sur la photo ci-dessous au niveau des deux petites îles à gauche. Par là, on gagne un peu de temps car le chemin est découvert pendant six heures, mais il faut connaître, les risques d’enlisement ne sont pas négligeables. Alors, mieux vaut se renseigner pour arriver au bon moment et emprunter la chaussée carrossable. Et surtout pour éviter ça (article dans Le Télégramme) !

Sur cette image aérienne du GéoPortail, on distingue nettement les deux passages possibles : le direct et la Passe aux Moutons (à gauche par le petit îlot)
Sur cette image aérienne du GéoPortail, on distingue nettement les deux passages possibles : le direct et la Passe aux Moutons (à gauche par le petit îlot)

Depuis quelques années, la circulation des voitures est limitée sur l’île et les visiteurs doivent abandonner leur véhicule dans deux parkings aménagés. Bonne mesure (ça n’existait pas de mon temps !) qui permet de profiter d’un environnement plus calme. Seuls les riverains peuvent circuler.

L’article de wikipedia consacré à Carantec nous précise : « L’île Callot, accessible depuis le continent par une chaussée submersible qui permet de franchir la « Passe aux moutons », s’étend sur 2,125 km de long et mesure de 150 à 300 m de large. L’île est composée de deux îlots de granite reliés par un cordon dunaire. C’est une terre pleine de charme qui est essentiellement constituée de petites criques, de dunes, d’ajoncs, de champs et de pâturages et qui offre aussi des plages. La pointe nord permet de découvrir enfin un paysage partagé entre les dunes sauvages et les ensembles de massifs granitiques battus par les vagues. Le granite de l’île Callot, réputé pour sa qualité et sa quantité a servi pour la construction de nombreux monuments de la région dont le Château du Taureau, la Manufacture des tabacs de Morlaix, les églises de Henvic, Taulé, Guiclan, Plouezoc’h et les traces des anciennes carrières demeurent visibles. »

Le coeur de l’île, c’est la chapelle dédiée à Notre-Dame de Callot, en breton Itron Varia ar Galloud, ce qui signifie Dame Marie de toute puissante. Voila l’origine du nom Callot et aussi pourquoi la statue de la Vierge dans la chapelle est sous-titrée Virgo Potens (Vierge toute puissante). Le clocher de la chapelle est inscrit aux monuments historiques depuis 1914, mais pas le reste du bâtiment :

« Le clocher de la chapelle se compose d’une tour à parements unis avec un campanile accessible par un escalier circulaire et dont la balustrade d’appui est portée en encorbellement, formant en quelque sorte le départ de ce campanile à jour dont les piliers parallèles constituent le beffroi des cloches. »
La chapelle ND de Callot et son clocher inscrit aux monuments historiques
La chapelle ND de Callot et son clocher inscrit aux monuments historiques
Au sommet de l'île, la chapelle ND de Callot domine tout le paysage
Au sommet de l’île, la chapelle ND de Callot domine tout le paysage
Un résumé de l'hisoire de l'île à droite en français
Un résumé de l’hisoire de l’île à droite en français. Le texte en breton à gauche raconte autre chose : selon cette inscription, le pape Grégoire VI accorda en 1840 une indulgence plénière aux fidèles qui se confessent et communient dans la chapelle Notre-Dame-de-Callot.
L'intérieur de la chapelle
L’intérieur de la chapelle. Les boiseries seraient classées depuis 1994, mais je n’en ai pas trouvé trace.

Nous poursuivons la balade sous un temps nuageux, ce qui donne un ciel « cramé » sur les photos. Le traitement des images en « raw » permet de récupérer un peu de matière, mais c’est au détriment du bruit de luminance car j’ai du fermer un peu le diaphragme pour éviter la surexposition du ciel.

Séquence émotion : le bateau, c'est l'"Oiseau des îles" sur lequel je suis, jadis, allé à la pêche.
Séquence émotion : le bateau, c’est l' »Oiseau des îles » sur lequel je suis, jadis, allé à la pêche. Il doit être remisé là depuis longtemps …

C’est triste, un bateau qui meurt, mais ça donne de belles images de textures et de belles couleurs …

Détails d'écailles
Détails d’écailles
Les plantes à l'assaut de la coque du moribond
Les plantes à l’assaut de la coque du moribond

Mais le temps passe et nous devons continuer notre route : retour donc vers le parking et la voiture qui nous attend sagement.

Un dernier panoramique avant de quitter l’île : pas de souci pour rejoindre le continent, la mer est au plus bas, la chaussée sera bien dégagée et presque sèche !

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Que de baignades sur cette plage bien abritée quand le vent souffle de l’ouest. Sinon, on se baigne sur celle située de l’autre côté du cordon dunaire, face à Saint-Pol-de-Léon.

Après avoir quitté Carantec et longé la rivière de Morlaix par la route dite « de la corniche », nous reprenons la voie express en direction de l’ouest. Mais au premier échangeur, nous faisons une petite halte à Saint-Thégonnec pour admirer ce qui est sans doute un des plus beaux enclos paroissiaux de la région (quoique ! celui de Pleyben est assez bien aussi).

L'enclos paroissial de Saint-Thégonnec
L’enclos paroissial de Saint-Thégonnec
Je ne sais pas qui c'est, mais ils étaient beaux sous le soleil qui se montrait enfin
Je ne sais pas qui c’est, mais ils étaient beaux sous le soleil qui se montrait enfin

Petit nota bene : je suis tombé par hasard sur une thèse de 1975 relative à l’Étude morphologique et sédimentologie de l’île Callot en Carantec (Finistère). Très instructive bien sûr et aussi révélatrice des progrès effectués depuis 40 ans dans la présentation des documents ! (je ne me prononce pas sur le contenu qui m’échappe complètement).

1975 – Auteur(s) : Loarer Ronan
Résumé : Partant de l’originalité de la position charnière de l’île Callot dans la baie de MORLAIX, l’étude est centrée d’une part sur la morphologie des renflements et autres affleurements rocheux formant l’épine dorsale de l’île et d’autre part sur la sédimentologie des accumulations de l’île et de la « Passe ».
La nature et les causes de l’évolution des pointements rocheux et des isthmes les réunissant ainsi que l’ensemble complexe des accumulations séparant Callot du continent sont détaillés.
Une reconstitution chronologique est proposée en conclusion. 

 

Promenade strasbourgeoise

Au début du mois d’avril, nous avons passé quelques jours à Strasbourg. Nos souliers nous ont baladés dans le centre ville, entre Petite France et cathédrale, entre barrage Vauban et parlement européen. A pied, en vélo et en bateau, ce fut l’occasion de mitrailler pour ramener quelques souvenirs photographiques …

Incontournable, bien entendu, la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg avec sa façade magnifiquement travaillée en grès rose des Vosges, sa tour culminant à 142 mètres et son horloge astronomique.

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Photo de la cathédrale prise à la tombée de la nuit. Le cadrage est toujours délicat car il n’y a pas beaucoup de recul, ou elle est trop haute !

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Le lendemain, j’ai tenté un panoramique vertical avec deux photos. Le résultat est convaincant pour englober l’ensemble de la cathédrale sans trop de déformations style fisheye. Sinon, on obtient ce qui est ci-dessous :

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Mais cette vue a aussi son charme, car elle donne l’impression de rentrer dans un espace hors du temps, avec au fond du tunnel, un drôle de monument non identifié.

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Admirez le travail des artisans qui ont bâti cette façade, et aussi celui de ceux qui depuis des siècles continuent à l’entretenir.

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L’horloge astronomique occupe une chapelle à elle toute seule. Je suis impressionné par le nombre d’informations fournies depuis la position des planètes dans le ciel jusqu’à la succession des heures d’une journée. Tout cela à partir d’un seul tic-tac ….

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Par exemple, cette horloge du « temps apparent » donne, sur la cadran intérieur, l’heure qu’il est (il s’agit du temps « moyen », heure solaire moyenne du lieu, pas de l’heure légale GMT +2), donc la position du soleil par rapport à la terre ainsi que les heures du coucher et du lever du soleil. De plus, le cadran extérieur indique le jour de l’année : il tourne et c’est le petit monsieur avec sa couronne qui montre le jour avec sa flèche . De l’autre côté, la petite dame à l’air un peu coquin, c’est Diane chasseresse (elle a aussi une flèche dans la main).

Pour ceux que cela intéresse, la photo a été prise à 12h40 (voir les données EXIF), or l’horloge indique un peu plus de 11 heures : 12h40 en GMT +2 (heure d’été légale depuis le 30 mars) signifie 10h40 « au soleil ». Mais, pour l’heure légale, c’est le soleil de Greenwich qui est pris en compte, donc en gros celui de Paris. Strasbourg est située 600 km à l’est, ce qui représente grosso-modo une demi-heure d’avance « solaire » sur le méridien origine. D’où une heure solaire de 10:40 + 0:30 = 11:10 à Strasbourg quand il est 12:40 légalement en France métropolitaine.

L’heure est dite moyenne, car l’horloge ne calcule pas « l’équation du temps » qui tient compte du fait que la course de la terre autour du soleil ne s’effectue pas à vitesse constante (ellipse) et que l’équateur est incliné sur l’écliptique : donc par rapport à un mécanisme qui fonctionne régulièrement, cette vitesse variable peut introduire des décalages qui peuvent aller jusqu’à plus ou moins 15 minutes avec la position réelle du soleil dans le ciel (ce décalage peut expliquer pourquoi l’heure d’une horloge ne correspond pas à celle des cadrans solaires). En l’occurrence, l’équation du temps à cette période était de 3 ou 4 minutes. Donc, l’estimation de l’heure solaire moyenne est la bonne.

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Quelques beaux éclairages dans la cathédrale, mais dans l’ensemble ça n’est pas terrible, car l’essentiel de la lumière est fourni par d’énormes lustres suspendus qui éblouissent plus qu’autre chose quand on veut admirer l’architecture du lieu.

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Sur la « plate-forme », que l’on atteint après une grimpette de 330 marches, on découvre bien sûr, les toits du centre ville.

Après la cathédrale, découverte du quartier de la Petite France, le long de l’Ill, qui rappelle le temps où une grande partie du commerce passait par ces voies d’eau et où les riches (stras)bourgeois s’installaient dans de superbes demeures.

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VNF exploite encore la navigation fluviale dans cette zone, même s’il n’y a plus que les bateaux à passagers qui empruntent la rivière pour faire visiter aux touristes la zone comprise entre le barrage Vauban et le quartier de l’Europe. On franchit habituellement deux écluses et un pont tournant, mais notre parcours a été raccourci, en raison des crues qui interdisaient le tour complet de l’île par l’Ill. Nous avons d’ailleurs emprunté l’avant-dernier bateau ce vendredi matin, car la navigation a été complètement interrompue quelques minutes après notre embarquement.

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Vu du Barrage Vauban, un panoramique  sur les ponts couverts et le quartier de la Petite France. Les 3 tours (ce sont elles qu’on appelle les ponts couverts) sont les restes des anciens remparts qui protégeaient le coeur de la ville. La cathédrale n’est jamais loin. On y est revenu trois fois, la dernière était la bonne pour le soleil …

Le Barrage Vauban, aussi appelé la grande écluse, est ci-dessous. Sur la droite, ce sont les locaux de l’ENA aménagés dans l’ancienne commanderie Saint-Jean, qui a été jusqu’en 1988 la prison Sainte-Marguerite. 
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Le lendemain samedi, après la visite du musée des Beaux-Arts dans le Palais Rohan, nous avons essayé les vélos en libre service de Strasbourg, les VélHop pour pousser à nouveau jusqu’au Parlement européen, faire une halte au parc de l’Orangeraie pour voir les cigognes et revenir vers le centre ville par la Cité universitaire et les quartiers sud.

Très bien le système VélHop : les vélos sont bien, pas trop lourds, il y a des boutiques « humanisées » avec des vrais morceaux de gens dedans qui vous parlent et vous rendent service, on peut louer les vélos sur une longue période (plus que les 30 mn des Vélib), ce qui est très pratique quand on fait du tourisme.

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Devant le siège d’Arte, à deux pas du Parlement européen, l’homme-girafe du sculpteur Stephan Balkenhol 

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Dans le parc de l’Orangeraie, il y a beaucoup de cigognes qui nichent. Il y a même une ferme pour en élever afin de repeupler nos campagnes …

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Devant le Parlement européen, les 27 drapeaux des états-membres.

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Avec nos « vélhops » devant la Cour européenne des Droits de l’homme. Sur la rivière, VNF exploite un « vieux » barrage à aiguilles, qui était presqu’entièrement effacé (c’est le terme) en raison de la crue.
Encore quelques pas dans les rues de Strasbourg …

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Là, c’est un ancien relais de poste qui a été réhabilité en hôtel : très belle restauration.

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L’église des bateliers le long de l’Ill

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Un qui a mal lu son contrat ?

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La fameuse maison Kammerzell au pied de la cathédrale : transformée en restaurant et petit hôtel de 6 chambres (sous les combles paraît-il)

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 La place du marché Gayot, exclusivement réservée aux piétons, aux bars et aux restaurants. Coin sympa. Au milieu de la place, la Pierre trouée (à Jean Clareboudt) de Daniel Pontoreau.

J’ai mis un peu plus de photos sur l’album ici.

Strasbourg, c’est ici sur le GéoPortail.

 

 

La Réunion : quels cirques !

Des petits souvenirs d’un récent voyage à la Réunion : deux panoramiques des cirques de Cilaos et de Mafate.

pano_cilaos_1La première image est une image du village de Cilaos vu d’un chemin de randonnée au-dessus de l’établissement thermal, au début du GR R1 : ici sur le GéoPortail

 

pano_mafate_1La seconde vue est un panoramique du cirque de Mafate à partir du piton de Maïdo (vers 2200 m d’altitude) : là sur le Géoportail.

 

A la Réunion, il y a un troisième cirque, celui de Salazie mais nous n’avons pas eu l’occasion de l’admirer de haut et encore moins d’en faire des photos parce que le ciel n’a pas daigné se dégager.

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C’est ce que nous pouvions voir depuis Hell-Bourg, situé ici. La prochaine fois, nous aurons du beau temps …

 

Cette image satellitaire de la Réunion permet de bien situer les trois cirques situés au centre de la moitié nord-ouest de l’île. Dans la partie sud-est, on distingue tout aussi nettement le volcan (le piton de la Fournaise) et ses coulées de lave qui se dirigent vers la mer.

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Magnifique, n’est ce pas ?