2018, l’année des lunes bleues

Je reçois chaque mois la lettre d’informations de l’IMCCE, institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides que j’ai déjà eu l’occasion de citer à plusieurs reprises. Cet institut dépend de l’Observatoire de Paris et publie régulièrement toutes une série d’informations astronomiques (les éphémérides), sous l’égide du Bureau des Longitudes.

Pour 2018, l’IMCCE nous informe que c’est une « année à lunes bleues ». J’ignorais tout du sujet, mais j’en sais maintenant beaucoup plus : 

2018 sera l’année bleue, une année à 13 pleines Lunes dont deux seront bleues. Faut-il comprendre que nous pourrons voir la Lune prendre une couleur anormalement bleue ? Il n’en sera rien. L’expression « lune bleue » nous vient des anglo-saxons, encore eux … Elle semble remonter au XVIe siècle où son premier sens renvoyait alors à l’absurdité d’un propos tenu : il est tout aussi absurde de dire que la Lune est bleue que de dire que le noir est blanc. Depuis, son sens a évolué. Elle est passée de nos jours dans la langue anglaise sous la forme familière « once in a blue moon » dont l’équivalent en Français est « chaque 36 du mois », expression utilisée pour désigner un fait rarissime.

En astronomie, la Lune bleue désigne la seconde pleine Lune pouvant survenir dans un même mois. Ce sera le cas en janvier et en mars 2018. C’est un phénomène suffisamment rare pour que l’on ait eu cette idée bien saugrenue de désigner cette pleine Lune de Lune bleue. Dans le cas présent, elle sera d’autant plus saugrenue que la Lune bleue du 31 janvier 2018 sera en fait une Lune rouge-cuivrée car elle sera alors en éclipse totale !

À quoi tient cette rareté ? Il existe un cycle lunaire connu sous le nom de « cycle de Méton » qui stipule que tous les 19 ans une même phase lunaire se reproduit à une même date. Or en 19 années, on dénombre 228 mois calendaires et 235 pleines lunes. Il y a donc 7 pleines lunes en surnombre, ce qui revient à dire que 7 mois sur ces 228 mois se verront obligés d’accueillir une pleine Lune supplémentaire. Ainsi, tous les 32,57 mois (228/7), soit tous les 2,71 ans en moyenne un mois sera doté de deux pleines Lunes.

En 2018, la situation est rendue exceptionnelle du fait que le mois de février ne comporte que 28 jours. Ainsi quand une Lune bleue survient en janvier, nécessairement une seconde lune bleue vient en mars et le mois de février se retrouve dépourvu de pleine Lune. C’est le seul cas pour lequel une année puisse être une année à deux Lunes bleues. La prochaine occurrence se renouvellera exactement dans 19 ans, selon le cycle de Méton, donc en 2037.

Voici les Pleines Lunes du début d’année 2018 :

  • Pleine Lune : 02/01/ 2018 02h24m UTC
  • Pleine Lune : 31/01/ 2018 13h27m UTC (Lune bleue)
  • Pleine Lune : 02/03/ 2018 00h51m UTC
  • Pleine Lune : 31/03/ 2018 12h37m UTC (Lune bleue)

Poursuivons la découverte des informations essentielles du couple Terre – Soleil pour cette année nouvelle :

En 2018, la Terre passera au périhélie (point de l’orbite de la terre le plus proche du soleil) le mercredi 3 janvier à 5h 34m 43s UTC (6h 34m 43s en temps légal français).

Suite à la seconde loi de Kepler (loi des aires) lorsque la Terre passe au périhélie sa vitesse angulaire est maximale. La vitesse angulaire étant plus rapide au voisinage du périhélie, l’hiver est la saison la plus courte dans l’hémisphère nord.

Voici les dates et les durées des saisons de l’hémisphère nord pour l’année 2018 :

  • le 20/03/2018 à 16h 15m 28,57s UTC : équinoxe de printemps, durée de l’hiver : 88 jours 23h 47m 30,57s
  • le 21/06/2018 à 10h 07m 19,09s UTC : solstice d’été, durée du printemps : 92 jours 17h 51m 50,48s.
  • le 23/09/2018 à 01h 54m 06,92s UTC : équinoxe d’automne, durée de l’été : 93 jours 15h 46m 47,88s.
  • le 21/12/2018 à 22h 22m 45,34s UTC : solstice d’hiver, durée de l’automne : 89 jours 20h 28m 37,42s.

Précisons que le fait que la terre soit au plus proche du soleil en hiver (pour l’hémisphère nord) a peu d’influence sur la température car l’orbite de notre planète est assez peu excentrique. C’est l’inclinaison de son axe de rotation qui crée les différences saisonnières.

L’IMCCE publie un calendrier pour l’année 2018 qui contient beaucoup de ces éphémérides. Je crois bien que c’est une première, on y trouve beaucoup d’informations. À voir en cliquant sur le lien suivant :

Calendrier de l’IMCCE pour l’année 2018

Bonne année bleue !