Barcelone entre Gothic et Modernisme

Pour compléter l’alternance nord – sud de cette année 2016 (Pays-Bas, Lisbonne, Bruxelles), nous avons pris cette fois-ci la direction de Barcelone où nous avons échappé, le temps d’un week-end prolongé, à la grisaille automnale.

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Vol aller-retour Orly-Barcelone avec la compagnie low-cost Vueling pour la simple et bonne raison que leurs vols partent d’Orly – on a beau vouloir se promener en Europe ou plus loin, la position de l’aéroport de départ, ça compte aussi. J’avais lu quelques critiques sur cette compagnie, mais nos vols se sont déroulés sans anicroche ni retard.

Nous avons ciblé comme visites incontournables celle de la Sagrada Familia et du Parc Güell, œuvres emblématiques d’Antoine Gaudi, meilleur représentant du modernisme catalan. Sur la recommandation du guide du routard (toujours lui !), nous avons acheté nos billets d’entrée à ces deux monuments par internet avant de partir.

Jeudi 17 novembre

Donc, départ d’Orly et arrivée à Barcelone en fin de matinée. Nous prenons le métro Ligne 9 pour rejoindre le centre ville : cette ligne a été ouverte en début d’année, elle s’avère très pratique. Il faut une heure pour arriver à l’appartement (appartements UNIO) que nous avons loué tout près du Grand théâtre de Liceu, à deux pas de la Rambla. D’ailleurs une petite carte en dira plus long sur ce choix qui s’est avéré particulièrement judicieux.

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Le logement est parfait, l’accueil rapide et efficace, tout est réglé en un tournemain et nous pouvons partir à la découverte de la ville. Accessoirement, une halte déjeuner dans le coin nous arrangerait bien, il est tout de même près de 14 heures. Et, juste après avoir traversé la Rambla, nous nous arrêtons dans le restaurant La crema canela qui propose un menu complet (entrée, plat, dessert, pain et verre de vin) pour moins de 11 euros. Voila, s’il en était besoin, qui met de belle humeur. De plus, le temps est au beau.

Nous avons prévu de nous promener dans le Barri Gotic, quartier historique de Barcelone qui regroupe tout un ensemble de monuments historiques dans un entrelacs de ruelles étroites.

Après avoir tourné un peu dans ce centre historique (placa Reial, placa Jaume, la Cathédrale, de nombreux musées dans des anciens bâtiments), nous poursuivons notre promenade jusqu’au port. Petite pause devant un beau voiler, on profite du soleil.

Nous « remontons » par les quartiers anciens de El Born et Ribera. Nous nous arrêtons pour une visite du MEAM, musée européen d’art moderne, qui abrite une exposition du peintre Istvan Sandorfi.

La nuit est tombée, nous faisons comme tous les Barcelonais, déambuler sur l’avenue mythique de Barcelone, la Rambla, qui mène les promeneurs depuis la place de Catalogne jusqu’au port (le sens premier de rambla est torrent, c’est devenu une avenue bordée d’arbres avec un large trottoir central).

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La Rambla

En cours de route, nous visitons le Mercat de la Boqueria, plus qu’un marché une institution et un spectacle sans cesse renouvelé (dixit le Routard) où nous faisons l’acquisition de quelques petits plats pour dîner à l’appartement.

Vendredi 18 novembre

Après le « gothique » ancien d’hier, aujourd’hui nous concentrons nos visites aux œuvres « modernistes » de Gaudi, la Sagrada familia et le parc Güell.

En débouchant du métro, on est tout de suite impressionné par la masse de la Basilique de la Sainte Famille, dont l’architecture et les décors extérieurs ne peuvent laisser indifférent. Ceci dit, passé ce premier moment de surprise, je ne peux m’empêcher de trouver tout cela excessif et sans réelle beauté. Les échafaudages et les grues qui décorent le « temple » de tous les côtés ne font que rajouter de la confusion à un ensemble qui me paraît peu lisible. On entre du côté de la façade de la Nativité, qui est la plus ancienne (ça se voit dans le matériaux utilisés qui ont déjà pas mal souffert).

Par contre, l’intérieur de la basilique est une vraie merveille : Gaudi s’est largement inspiré des arbres d’une forêt, dont il a reproduit les formes pour concevoir les piliers, les voûtes, les plafonds. De plus, les jeux de couleur créés par la lumière du soleil au travers des vitraux multicolores sont tout simplement époustouflants. Nous avons bien fait de venir dès l’ouverture, car, outre une moindre affluence de touristes, le soleil rasant de cette matinée de novembre a donné de superbes effets lumineux qui avaient disparu deux heures plus tard. 

De l’autre côté de la basilique, on peut sortir admirer la façade de la Passion qui est plus récente. Je la trouve aussi plus intéressante car elle est plus simple dans ses formes. Bon ! tout cela est bourré des symboles religieux, voire mystiques, car Gaudi était très porté sur ces choses-là.

Les différentes scènes de la passion du Christ sur la façade sont l’œuvre du sculpteur espagnol Josep Maria Subirachs qui les a réalisées à partir de 1987. Il y a un drôle de cryptogramme au pied de la Trahison de Judas, qui est un « faux » carré magique de 4 x 4 adapté de celui d’Albrecht Dürer.

Nous avons réservé une montée en ascenseur à la Tour de la Passion qui surplombe cette façade. Point de vue rapide à 65 mètres de hauteur sans grand intérêt, puis redescente par une succession d’escaliers à vis. En passant par la boutique, nous achetons un livre sur les oeuvres de Gaudi.

En sortant de la Basilique, nous faisons une halte café-chocolat croissant en face avant de rejoindre en métro la station Lesseps (ah ! les chocolats servis ici, un poème d’onctuosité !). De là, un peu de marche et quelques montées nous mènent au parc Güell, autre lieu majeur de l’art de Gaudi financé par son mécène l’industriel Güell. 

Le parc comporte une grande partie gratuite où nous déambulons dans une végétation de style méditerranéen et des aménagements très rococos. Ambiance très sympathique et bon enfant. C’est visiblement un lieu de promenade pour les Barcelonais, même si les touristes le fréquentent aussi.

Park Güell
Panorama de Barcelone depuis la Parc Güell

Nous faisons une pause sandwichs avant de rejoindre la partie payante, le parc Monumental, pour laquelle nous avions réservé une entrée par internet à 14 heures. Beaucoup de touristes, ce qui gâche un peu la découverte des lieux. L’objectif de Gaudi et de Güell était de construire un lotissement de 60 maisons dans un cadre monumental, mais en fait seuls les bâtiments de l’entrée ont été construits dans un style très maison des Schtroumpfs (à l’époque on disait Hansel et Gretel) ainsi que la place « nature » entourée d’un banc sinusoïdal et aménagée au-dessus d’une colonnade.

Nous reprenons la direction du centre ville après un détour pour admirer la casa Vincens, premier ouvrage de Gaudi. Mais elle est cachée derrière une palissade car elle est en rénovation ! 

On descend en métro jusqu’au port, nous nous baladons parmi les nouveaux aménagements qui comportent entre autres un grand centre commercial. C’est la prolongation maritime de la Rambla.

 Nous faisons ensuite une halte à l’appartement pour nous reposer un peu. Vers 19 heures, nous sortons pour dîner au bar à tapas tout proche, le Bar Canete recommandé par le Routard. Nous mangeons installés au comptoir, l’ambiance est très sympathique, les assiettes qu’on nous sert sont bonnes, nous avons même une discussion embryonnaire avec nos voisins qui viennent de San Francisco !

Samedi 19 novembre

La lecture du livre sur Gaudi acheté à la Sagrada Familia nous incite à prévoir la visite de la Casa Batllo (prononcer Balio), chef d’oeuvre de Gaudi. Le prix en est élevé (plus de 20 euros par personne) mais c’est un véritable enchantement de visiter cette maison qui est une œuvre d’art. Elle nous rappelle cette autre maison de l’art nouveau visitée à Bruxelles, la maison de Victor Horta.

Comme à notre habitude, nous sommes présents à l’ouverture pour bénéficier d’une fréquentation un peu plus supportable, nous avons bien fait…

Il est permis de photographier, ce dont nous ne nous privons pas.

À l’issue de la visite, nous faisons à nouveau une pause café-chocolat-croissant en face.

Nous reprenons le métro pour rejoindre la station Montjuic et le funiculaire qui nous permet de grimper sur le mont Montjuic : c’est une colline qui domine Barcelone et où ont été construits certaines installations sportives des JO de 1992.

Le grand stade olympique nous intéressant assez peu, nous visitons plusieurs jardins qui ont tous des styles différents. L’immense bâtiment du musée des arts de Catalogne rivalise de hauteur avec la tour de télécommunications construite à l’occasion des JO et représentant un athlète portant la flamme olympique.

Après avoir bien crapahuté de jardin en jardin, nous prenons un bus qui nous conduit jusqu’au belvédère du Miramar (c’est aussi un hôtel). De là, un téléphérique nous redescend vers le port, plus précisément à l’entrée du quartier de Barcelonetta.

Barcelone from Micmac75 on Vimeo.

(Je n’ai pas pu résister au plaisir d’accompagner cette vidéo avec Barcelona chanté par Freddy Mercury et La Superba, Montserrat Caballé).

C’est un survol assez rapide des installations portuaires qui est un agréable raccourci pour passer de la colline au front de mer. 

vue du port depuis le téléphérique
vue du port depuis le téléphérique

Nous musardons quelques instants sur le front de mer qui a été rénové à l’occasion des JO. Le quartier de Barcelonetta où nous sommes est encore occupé par une population de pêcheurs, mais celle-ci tend à disparaître, semble-t-il, face au phénomène de boboïsation. Il faut dire que, situé comme il est entre le centre ville historique et le nouveau front de mer, le quartier attire forcément les convoitises.

Pour déjeuner, nous jetons notre dévolu sur une adresse du Routard, le Cal Chusco, situé carrer l’Amiral Aixata, un vrai bouiboui du cru, où les touristes ne viennent pas trop. Il y a quelques temps, nous n’aurions pas osé rentrer dans un bar où les clients sont sur le trottoir, mais maintenant, nous n’hésitons plus. Nous sommes pour ainsi dire poussés à l’intérieur et accueillis par le patron et sa famille qui font preuve d’une grande gentillesse. Sangria, jambon serrano, poulpes, empanadilla, tartes à la banane, le tout arrosé, après la sangria, par deux copas d’un vin blanc très fruité. Un instant magique comme on les aime en voyage, une adresse à conserver précieusement.

Nous poursuivons notre balade dans Barcelonetta puis sur le front de mer.

Nous reprenons le métro pour aller faire une pause à l’appartement, les pieds fatiguent.

Nous faisons une sortie en soirée pour voir le Palaü Güell tout proche de notre logement, construit par Gaudi. Les visites sont terminées, nous nous contentons d’en admirer la façade.

Via la Rambla, nous prenons le métro pour aller voir la Casa Mila, surnommée la Pedrera, le long du Passeig de Gracia qui est un peu l’avenue des Champs-Élysées barcelonaise. Ensortant du métro, nous pouvons admirer une fois encore la Casa Batllo avec son éclairage nocturne. Quant à la Pedrera, nous n’aurons, ici aussi, qu’une simple vision extérieure du bâtiment encore construit par Gaudi.

Au retour, nous nous arrêtons à la place de Catalogne, nous parcourons le haut de la Rambla pour rejoindre notre appartement. Nous faisons un arrêt au marché de la Boqueria pour acheter du jambon serrano (quel délice !). 

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Sur la Rambla, le Grand théâtre Liceu
Dimanche 20 novembre

Dernière journée barcelonaise, nous reprenons un vol vers Orly à 14h50. Nous faisons nos valises et libérons l’appartement. Nous allons prendre un petit déjeuner café-chocolat-croissants dans un café du coin. Nous nous baladons à nouveau dans Barri Gotic jusqu’à midi, en entrant cette fois-ci dans la Cathédrale.

Puis c’est le trajet retour à l’aéroport en métro. Départ du vol à l’heure, nous arrivons à Paris dans une ambiance pluvieuse et venteuse. Mais nous, nous avons profité d’un très beau temps pendant ces quatre jours. 

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