Vers une République numérique. Sans blague ?

Je vous le dis, il y a encore du chemin à parcourir pour atteindre les objectifs affichés par la future loi dite Lemaire pour une République numérique :

Le numérique et ses usages sont au cœur d’un vaste mouvement de transformation de notre économie, de redéfinition de nos espaces publics et privés, et de construction du lien social. Les conséquences de ces évolutions sont dès à présent globales, et dessinent l’avenir de l’ensemble de notre société. La République du 21e siècle sera nécessairement numérique : elle doit anticiper les changements à l’œuvre, en saisir pleinement les opportunités, et dessiner une société conforme à ses principes de liberté, d’égalité et de fraternité.

Soyons concrets, cette transformation de notre société doit passer par de nouvelles lois, de nouveaux usages mais aussi par des petites choses du quotidien.

Si les cadors du numérique continuent à se moquer des citoyens, on n’y arrivera pas. Exemple :

Pour obtenir le remboursement de l’achat d’un décodeur destiné à capter la nouvelle TNT numérique, l’Agence nationale des fréquences (ANFR), sous tutelle du Ministère de l’économie, de l’industrie et du numérique, a mis en place une procédure en ligne (ça c’est très bien) pour vérifier que l’on remplit bien les conditions de remboursement.

Le hic, c’est que, une fois cette procédure effectuée, il faut imprimer un formulaire à remplir et à signer, et surtout agrafer et coller les pièces justificatives sur ce formulaire. La preuve en image :recapitulatif_aide_equipement_TNTjpg-1Voila une nouvelle interprétation administrative du copier-coller (imprimer-coller, imprimer-agrafer ?) qui fera certainement avancer la société … Admirez la vérité des tâches à accomplir : on agrafe à gauche, on joint au milieu et on colle à droite. Comment peut-on « joindre » une double feuille A4 dans une case de 3cm de côté.

Je ne conteste pas qu’il faille conserver une version « papier » de cette procédure, certains personnes pouvant avoir des difficultés à l’effectuer en ligne par manque d’un accès à internet. Mais :

(1) il pourrait y avoir une version complètement en ligne (la justice reconnaît la validité des pièces jointes numériques, non ?)

(2) on pourrait s’abstenir de (ne) prendre les gens (que) pour des cons, tout justes bons à coller ou agrafer des papiers dans une petite case.

Je n’ose pas croire que l’objectif est d’éliminer un grand nombre de demandes sous prétexte qu’elles ne respectent pas les consignes…